Unswabbed en répèt (2017) Il y a 20 ans on parlait de néo métal, aujourd'hui Unswabbed fait quoi ?
Séb : Toujours la même chose ! Nous on a toujours dit "rock métal". En fait sur une date au début des années 2000, on jouait avec La Bestia à Rouen et l'organisateur voulait à tous prix un style pour mettre sur les affiches, on ne lui avait pas répondu, il nous a pas mal relancé et on fini par dire "mets néo métal", c'était à la mode.
Charles : Je ne me suis jamais retrouvé dans ce terme car pour moi c'est surtout le mélange avec le hip hop et on n'est pas du tout là-dedans.

Vous êtes passé par KissKissbankbank pour sortir cet album, le crowdfunding, c'est indispensable ?
Seb : Non ! Tu peux toujours sortir un album sans ça... Si on a fait ce choix, c'est pour garder notre indépendance.
Non mais oui....
S : En fait, c'est "non" pour une réponse générale et oui pour nous. Ça nous permet de gagner du temps, tu dois pas aller faire des courbettes à Paris chez les labels pour signer la sortie de ton disque et ensuite attendre deux ans pour que l'album sorte comme ça nous est arrivé. On est complètement indépendant et de tout façon, combien de labels produisent vraiment encore des groupes de A à Z ?
Bruno : Ça nous a permis de gagner du temps également parce que l'album était presque prêt, la campagne de crowdfunding permet de fignoler plein de trucs et de créer un lien avec le public.
S : Sans faire de la démagogie, c'est super important d'avoir ce lien direct avec les gens qui achètent le disque, grâce aux réseaux sociaux, on peut se rencarder pour offrir des dotations en direct plutôt que de les envoyer. On voulait aussi impliquer les fans dans l'album, on fait ça aussi pour eux, les rencontres au studio, le concert privé, c'est le genre de trucs qu'on n'aurait pas pensé faire sans ça.

2 000 Euros de plus que les 5 000 prévus, ça doit faire plaisir...
S : Carrément ! Par contre, on ne pourra pas faire tout ce qui était prévu comme par exemple une édition vinyle, ça coûte trop cher et on a des dépenses supplémentaires un peu imprévues, on n'avait pas trop anticipé les 7% que KissKissbankbank te prend pour des frais de gestion ni les frais de Sacem qui ont augmenté ni les énormes frais d'envoi... La Poste, il ne font pas de sponsoring pourtant on pourrait être endorsé !
Charles : Et Alex est devenu accro au crack.
S : Et il a fallu payer les vacances en Argentine ! (rires) On sera super transparent sur l'argent récolté et comment on le dépense.

Dans les dotations, il y avait donc un concert en salon et des rencontres au studio, c'est pas encore fait ?
S : Non c'est pas encore fait, ça se fera au printemps. Pour la rencontre, on veut pas juste se dire bonjour/au revoir lors d'une petite répèt' au studio donc on attend le printemps pour se faire une belle journée avec les 3 donateurs, on se fera un barbecue histoire de passer un vrai moment ensemble. Pour le concert, ce sera au printemps aussi, il n'y a pas encore de dates mais ça se précise, ce sera en extérieur dans un jardin, la personne nous a déjà demandé combien il fallait de prises électriques, ce sera roots mais ça va le faire.

Le 2° clip, ce sera pour quel titre ?
S : Ce sera "L'équilibre", on aurait aimé le finir pour la sortie de l'album mais pour des soucis de trésorerie, il n'est pas encore tourné, le scénario est très abouti et comme on veut faire un truc bien, on prend le temps, on espère qu'il sera dispo vers février / mars.

Le premier est très beau...<
Unswabbed : Merci
Ça coûte cher de faire un beau clip ?
S : Oui
B : Non (ils répondent en même temps)
S : C'est pareil que pour le crowdfunding ou l'artwork, on voulait impliquer des gens qui étaient très emballés par le projet. Le clip est réalisé par Sylvain Regniez, quelqu'un que Tof connaît depuis quelques années, lui montait sa boîte, nous on n'avait pas trop de sous parce que le crowdfunding était pour le disque et pas pour le clip qu'on a financé par nos fonds propres. On a trouvé un deal car c'est aussi son intérêt d'avoir un travail avec nous car ce serait plus exposé qu'un groupe local. Une fois qu'on était d'accord là-dessus, il fallait aussi s'assurer qu'il était aussi emballé de bosser là-dessus que nous avec lui. Donc, "ça coûte cher ?", non, ça dépend...
B : On a fait des partenariats pour tout, le lieu de tournage, c'est la Maison Folie Beaulieu, merci à Etienne qui nous a accueillis en grandes pompes, les techniciens, c'est tous des copains, la bouffe, on la fait nous-mêmes... On a réussi à réduire tous les budgets au minimum possible pour que ça rentre dans notre petit budget à nous.
C : La grosse différence, c'est le talent de Sylvain, par rapport aux autres clips qu'on a fait avant, c'est que ce soit lui qui l'a fait, c'est un artiste, il avait des idées, nous aussi, le truc c'est qu'on voulait recadrer sur quelque chose de plus simple, de plus "live" parce que dès qu'il y a du jeu, faut pas que les mecs du groupe jouent dedans parce qu'on joue comme des quiches.
S : Faut jamais dire jamais, on n'est pas à l'abri pour le prochain clip !
C : Le clip de l'acoustique était super parce que le mec a fait ce qu'il voulait, là c'est aussi super parce que Sylvain a du talent, c'est un musicien, ça se sent tout de suite, c'est un métalleux, il sent le rythme, on est super content de son boulot.
S : Ce qui est marrant, c'est qu'à chaque fois qu'on a suivi notre instinct sur une rencontre avec quelqu'un, finalement, ça a toujours marché. Par exemple, c'est Eric Canto qui a fait la pochette de In situ, on voit où il est maintenant et Guillaume Panariello qui avait réalisé le clip de "Juste un rêve" a bossé avec Lofofora et vient de faire le clip de Shaka Ponk. On encourage tout le monde à se renseigner auprès de Sylvain parce qu'il a monté sa boîte, il a plein de bonnes idées et il cherche des projets.

