yob_catharsis.jpg Waouh ! C'est pas tous le jour qu'on se prend des baffes musicales pareilles ! Après avoir sorti une démo stoner-rock plus qu'honorable en 2000, un excellent premier album stoner-doom Elaboration of carbon en 2002, YOB nous revient en 2003 avec un monstre : Catharsis. 50 minutes de musique d'une lourdeur à faire pâlir de jalousie Electric Wizard, Sleep et autres Weedeater, et qui en seulement trois titres marathons mettent à genoux le plus endurci des fans de musique lourde. N'ayons pas peur des mots, nous avons ici affaire avec un véritable chef d'oeuvre.
Ce qui frappe de prime abord dans cet album, c'est son côté accrocheur. Les riffs sont proprement excellents et vous restent dans la tête dès la première écoute. On sent bien ici que la bande à Mike Scheidt ne se contente pas de balancer illico sur CD les premiers riffs sortis d'un jam. Certainement pas. Comme toujours chez YOB, chaque effet de guitare, chaque break de batterie, chaque petit son semble prévu et calculé (ce qui n'est pas toujours franchement le cas dans la sphère stoner-doom), et le résultat s'en ressent.
La première piste, "Aeons", en est l'exemple parfait. Tout commence par l'entrée lente et progressive de la basse et de la batterie sur lesquelles vient se poser un génial solo de gratte, blindé de reverb et de delay, semblant provenir du fin fond de l'espace. L'ambiance est posée, atmosphérique et psychédélique. Puis la guitare se fait plus menaçante, se joignant à la basse le temps de quelques riffs, quand tout à coup elle lâche la disto. BOOOOM ! Le soudain changement de gravité nous aplatit comme les misérables insectes que nous sommes. Nous sommes entrés en collision avec une planète, et une grosse qui plus est ! Il apparaît clairement ici que YOB joue désormais dans la compétition des groupes les plus lourds de l'univers. D'ailleurs le rendu est assez proche de ce que pourrait donner une rencontre apocalyptiquement groovy entre Electric Wizard et Sleep (période Dopesmoker) ayant troqué leurs traditionnels bangs pour un festin de champis arrosés de LSD. Honnêtement, que celui qui arrive à résister à l'envie de headbanguer sur cette musique leur renvoie leur CD pour remboursement. (Ne vous inquiétez pas pour eux, ça ne risque pas d'arriver !)
Et puis il y a la voix reconnaissable entre mille de Mike Scheidt, qui vient ajouter encore au caractère épique et mystique de cette fabuleuse chanson. Son chant alterne entre une voix claire assez hard-rock, comparable à un Geddy Lee (Rush) sous reverb, des vocaux susurrés et de monstrueux growls death-metal (pas très loin de ce dont est capable Mikael Åkerfeldt de Opeth quand il n'est pas content, par exemple) qui ajoutent encore du poids à cette musique. Dès l'explosion des vocaux, on passe du génial au transcendental ! Il vient alors une furieuse envie de lever les bras au ciel pour capter le plus possible de cette énergie cosmique qui s'abat sur votre être. Et c'est comme ça durant 18 minutes de pur bonheur. La seconde piste "Ether" est plus traditionnelle. YOB nous délivre ici un gros stoner-metal, mélangeant la nonchalance géniale d'un Kyuss avec l'efficacité destructrice d'un Down, tout en gardant l'aspect psychédélique propre à la voix de l'ami Mike. On a troqué ici la transe mystique contre une bonne grosse salve heavy rock qui fait bien plaisir par où elle passe. Mais ce petit interlude (de "seulement" 7 minutes) ne servait qu'à nous laisser respirer avant la suite. Car les 23 minutes suivantes de "Catharsis", la piste éponyme clôturant cet album, ne vous feront aucun cadeau. YOB nous montre ici un visage très différent des deux titres précédents, supprimant progressivement presque tout ce qu'ils avaient de groove et de stoner. Les dix première minutes sont pourtant assez tranquilles et lumineuse. Mais progressivement, sans qu'on ne s'en rende vraiment compte, le ton va se durcir et tout va s'obscurcir. On savait YOB capable de nous en mettre plein la gueule, ils nous l'avaient déjà prouvé avec "Pain of I" sur le précédent album Elaboration of carbon, mais alors là on passe clairement au niveau supérieur. Le final de "Catharsis" est une pure agression sonore. Soudainement, les YOB nous envoient un ignoble magma doom "dronisant" à donner envie de prendre une douche à n'importe quel fan de Burning Witch ou d'EyeHateGod (à supposer que les fans d'EHG prennent des douches, héhé...). Et ils font monter l'intensité encore et encore, à un niveau presque insoutenable, jusqu'à la libération, qui se matérialise par une cavalcade épique et jouissive où se côtoient Capricorns et Neurosis. Final à couper le souffle pour un disque grandiose, dont les échos vous hanteront certainement un bout de temps, et album de la consécration pour ce groupe on ne peut plus talentueux qu'est YOB. A acquérir absolument ! Et à écouter fort pour en faire profiter les voisins.

