YOB - The great cessation YOB is back ! Remember : en 2006, trois ans après avoir enfanté du monumental Catharsis, deux (Travis Foster et Isamu Sato) des trois membres du groupe, exténués par les tournées et le quotidien passé sur les routes, décident d'arrêter les frais. YOB s'arrête là et le troisième larron, en l'occurrence Mike Scheidt trouve refuge au sein de Middian. En 2008, Middian splitte après un seul et unique album (Age eternal paru l'année précédente). Scheidt se met alors en tête de convaincre ses anciens compères de reformer YOB. Sato refuse mais Foster accepte. Le duo recrute Aaron Reiseberg au poste bassiste et se remet sur les rails. Le groupe signe chez Profound Lore Records (Atavist, Cobalt, Nadja) et publie aujourd'hui The great cessation.
Alors verdict ? Doomesque. Pas même le temps de se poser de question que déjà "Burning the altar" nous plaque au sol. Englué dans ce magma doom metal, on est complètement pris au piège d'un groupe qui assène des riffs en forme de parpaings sonores avec une méticulosité qui frise l'obsession. Niveau chant, le résultat est incroyablement déviant, quelques growls death issus des profondeurs de la Terre et des aigus qui sonnent comme si Mike hurlait en s'écorchant les cordes vocales avec du verre pilé. 12'37 d'une démonstration de force doom/sludge/metal. Abrasif et d'une lourdeur extrème. Un peu comme si Burning Witch frayait avec Sleep pendant qu'Electric Wizard venait lustrer ses instruments. YOB enchaîne avec "The lie that is sin" plus Sabbath-ien dans l'esprit puis avec l'effrayant "Silence of Heaven". Ironique et torturé comme jamais, le trio livre ici un titre complètement psychotique à la bestialité oppressante et à la sauvagerie sans nom. Le groupe nous emmène aux portes de l'Enfer.
Retour à la normalité (chez YOB tout est relatif...) avec "Breathing from the shallows"et une atmosphère plus aérée, nappée d'effluves stoner doom évoquant un croisement contre nature de Neurosis et The Obsessed avec toujours ses riffs qui encore et encore viennent s'enfoncer dans la roche et laisse des traces indélébiles dans notre esprit. YOB a été trop longtemps absent, alors pour compenser, le trio il nous sert un The great cessation de très haut niveau. Six titres heavy doom metal dissonants que l'on ingère avec l'impression d'être enfermé six pieds sous terre, dans un caisson métallique subissant l'assaut discontinu de riffs des cavernes qui s'entrechoquent sans fin. Ajouté à ce disque une production quatre étoiles signée Sanford Parker (Minsk, Pelican), un final grandiose dépassant les 20 minutes (avec intro aérienne et apaisée avant que le mur de son ne se dresse une ultime et dernière fois devant nous) et nous voici avec une grosse heure de musique à déconseiller aux âmes et tympans sensibles. Pour les autres, c'est évidemment à dévorer de toute urgence...