V̶ ̶V̶ ̶V̶ - V̶ ̶V̶ ̶V̶ Derrière l'acronyme très graphique V̶ ̶V̶ ̶V̶, on pourrait imaginer partir vers des Volutes de Violences Vocifératoires, voire des Valeureuses Vibrations Vocales mais c'est une définition autrement plus classe qu'ont choisi les 5 Nancéiens qui le composent puisqu'il s'agit du Vinaigre des V Voleurs. Avec une dénomination aussi originale qu'énigmatique, la musique ne pouvait qu'être singulière et c'est le cas. Un métal emmené par deux guitares techniques et nerveuses, d'inspiration progressif, qui se complètent et se répondent sans jamais se marcher sur les cordes, balançant des riffs rapides et incisifs sur une section basse batterie toute aussi nerveuse. Et le chant aux variations à la Mike Patton et surtout Serj Tankian, oscillant entre growls, aigus et lyrisme parfois comique complète cette bande son pour une danse macabre moyenâgeuse. Moyenâgeuse, évidemment pas musicalement, car point de vielles à roue ni de luth ne sera audible sur les 5 titres de ce premier EP, mais plutôt sur les thèmes qui vont être développés : que ce soit l'épidémie dansante emmenée par "Frau Troffea" dans les rues de Strasbourg en 1518, ou l'habit des médecins de peste "Beak doctors". D'ailleurs, la recette du vinaigre de 4 voleurs, est une vieille mixture qui a tout juste 300 ans et qui était censée protéger de la peste (Mais comme ils sont 5 dans le groupe, ils ont dû renommer la dite recette). La recette initiale étant confectionnée à partir d'ail frais macéré dans du vinaigre, il est possible que certains gugusses préféraient finir cloqués que de taper la mixture. En revanche, pour la recette plus contemporaine des apothicaires de contrebandes des V̶ ̶V̶ ̶V̶, je ne sais pas si ça guérit de la dernière pandémie à la mode, mais c'est une bonne posologie pour les oreilles.