vola - applause Et si Tool n'avait pas volontairement retardé la sortie de son nouvel album à 2019 pour ne pas avoir à être comparé à celui-ci dans les classements des plus beaux disques de l'année ? Même si elle n'est pas sérieuse, la question peut se poser à l'écoute de Applause of a distant crowd, album qui fait griller toutes les étapes à Vola. De groupe "à suivre" il y a 2 ans lors de la sortie de Inmazes, ils deviennent les rois du genre "progressif" parce que c'est aujourd'hui ce qu'il se fait de mieux dans le domaine du rock/métal/alternatif qui joue avec les structures et les sons. Steven Wilson est relégué au rang de pape vieillissant pouvant dormir sur ses lauriers, les nouveaux rois sont Danois.

Écouter les applaudissements d'une foule distante, c'est plonger en apnée dans un monde où tout est maîtrisé, les moindres coups de baguette ou de médiator, les plus petits mots, chaque tonalité, chacun des effets, tous les arrangements, rien n'est dû au hasard, toutes les molécules de sons s'assemblent pour nous emmener au-delà de simples morceaux de musique. Très rares sont les albums qui procurent autant cette sensation de bien-être, Applause of a distant crowd est de ceux-là. Les silences, les relances, les distorsions, les breaks, les samples, les éclaircies, les choix d'instrumentation, tout s'y emboîte comme dans un rêve, comme s'il n'y avait pas d'autres moyens, d'autres notes possibles à enchaîner, j'ai beau écouter et réécouter, je n'ai rien d'autre à signaler que l'extrême sentiment de perfection absolue qui anime les dix plages. Et plus je l'écoute, plus je vis et savoure chaque instant avec eux, me délectant même de sons qui pouvaient me paraître étranges la première fois (l'introduction de "Ghosts"), ayant compris leur nécessité pour ce qu'ils apportent au titre comme la lumière portée sur le chant. La voix d'Asger Mygind se mêle avec toutes les parties instrumentales, elle apparaît douce, limpide, cristalline, toujours harmonieuse même quand sa guitare se déchaîne ("Smartfriend", "Whaler") ou quand l'ambiance est marquée par l'électronique ("Alien shivers"), elle agit comme un phare dans la tempête, toujours droite et lumineuse ("Applause of a distant crowd").

On est au-delà du coup de cœur pour cet opus, c'est déjà celui que j'ai le plus écouté cette année et je n'ai plus envie de chercher à l'analyser, le comprendre, le décortiquer, je veux juste en profiter. Alors basta les mots, les phrases, les idées, les traductions en langage écrit, j'arrête là cet article pour pouvoir juste l'écouter et prendre mon pied.