watcha : mutant Après avoir bossé en studio avec Stephan Kramer, Watcha a décidé de prendre le temps d'enregistrer Mutant à la maison, avec un peu de matos, un PC, le trio Pendule, Manu et Fred (alors Fred, ça mixe ?) a bossé sans compter les heures. Ils s'envolent pour New York pour le mastering, le grand manitou Howie Weinberg (KoRn, Deftones) s'en occupe mais le résultat (trop lissé ?) ne convient pas à Watcha, c'est donc le mastering de Jean Pierre Bouquet qui arrive dans nos oreilles le 7 avril 2004... Et le son 100% frenchie n'a rien à envier à certaines grosses prod', le taff des Watcha est sensationnel, bravo les gars.
Musicalement, pas trop de surprise, Watcha fait toujours du Watcha. Plus mélodieux, moins difficile à suivre et des voix ultra travaillées, voilà les trois grands axes de l'évolution des parisiens. La recherche des mélodies se fait surtout sur les refrains ("Doc", "Borné") pour faire ressortir le côté brut des riffs sur les couplets, mais certains titres sont également très mélodieux dans leur ensemble ("Cool", "Vibe"). Les compos semblent un peu plus basiques ("Clean", "Narrow minded") même si des constructions Watcha iennes (Faith No More, Zombie Eaters aiment bien ça aussi !) sont toujours belles et bien présentes ("Dunk Barrow le baron", "I.A."). Pour ce qui est du chant, c'est bien simple, Bob a abattu un boulot titanesque (d'autant plus qu'il a également écrit et enregistré les titres en version anglaise !), son chant a gagné en pureté et ils ont pu joué à dédoubler sa voix, lui coller des petits effets percutants, les textes sont quant à eux toujours aussi intéressants, plus ou moins légers mais souvent ironiques et bien envoyés ("La rumeur"). Tout ça en gardant ce qui fait de Watcha un des meilleurs groupes frenchies à savoir des petits coups de samples, une basse surexcitée un peu funky, des riffs en acier trempé et une rythmique de folie. A celà, il faut ajouter le featuring de Reuno qui se la joue [Utopia] Dantec sur "Mutant", la présence de la suite des aventures de Sam ("Sam III"), un titre qui fonctionne toujours (même si perso, le "Sam 2" reste mon préféré...) et la reprise de "And the beat goes on" (plus percutante que la version live des Eurocks). Bref, c'est énorme. Mais c'est pas tout parce qu'une partie CDRom offre une vidéo montrant le groupe bossant sur cet album et va poursuivre Fred toute sa vie avec le "alors Fred, ça mixe ?". Ca déchire.