zombie eaters : axe et cible Faut-il qu'un album soit meilleur qu'un autre ? Faut-il toujours étudier l'évolution d'un groupe ? Les Zombie Eaters en sont (déjà !) à leur troisième album et ils continuent de progresser (dans le sens "avancer" mais aussi "faire de mieux en mieux" encore que cela est un point de vue trés personnel). Son impeccable (prod de Stéphane Buriez, mastering de JP Bouquet), compos ultra travaillées, textes intelligents ("La frontière", "Zapruder"...), graphisme ultra soigné, partie CDROM très riche et agréable (avec Kiki qui chante en vrai ! en vidéo et sur "Incubo"), bonne humeur et sympathie affichée, bref, les Zombie Eaters n'ont rien changé à ce qui fait leur force, si ce n'est que c'est certainement encore mieux... Riffs abrasifs et jolies mélodies se marient sur le vif, les breaks plus ou moins secs et les relances qui balancent sont également de la (trouble) fête, Axe et cible vise donc juste et met dans le mille... Emile. Et oui, car les Bordelais sont aussi amateurs de (bons) jeux de mots et s'ils se sont calmés de ce côté là, on trouve tout de même "CNN" (Cette Navrante Nécropole) et quelques jolies tournures (C'est si singulier d'être pluriel...). Toujours très à l'aise avec le français, seul le schizophrénique "Mr Wayne" est en anglais, l'ombre de Mike Patton est donc nettement moins présente, même si les constructions alambiquées ("L'exil" par exemple) font honneur à leur patronyme (pour ceux qui ont raté les années 90 "Zombie eaters" est un titre de Faith No More...). Aprés un départ canon avec "AK 47" et "Morts-vivants", le quintet trouve sa vitesse de croisière et termine au sprint avec deux titres de très très haut niveau... "Beslane" (en français mais qui s'écrit comme le nom de la ville russe où les forces anti terroristes ont massacré les enfants...) est un instrumental avec des guitares douces et nerveuses à la fois, un régal noisy qui rappelle leurs voisins Sleeppers... Et le suivant, "Zapruder" est un morceau-étalon pour celui qui voudrait s'oser dans le décortiquage du talent des Zombie Eaters, une mélodie calme qui tout d'un coup nous prend à la gorge, les guitares qui semblaient dispersées se regroupent pour renforcer l'oppression et se volatilisent comme elles sont arrivées, sans qu'on comprenne vraiment, la rythmique est quant à elle omniprésente, elle mitraille tels les tireurs de Dallas et rebondit comme l'affaire qui n'explosera jamais autant que ce titre...
Ca fait un petit bout de temps qu'on s'extasie sur les Zombies, les derniers sceptiques ne devraient plus mettre longtemps à nous rejoindre et vont certainement réécouter les premiers albums...