Who Needs Maps? - S/t Petit flashback : avant de participer l'an dernier à un excellent split LP en compagnie d'Hiro, Who Needs Maps? livrait courant 2010 un album éponyme sorti quasi exclusivement en vinyle (une édition CD est parue en Russie via un label indé local) par le biais d'une flopée de structures parmi lesquels Impure Muzik, Ape Must Not Kill Ape Records ou Orchidescent. La recette était déjà à peu près la même que par là suite, bien qu'un peu moins maîtrisée, pourtant l'identité screamo-noisecore-punk du groupe est déjà clairement affirmée. Mais ce premier album, venu après deux démos auto-produites, s'il possède déjà cette verve incandescente que l'on a pu trouver chez lui par la suite, manque encore un peu de corps, de limpidité dans l'écriture et pâti d'un léger manque d'efficacité dans son exécution.

Pourtant les huit morceaux qui le composent ne sont pas pour autant de vagues brouillons de ce que donnera la suite. Extrêmement ramassés, très crus en termes de rendu sonore et dans le même temps ouvertement punk dans l'esprit, ils poussent déjà le tensiomètre dans ses derniers retranchements pendant les quelques vingt-cinq minutes que dure l'album. Parfois imparfait mais plutôt très court, cet éponyme a l'avantage de servir de rampe de lancement pour ce que sera le futur de Who Needs Maps? et en même temps de donner un certain aperçu de ce que cela peut donner en live. L'avantage de ne pas tout mettre dans la production confère aux ex-Tan Case et Aguirre une qualité rare, celle de rendre à l'identique en concert ce que l'on écoute sur CD ou vinyle. Et ça ce n'est pas donné à tout le monde. Mais surtout, le groupe fait déjà parler cette propension à savoir faire gicler des titres aussi cinglants que ravageurs, des morceaux qui viennent gifler l'auditeur en même temps qu'ils affirment une certaine identité musicale : résolument DIY.