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Biographie > Latire ?

Si en géographie, situer le Danemark ne pose pas trop de problème, sur la carte du monde musical, c'est moins évident... On peut penser aux vieilles gloires King Diamond ou Mercyful Fate et un de leurs rejetons qu'est Volbeat, mais ensuite c'est moins évident d'en citer (Hatesphere ?), même pour nous qui les avons chroniqués (Mimas, Lack, Hexis ou plus récemment Tvivler, LLNN et Yung). Les quatre gars de Copenhague, qui nous permettent de faire le point, ont formé Vola à la fin de la décennie 00, un groupe mêlant rock et métal sur une toile prog'. Auteurs de 2 EPs restés assez confidentiels (Homesick machinery en 2009 et Monsters en 2011), Asger (guitare & chant), Martin (machines), Nicolai (basse) et Felix (batterie) se font pourtant remarquer par Mascot Records (Black Stone Cherry, Volbeat mais aussi Flying Colours, Joe Bonamassa, The Jelly Jam, De Staat... sur des labels cousins) ce qui leur permet d'enregistrer un premier opus intitulé Inmazes, disponible depuis septembre 2016, date du début de leur tournée européenne avec Katatonia.

Vola / Chronique LP > Applause of a distant crowd

vola - applause Et si Tool n'avait pas volontairement retardé la sortie de son nouvel album à 2019 pour ne pas avoir à être comparé à celui-ci dans les classements des plus beaux disques de l'année ? Même si elle n'est pas sérieuse, la question peut se poser à l'écoute de Applause of a distant crowd, album qui fait griller toutes les étapes à Vola. De groupe "à suivre" il y a 2 ans lors de la sortie de Inmazes, ils deviennent les rois du genre "progressif" parce que c'est aujourd'hui ce qu'il se fait de mieux dans le domaine du rock/métal/alternatif qui joue avec les structures et les sons. Steven Wilson est relégué au rang de pape vieillissant pouvant dormir sur ses lauriers, les nouveaux rois sont Danois.

Écouter les applaudissements d'une foule distante, c'est plonger en apnée dans un monde où tout est maîtrisé, les moindres coups de baguette ou de médiator, les plus petits mots, chaque tonalité, chacun des effets, tous les arrangements, rien n'est dû au hasard, toutes les molécules de sons s'assemblent pour nous emmener au-delà de simples morceaux de musique. Très rares sont les albums qui procurent autant cette sensation de bien-être, Applause of a distant crowd est de ceux-là. Les silences, les relances, les distorsions, les breaks, les samples, les éclaircies, les choix d'instrumentation, tout s'y emboîte comme dans un rêve, comme s'il n'y avait pas d'autres moyens, d'autres notes possibles à enchaîner, j'ai beau écouter et réécouter, je n'ai rien d'autre à signaler que l'extrême sentiment de perfection absolue qui anime les dix plages. Et plus je l'écoute, plus je vis et savoure chaque instant avec eux, me délectant même de sons qui pouvaient me paraître étranges la première fois (l'introduction de "Ghosts"), ayant compris leur nécessité pour ce qu'ils apportent au titre comme la lumière portée sur le chant. La voix d'Asger Mygind se mêle avec toutes les parties instrumentales, elle apparaît douce, limpide, cristalline, toujours harmonieuse même quand sa guitare se déchaîne ("Smartfriend", "Whaler") ou quand l'ambiance est marquée par l'électronique ("Alien shivers"), elle agit comme un phare dans la tempête, toujours droite et lumineuse ("Applause of a distant crowd").

On est au-delà du coup de cœur pour cet opus, c'est déjà celui que j'ai le plus écouté cette année et je n'ai plus envie de chercher à l'analyser, le comprendre, le décortiquer, je veux juste en profiter. Alors basta les mots, les phrases, les idées, les traductions en langage écrit, j'arrête là cet article pour pouvoir juste l'écouter et prendre mon pied.

Vola / Chronique LP > Inmazes

Vola - Inmazes "Enlabyrinthés", voilà une traduction possible de ce premier album qui offre de nombreuses fausses pistes mais finalement peu d'impasses. Avec des titres entre trois et six minutes (seul l'éponyme dépasse les sept minutes), Vola donne dans un rock-métal progressif option expédition expédiée, les riffs s'entremêlent, divaguent, serpentent à droite à gauche mais ne s'étendent jamais vraiment, ne permettant ni à la lassitude, ni aux ambiances de s'installer. Le groupe préfère mettre en avant le travail sur le son (très pur sauf le chant qui est souvent filtré), les mélodies (certaines sont presque trop belles comme celle de "Stray the skies") et donc nous hypnotiser en vitesse rapide avec un combo riff/rythmique ultra captivant ("Starburn", "A stare without eyes"). L'amalgame de parties ultra sèches, saccadées, cliniques et industrielles à d'autres soyeuses, chaloupées, pop et cajoleuses peut mettre mal à l'aise mais c'est cette ambivalence et cette alchimie réussie qui forgent l'identité du groupe qu'on a du mal à comparer à d'autres (à titre indicatif on peut citer Porcupine Tree / Steven Wilson, Riverside, Empty Yard Experiment, Opeth...).

Et c'est bien parce qu'ils sont difficilement comparables et si immédiatement attachant malgré une vraie complexité dans l'écriture que Vola s'impose comme un groupe à suivre.