Version anglo-saxonne
Ouch ! It's not everyday that you get your ass musically kicked like that ! After releasing a quite nice stoner-rock demo in 2000, and an excellent first album Elaboration of carbon in 2003, more stoner-doom oriented, YOB is back on track in 2003 with a monster : Catharsis. 50 minutes of music heavy enough to make crazy jealous any Electric Wizard, Sleep or Weedeater, and that can, in only three interminable tracks, bring to his knees the toughest metal head. Let's talk straight, we are facing a masterpiece here.
What strikes you first with this album is its catchiness. Riffs are just brilliant and stick to your mind at the very first listening. We clearly see here that Mike Scheidt's gang are not the kind of guys to throw on the CD the first riffs that came out from a jam. Definitely not. As always with YOB, every guitar effect, every drum part, every little sound seems to have been carefully planned and wanted (which is actually not often the case in the stoner-doom scene), and the impact on the result is great.
The first track "Aeons" is the perfect example of this. First of all, there is the slow and progressive entry of the bass and drums on which is laid a first-class guitar solo, full of reverb and delay, that seems to be coming from the far deep outer-space. The atmosphere is laid-back, cool and psychedelic. Then the guitar becomes slightly looming, joining the bass for a few riffs, when suddenly it sets the distortion free. BOOOOM ! The sudden change in gravity is literally crushing the poor bugs that we are. We've just been hit by a whole planet, and a big one ! It clearly appears that YOB is competing now for the price of heaviest band in the universe. Speaking of which, the music is fairly close to what could be an apocalyptic and groovy jam session between Electric Wizard and Sleep (Dopesmoker era) that would had left their usual bongs for a fest of mushrooms marinated in LSD. Honestly, if you manage to resist the urge to headbang, you can just send them back the CD and ask for your money back ! (Don't worry for them, that just won't happen). And then comes the so recognizable voice of Mike Scheidt, which adds even more to the epic and mysticism of this fabulous song. His singing alternates from high pitch hard-rock voice, kind of Geddy Lee (Rush) style, whispered vocals and gruesome death metal growls (not so far from what can achieve a pissed-off Mikael Åkerfeldt from Opeth) that add even more weight to this music. As soon as the vocals explode, everything highs up from brilliant to transcendental ! You get a furious need to raise your arms open to the sky to catch as much as possible of this cosmic energy that falls down on you. And this lasts for 18 minutes of pure ecstasy. The second track "Ether" is more traditional. YOB gives us here a good old-fashioned stoner-metal, mixing the awesome laid-back and groovy sound from Kyuss with the destructive efficiency of Down, while keeping their own psychedelic touch. The mystic trance has been traded here for a burst of a loud and heavy rock. But the point of this little interlude ("only" 7 minutes) was to let us prepare and catch our breath for what follows.
Indeed, the 23 next minutes of the last track "Catharsis" will have absolutely no mercy. YOB shows us here a very different face compared to the two others songs, progressively taking away all their groovy and stoner aspects. The first ten minutes are still quite laid-back and luminous, but step by step, without really noticing, everything becomes much darker. We knew that YOB were capable of smashing us right on the chin, they already proved it for example with the song "Pain of I" on Elaboration of carbon, but here they really step up to the next level. The final of "Catharsis" is pure sonic aggression. Suddenly, YOB vomits an ignominious magma doom and drony, bad enough to make any Burning Witch or EyeHateGod fans want to take a shower (provided that EHG fans actually take showers, hehe...). And they make the intensity rise again and again, to an almost impossible level, before the liberation : an epic climax where Capricorns and Neurosis are riding side to side. A breathtaking final for a grandiose album that will probably haunt you for a long time, and a first chef-d'oeuvre for this incredibly talented band. Highly recommended acquisition ! And last advice : listen to it loud, your neighbours will eventually thank you.