vesperine vesperine Vesperine, c'est un joli nom, ça vient d'où ?
Au départ, on aimait bien l'adjectif "vesperal" dont le sens convenait bien à l'ambiance générale de notre musique. On se retrouvait sur le fond mais pas tout à fait sur la forme et en creusant un peu, on a découvert ce vieux prénom féminin "Vesperine" qui nous a tout de suite plus en terme de sonorité. Ça raccrochait avec notre idée de base. C'était nickel.

Vous êtes passé d'un néo-métal très tendance dans les années 2000 à un post-hardcore très tendance dans les années 2010, Vesperine est un groupe de suiveurs ?
Si on présente les choses comme ça, c'est sur que ça donne cet effet, de surfer sur une vague ou d'être un peu arriviste. Mais en réalité, les choses sont différentes et largement nuancées. Tu fais référence à notre premier projet "sérieux" qui s'appelait Capsule ODC. Quand on a sorti notre démo, en 2005 je crois, ce groupe avait assez peu de maturité. Nous avons tous besoin de références à nos débuts... Et c'est toujours difficile dans les premières compositions de se détacher des véritables influences majeures du noyau dur d'une formation. Les nôtres, celles qui nous parlaient le plus à l'époque, étaient cette espèce de fusion entre Rap et Metal...Mais le truc c'est que entre 2005 et 2011, date de création effective du projet Vesperine, il s'est passé plein de choses ! Après cette première période "Rap-Metal" et ce premier EP, on a affiné, on ne s'est jamais arrêté de composer malgré les gros soucis de line-up, on s'est retrouvé à trois pendant 3 ans notamment, on s'est largement dégagé de nos premières influences et on a joué plein de trucs différents. Malheureusement, ce trait d'union entre les deux références que tu cites, c'est à dire les deux EPs, n'a jamais été diffusé... Personne n'a posé d'oreille sur ce que l'on a fait durant ces quelques années et c'a été pourtant une période très importante pour nous car elle nous a permis de dévier lentement sur ce que l'on joue maintenant... On a écouté et joué beaucoup de trucs. Puis comme tout nouveau projet, on s'est inspiré des groupes qui jouent ce que l'on aime le plus, dans lesquels on se reconnait à fond.
C'est finalement le même système que pour notre premier projet et que pour tous les groupes du monde. Vesperine n'est plus tout à fait récent mais le line-up, lui, l'est. Parmi les autres est constitué de morceaux qui font parti de la vague de création du début d'un projet. Nos influences sont certainement un peu trop "marquées"... Aujourd'hui, nous composons des choses bien plus personnelles car le line-up s'est stabilisé.

Comment composez-vous justement ? Vous arrivez à assembler différentes idées pour faire un titre ou alors tout part d'une séquence et vous construisez autour ?
On part généralement d'un texte. Le sens de celui-ci nous est très utile pour avancer dans un morceau. Une fois qu'un texte nous plaît, on se met d'accord sur une structure de morceau, on fait des ébauches, on fait le tour des envies de chacun. On regarde aussi derrière nous pour éviter de refaire les mêmes plans. On aime bien se mettre un peu à l'épreuve, genre "tiens je ne sais pas faire ça" ou "on a pas de plan comme ça encore" et on y va. On passe parfois par de longues discussions avant de prendre les instruments. Quand le processus est lancé, on va surtout partir d'un riff qui nous plaît et voir comment l'exploiter et le faire évoluer sur la durée.

Je préfère votre chant clair que votre chant lourd, le mode "véner" me semble moins naturel, me trompe-je ?
Pour le coup, on ressent tous l'inverse. Mais c'est super car ça veut dire que tu trouves les "clairs" réussis !!! On fait quand même, 80%, à la louche, de chant crié et on se sent bien avec ça. Mais on veut surtout pas éliminé les 20% de chant clair car on aime la mélodie.

