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* Shels est une entité à géométrie variable, un collectif de musiciens qui gravitent autours de Medhi Safa. Un compositeur/maître d'oeuvre qui réunit différents musiciens selon les envies, les disponibilités et les aspiratins de chacun. En 2004 *Shels publie une première production avec l'EP WINGSFORTHEIRSMILES. Trois ans plus tard et après maintes et maintes péripéties parallèles, Sea of the dying dhow, un album long format, voit le jour. Quelques mois plus tard, le collectif sort Laurentian's atoll, un EP avant de s'atteler à l'écriture d'un deuxième véritable album. En marge de Shels, on trouve plusieurs groupes et projets comme Kopek, Latitudes, Black Sheep Wall, Mahamudo et The Ascent of Everest dont les albums sortent via le site officiel/label du collectif Shels.

* Shels / Chronique EP > Laurentian's atoll

* Shels - Laurentian's atoll Il ne faut pas se fier au peu de sens esthétique qui caractérise les artworks des disques de *Shels. Car si on pouvait être circonspect en découvrant le visuel de Sea of the dying dhow, avec la suite, Laurentian's atoll, le groupe se fait bien plaisir en commettant un véritable immondice visuel. Pourtant, force est de reconnaître que si les californiens avaient su démontrer avec leur premier album qu'ils méritaient largement que l'on ne s'arrête pas à cela, les compositions de Laurentian's atoll confirment que l'absence de goût en matière de visuel est à peu près la seule chose que l'on puisse reprocher aux membres de *Shels. Pas plus que leur (im)productivité, puisqu'après un album long-format d'une heure et des poussières, le groupe remet ça quelques mois plus tard avec un EP de près de quarante minutes... ou presque. Le presque résidant dans le fait que les deux premiers titres de l'album figurent sur Sea of the dying dhow ) un à détail près, "Water" qui est désormais en "full version", ce qui rend le morceau, d'autant plus... dantesque soit dit en passant.
Concernant les inédits, "The ghost writer", jongle avec les ambiances, déposant dans un écrin de velour, une mélodie évanescente propice à l'évasion et l'apaisement de l'âme, avant de déverser, sur nos tympans encore engourdis par la séance de méditation musicale, un postcore sauvage des plus abrasifs. Entre corrosion et volupté, douceur et violence épidermique, *Shels a choisi... de ne pas choisir et de fait poursuit l'oeuvre musicale magistralement inaugurée sur ses premiers EP's et son premier album. Intro acoustique feutrée et toute en retenue, "City of the swan" est l'offrande que fera ici la formation californienne au folk crépusculaire et désenchanté. Un titre qui se perd dans un écho comme il était arrivé jusqu'à nous... et qui laisse place au plus émo mais pas moins réussi "Lights of the laurentian". Quoiqu'il tente, *Shels semble condamné à le réussir. Déterminés à ne pas briser cette bienveillante malédiction artistique, les américains enchaînent avec "Fireflystarrs" et sans pour autant repousser leurs propres barrières musicales, parviennent encore à nous convaincre. L'effet de surprise a beau s'être dissipé, cet EP n'ayant pas son "The conference of birds" comme son prédécesseur, *Shels démontre toutefois qu'il n'est pas le groupe d'un seul disque...

* Shels / Chronique LP > Sea of the dying dhow

Shels - Sea of the dying dhow Brume électrostatique, frémissement bruitiste, des volutes de saturation électrique qui emplissent l'atmosphère, les guitares survolent des mélodies qui s'élèvent inexorablement vers les cieux, une explosion dans le ciel et * Shels nous fait pénétrer son univers musical avec l'excellentissime "The conference of the birds". Neuf minutes et quelques quinze secondes de haute voltige aérienne, d'un véritable cyclone émotionnel post-rock/métallique, subtil mélange de contemplation et poussée de fièvre que les américains distillent en entremêlant leurs arrangements, empilant les strates mélodiques pour ne plus former qu'un seul ensemble à l'intensité rarement égalée. Premier titre et coup de maître, entre Bossk, Explosions in the Sky, Mogwai et autres Pelican, Shels, surprend, charme, ébloui, mais prend le risque de décevoir, car après une telle entame, on serait tenté d'attendre monts et merveilles de la part de ce groupe originaire de la Cité des Anges. Alors, pour ne pas jouer sur ses acquis et éviter la toujours délicate comparaison entre les morceaux, le *Shels change de registre en délivrant un post-rock plus voluptueux, délicat et satiné sur "Indian 1", délaissant quelques instants la puissance du premier titre pour démontrer qu'il sait ménager ses effets... même en sourdine.
Place au (presque) diptyque "The white umbrella". Une courte intro (la bien-nommée "The white umbrella intro") aux sonorités tribales, un interlude en forme d'incantation et quelques instants d'apaisement absolu avant le retour à un son, plus dense et tellurique. Car dès la première seconde, "The white umbrella" crache le feu des décibels et assomme l'auditeur d'une chape de plomb post-metal/ hardcore instrumentale qui fait vibrer les vertèbres avant de laisser ses mélodies, portées par une guitare acoustique enjôleuse, divaguer vers des horizons célestes, puis de retourner sur une terre ferme en pleine éruption musicale. Des torrents de riffs en fusion, une puissance implacable et une propension à produire une musique à haute teneur émotionnelle, Shels se met à nu et lorsque le chant fait de nouveau son apparition ("Water - intro", "Atoll"), jouant la carte d'un émo-rock stratosphérique et envoûtant, ce n'est pas pour rien. Le groupe peut-il encore aller plus loin ? L'éponyme et postcore "Sea of the dying dhow" vient apporter une réponse... et elle est éclatante. Les américains parviennent ici à se sublimer et à livrer un must absolu du genre... aussi complexe que cathartique. Bluffant. Quand Shels laisse parler ses émotions brutes, il lève le voile sur une musique hybride qui parvient à mixer les genres pour n'en ressortir que l'essence la plus pure ("The killing tent", "Return to Gulu"). Un substrat post-rock/métal original et inventif qui nous transporte dans des univers différents afin de faire voyager nos émotions ("In dead palm fields"). Classe.