Waking the sleeping bear  Grands maux, grands remèdes - Partie 1 Un nombre de morceaux (7) qui laissent penser que c'est un EP, une durée qui dépasse les 30 minutes et qui peut donc faire penser que c'est un LP, une "Partie 1" qui augure d'une suite... Waking The Sleeping Bear est de retour sur le devant de la scène et ne devrait pas attendre bien longtemps avant d'enchaîner, pas question de retourner en hibernation ! Surtout qu'on est sacrément alléché par ces nouveaux morceaux à la production impeccable et à l'impact indéniable ! Riffs, rimes, rythmes, pas la peine d'ajouter une quelconque substance toxique tant l'ensemble est déjà explosif ! Pas besoin d'allumettes quand les breaks et les samples foutent le feu à des titres incandescents dont on devient vite accro et qu'on reprend en hurlant ("L'enfant d'une bombe et d'un missile / Colis piégé"). Outre la facilité à transmettre de l'énergie, le clan est (re)connu pour la qualité de ses textes et de ce côté-là, on n'est pas déçu, je ne ferais pas une analyse complète, mais tout est réfléchi et écrit avec autre chose que les pieds ! Le fond comme la forme sont pertinents et si j'aime beaucoup "Deep state parano" et sa litanie de théories du complot, je ne résiste pas à recopier un extrait de "Pour les caméras" : Quoi que tu fasse, saisis l'instant / Et mets-y un filtre, genre étincelant / On est les enfants de l'algorithme / Nés pour devenir des pâles copies / Enfants du gore et de l'Amérique / On a les contenus qu'on mérite., un court passage auquel j'ajoute une punchline qui ferait un si joli panneau sur un réseau : "Exister dans les yeux des autres, C'est mourir un peu à chaque entracte". Oui, Adrien a du talent ! Il en faut pour placer "Que peut faire un homme averti face à deux qui ne le sont pas ?" ("Le feu par le feu") et le tout avec un vrai flow, une capacité à gagner en agressivité (on frise le growl par moment) ou à se faire mélodieux (trop sur quelques lignes ?).

Le public a raison de faire confiance au réveil de l'ursidé, dépassant largement les objectifs du financement participatif, ils ont pu honorer leurs engagements avec une production irréprochable, trois clips autoproduits, un digipak classe, et sont donc prêts à tout faire péter sur scène.