[bleu] au Divan du Monde, Paris (avril 2011) [bleu] au Divan du Monde, Paris (avril 2011) C'est dans une salle du quartier de Pigalle pleine de quiétude et sur les chansons défilantes de The Dark side of the moon que le public, plutôt mature s'échauffe les oreilles en buvant son petit apéro post-boulot. Les stars de la soirée sont les Londoniens-Amstellodamois de The Legendary Pink Dots que l'on ne présenterait plus si tout le monde avait des accointances avec le milieu du psyché-rock-industriel. Quant à moi, pas de doute possible, c'est bien [bleu] que je suis venu voir. Leur musique tendance "instrumentale" découverte à travers leur excellent EP, Sincère autopsie de la finesse, m'a incité à venir me plonger dans leur univers "en direct".

Le duo Franco-Suisse arrive sur scène comme il en repartira : sur la pointe des pieds. Essayant de ne pas se mettre en avant pour nous immerger dans leur univers onirique, les [bleu] consacrent une partie de leur set aux compositions qui figureront sur leur prochain disque. Difficile donc d'émettre un avis figé sur ces-dernières surtout pour une prestation musicale qui demande beaucoup d'attention. Bien que le groupe fasse preuve d'un professionnalisme à n'en point douter sur son premier EP, il reste toutefois difficile pour lui d'atteindre la "perfection" en live. Et pour s'en rendre compte, il faut connaître les chansons par cœur, ce qui n'est pas une mince affaire dans ce genre musical où les titres s'étendent sur la longueur. Quelques pains notés ici et là mais totalement infimes dans sa globalité, le concert de [bleu] expose à la fois des chansons post-rock hypnotiques et des bidouillages électroniques. Le son, fort respectable pour une salle aussi petite, pouvaient être amélioré à l'image notamment d'une caisse-claire trop profonde à mon goût (était-ce voulu ?). Cela n'a en tout cas pas dérangé l'audience flegmatique qui n'a pas su être capable d'utiliser ses deux mains pour applaudir ce duo qui le méritait.

Pour ainsi dire, le public attendaient profondément l'arrivée des vétérans The Legendary Pink Dots, tête d'affiche de la soirée. Pour résumer, ce groupe est composé de deux synthétiseurs, d'une guitare électrique et pratique une musique réservée aux seuls initiés. Car ce trio, c'est près de quarante albums navigant entre l'expérimental, le psyché, la new-wave, le post-punk voire la pop. Cela fait beaucoup quand on est pas familier au sujet, ce qui a tendance à rendre l'atmosphère soporifique pour ma part. L'univers particulier du groupe mêlés de chants à la limite de l'incantatoire n'arrive pas à me convaincre. Je retiendrai de cette soirée la prestation plutôt convaincante de la première partie qui devrait, on l'espère, réitérer à l'avenir une série de concerts dans des salles un peu plus prestigieuses à l'issue de la sortie de son prochain disque.