YOB - Atma Il y a de cela un peu plus de deux ans maintenant, The great cessation marquait le retour, très remarqué de YOB, reformé après bien des péripéties et ouvrait la voie à une suite... qui débarque aujourd'hui sous la forme d'Atma, toujours via Profound Lore Records. Forcément attendu. Fatalement décevant. "Prepare the ground", morceau inaugural de l'album est un ratage total. Le groupe tente de faire sonner ses riffs doom/stoner bien comme il faut, sauf que le chant, heavy old-school et pas du tout raccord avec le reste, prend toute la place et que lorsque interviennent les quelques rares moments de "respiration" instrumentale, ceux-ci ne parvient même plus à retrouver du souffle. Pire, la prod' sonne particulièrement datée donne l'impression de se retrouver face à une vieille démo d'un obscur groupe de doom biberonné au vieux heavy metal des 80's tout droit sorti de son garage de repet'. Dur.

Heureusement, la suite immédiate est bien "meilleure" ; ou disons moins mauvaise. L'éponyme "Atma" sonne lui aussi très DIY (c'est apparemment volontaire) mais là au moins, le rendu tient artistiquement la route en termes de cohérence musicale. Riffing acéré, section rythmique mastodonte et un chant écorché vif qui a retrouvé son cannibalisme vocal par la même occasion. Le YOB que l'on a toujours connu semble sur le retour et si ce n'est pas encore transcendant, les quelques growls posés sur les amplis qui grésillent à mort laissent entendre que la suite va envoyer du gras... Sauf que non. Ou vraiment trop peu selon que l'on soit plus moins exigeant en la matière. "Before we dreamed of two mastered" est ainsi le deuxième flop de l'album (qui ne compte quand même que cinq titres) : un titre qui cherche à mettre l'auditeur sous pression mais qui ne suscite au mieux qu'un ennui poli, des ruptures de rythme du coup mal venues, le groupe essaie de façonner ses morceaux de manière à créer un climat, une atmosphère propice à la sublimation du doom. Mais rien n'y fait. C'est chiant à mourir.

Même cause, même effet avec "Upon the sight of the other shore mastered". C'est lent, c'est doom oui, mais seulement en surface. Zéro intensité en profondeur, on a l'impression que les YOB se traînent en studio pour essayer de nous pondre quelque chose de monstrueusement intense sans que l'inspiration, ni la fougue nécessaire ne soient au rendez-vous. Et si l'on sent bien où a voulu nous emmener le groupe, il a complètement calé en chemin, ne parvenant plus à trouver les ressources pour imposer sa griffe comme à l'époque de Catharsis (qui semble ici à des années lumières), voire de The great cessation. Enfin jusqu'à "Afrift in the ocean", ultime tentative des américains pour faire exister un peu Atma sur l'échiquier doom/stoner ou au sein de leur pourtant courte discographie. Intro délibérément interminable et languissante, les riffs sortent du bois, le "chant" émerge des ténèbres et par instants le groupe semble sur le point de renouer avec le caractère épique et abrasif de ses précédents efforts... et puis finalement à peine, sur les ultimes instants de cet épilogue un peu bancal. Frustrant, poussif et ennuyeux (oui tout ça en même temps, ça fait beaucoup), le nouveau YOB est certainement l'un des flops discographiques du moment.