Vous avez enregistré chez Fabrice Boy, il est très en vue ces derniers mois, pourquoi l'avoir choisi lui ?
Parce qu'on se connaît, lui et nous, depuis un petit moment... Sur Lyon, on avait beaucoup d'amis en commun avant de se rencontrer. C'était inévitable que l'on arrive à se voir et à discuter son. On s'est entendu tout de suite et il a bossé pour nous avant l'EP en masterisant des démos. La suite logique était qu'il nous produise Parmi les autres, connaissant la personne et la qualité de son travail.

Parmi les autres est sorti chez Send The Wood Music, c'est là encore un label en vue ces derniers temps, comment s'est passé le deal ?
Via Fabrice Boy ! C'est un ami du dirigeant de Send The Wood Music. A la sortie du studio en avril, il a envoyé les pistes au label. Qui a kiffé. Simplement.

Vesperine - Parmi les autres La pochette est sublime, elle est signée Corto Rudant. Comment vous le connaissez ? L'idée vient de vous ? Il a eu carte blanche ?
Jérémy, notre bassiste, l'a accosté dans le train... Corto griffonnait et ils ont commencé à discuter. Quand on a eu besoin d'un illustrateur, Jérémy nous l'a suggéré naturellement. Cette première rencontre hasardeuse s'est avéré super enrichissante car Corto est vraiment très doué. Pour la conception de la pochette, on avait de vagues idées, les bases, mais plusieurs rendez-vous avec Corto nous ont permis d'affiner et de réaliser ensemble cette belle illustration. De longues discussions ici aussi... L'idée vient de nous tous au final. On a tous rebondi à un moment donné...

C'est du photoshop ?
Non, Corto a pris ses pinceaux et là... On était ravi. Il a fait une vraie peinture traditionnelle que l'on a du prendre en photo pour pouvoir matérialiser et rajouter les éléments de la pochette sur photoshop. Aujourd'hui la peinture originelle trône dans notre local. On l'a encadrée et on l'a garde précieusement.

Votre musique doit aussi plaire aux Scandinaves, aux Belges, aux Allemands... Vous pensez à vous exporter ou la Suisse, c'est suffisant ?
On veut être écouté par le plus de monde possible et dans le plus grand nombre de pays possible. C'est une évidence. On va tout faire pour que là où l'on est susceptible d'être écouté, on puisse le faire. On y bosse.

Qu'est-ce qui est le plus difficile pour faire vivre un jeune groupe ? Trouver des financements ? Avoir le temps ? Concilier la musique avec la "vie privée" ? Que les membres restent sur la même longueur d'ondes ?
Sincèrement, tous les problèmes que tu cites dans ta question sont rencontrés par des groupes comme le nôtre. On est passionné, tous, mais à côté de ça, la réalité de la vie, c'est qu'il faut taffer pour gagner sa croûte... Donc on manque de temps, clairement, certains d'entre nous ont des enfants, des tafs prenants, etc etc... mais aussi, bien sûr, de moyens financiers. Gérer la vie privée, c'est chaud aussi... Faut toujours être dans la négociation (rires). C'est aussi devenu très difficile d'exister en tant que groupe amateur, de trouver des dates et de se faire connaître. Heureusement, le label nous a filé un coup de boost. Mais ça reste une jungle incroyable ! Si tu te bouges pas, t'as rien du tout.
Alors quand on se retrouve en répét', on sait ce que l'on doit faire, on doit nécessairement être très organisé. La musique, c'est super chronophage en plus... C'est comme un deuxième taf. Mais celui-là te fait perdre du fric !

L'avenir proche, ce sont de nouveaux concerts ?
On va défendre notre EP Parmi les autres sur scène pendant un bout de temps encore. On a pas mal de concerts prévus pour ça. On continue de composer entre les dates.

Si on veut faire jouer Vesperine, qu'est-ce que vous demandez ?
Pour faire jouer Vesperine, on demande beaucoup de bières. Un simple défraiement aussi. On peut nous contacter via notre page facebook/VesperineMusique directement : c'est nous qui gérons notre calendrier, comme des grands !