Watcha : Phénix Un single peut transformer un groupe... Alors qu'assez souvent, le titre qui est envoyé au grand public starifie rapidement un combo (Evanescence, Nickelback), pour le cas de Watcha on peut craindre l'effet inverse... Le titre "Un jour", même s'il bénéficie d'un très joli clip (présent en bonus sur le CD), est plat, niais, formaté, ennuyeux au possible et à des kilomètres de l'image sonique que nous avons de Watcha... Pour le coup, le choix fait par le groupe pour extraire ce single semble pas des plus sensés... Et comme ce n'est pas certain que les kids radiovores ou clipophiles soient accrochés et qu'il est sûr que les connaisseurs sont décontenancés, Watcha risque gros... Pour info, ce titre a été arrangé par René De Wael, le même qui a écrit presque tout l'album d'Houcine (Star Ac 2)...
Pourtant ce Phenix n'est pas si éloigné de Mutant que l'était Mutant de Veliki Circus, le Watcha foutraque qui balance la sauce dans tous les sens appartient au passé, il faut se faire une raison, "Y'a plus de messages", "Plus fort" (à écouter juqu'au faux break "on est pote avec un rappeur illétré") ou "Dimebag" ont bien du mal à se fondre dans le nouveau moule, surtout qu'ils suivent tous trois des titres assez lisses ("Un jour", "L'amour n'évite pas la mort" et "Sauve moi"), et là, c'est le (mélo)drame...
Avec l'âge, Watcha a perdu sa spontanéité, a voulu faire d'autres choses, à chercher à travailler ses sons, ses mélodies, tout est beaucoup plus joli que par le passé, même les distos ("Lâche") et les grosses frappes ("La guerre des nerfs") mais l'énergie n'y est plus vraiment (il faudra, à l'instar de Mass Hysteria aller la chercher dans les salles de concert). Si on zappe les bonus, l'album se referme avec "Sam 4" où les aventuriers de l'âme perdue, on retrouve un peu de folie mais il est bien tard...
Reste 2 pistes bonus (en plus du clip donc), un "Wolf le guerrier" acoustique à mourir de rire (d'ailleurs eux aussi ne peuvent s'en empecher) et une reprise (on ne change pas une idée qui gagne) du "I was made for loving you" de Kiss (traumatisé par la pub Coca ?), assez marrant, ça vaudra là encore le coup sur scène...
En résumé, quid du Phenix ? Watcha n'était pas totalement réduit en cendres, la renaissance n'est donc pas pour tout de suite, à part quelques titres et un trés bel artwork Tim Burtonesque, on retient surtout 2-3 grosses fautes de goûts, ou en tout cas 2-3 titres pas du tout à mon goût...