Pour faire des vues, faudrait faire un clip avec un chat qui tombe dans une piscine et un pokemon qui boit de la grenadine !
C : C'est mon idée depuis toujours mais ils ne veulent pas !
S : C'est hallucinant de voir des trucs complètement débiles faire des millions de vue et que la nouvelle génération trouve ça pertinent, on n'est pas dans le même monde... Ce qui est rassurant, c'est de te comparer avec d'autres groupes de métal français, là, ça va.

L'artwork est signé Mindwide, un photographe lillois que vous ne connaissiez pas avant de tomber sur son travail par hasard...
B : Il y a 8 mois, on ne le connaissait pas...
S : Un drôle de hasard, on cherchait une pochette, on n'avait pas d'idées, on avait la musique, on savait ce qu'on allait dire, on avait chiadé le contenu mais on n'avait rien pour l'enrobage. J'étais dans mon plumard, je faisais défiler des photos sur Instagram et je tombe sur une de ses photos, je me dis que ça pourrait le faire, je la copie, je l'envoie aux autres, ils me disent "pourquoi pas", je le demande en ami, il a accepté, je lui ai envoyé un message privé, réseaux sociaux à fond, il m'a filé son téléphone, je l'ai appelé, il m'a dit "ça m'emballe carrément, on y va !"

C'est une session photos ?
S : Non, il prend plein de photos, il nous a laissé choisir parmi tout son travail, c'est des photos qui existaient déjà, celle de la pochette et du livret, elles seront exposés à St-So pour le concert de la release party. Là, on va faire des photos de presse avec lui en rapport avec la pochette.
C : On avait essayé de faire un raccord avec le clip, Sylvain est allé avec Mindwide sur les toits mais il a le vertige, il a filmé tout par terre (rires)
S : Non, le truc, c'est qu'on n'a pas le droit de se promener sur les toits et si tu veux faire des images de nuit sans lumière, ça ne marche pas.
C : Ouais, il n'a pas réussi à exploiter le truc.
S : Là, pour les photos de presse, ça va être la même problématique.
B : Ça va être un shooting urgent, express, rapide...

unswabbed - de l'ombre à la lumière En 2014, vous disiez qu'être complètement indépendant permettait d'être plus rapide, moi ça m'a paru long pour arriver à cette sortie...
S : Moi aussi ! Après, ça dépend ce que tu appelles long, tout est relatif dans la longueur ! (rires)
B : Faut remettre le truc dans le contexte, en 2014, on avait dans l'idée de sortir trois volumes de Tales, idée qu'on n'a pas abandonné d'ailleurs.
Oui, le volume 2 devait sortir vers le printemps 2015...
S : C'est le moment où t'es parti au Nicaragua, tu l'as loupé ? (rires)
B : C'est au moment où Alex est arrivé dans le groupe, on a repensé le truc et de nouveau on voulait faire un truc en français.
S : Pour être totalement transparent, cet album avait été intégralement écrit en anglais.
C : Pas totalement !
S: 10 sur 11 !!! Une fois que c'était quasi fini, on s'est dit qu'on allait le faire en français, j'ai un peu badé ! Toutes les prises n'étaient pas faites mais on a longtemps tergiversé. Étrangement ceux qui étaient motivés pour que ce soit en anglais l'étaient encore plus pour que ce soit en français... Au moment de le faire en français, ça a été très long de trouver comment ne pas retomber dans la redite, comment garder notre identité, comment être honnête dans ce qu'on dit alors qu'on a presque dix ans de plus que l'album d'avant, il a fallu trouver toutes les réponses pour que les textes arrivent. La longueur, c'est essentiellement du à ça.
Alex : En plus les textes n'ont pas juste été retranscrits en français, ils ont été totalement réécrits avec des sujets différents.
S : C'est super, pour le prochain Tales, on a plein de textes d'avance !
Il fallait faire un double album comme les Smash Hit Combo...
C : Je suis curieux de savoir combien ça représente en boulot, c'est un truc de dingue ce qu'ils ont fait, en plus, ils ont la blinde de textes et des chanteurs différents...

Il y a encore un peu d'anglais sur "L'équilibre"
S : Juste une phrase, c'était un petit clin d'œil. C'est juste pour le fun, le texte à l'origine, c'était sur un lanceur de couteaux qui se loupe et qui tue sa femme, c'était pour Tales of the nightmares 2, on avait dix titres, on pouvait même faire un troisième Tales et on a attendu que tu te barres au Nicaragua pour sortir l'album en entier et en français.

Il y a beaucoup de travail sur les textes avec davantage de finesses et de "jeux de mots" qu'avant, c'est parce qu'ils ont été travaillés et retravaillés ou parce que vous êtes de meilleurs auteurs ?
S : On a carrément plus bossé sur les textes. Le travail d'écriture est différent aussi, on a longtemps travaillé "in situ", on arrivait en studio, il y avait zéro texte. Là, on a eu plus de recul puisque les titres existaient en anglais, on en était bien imprégnés et les morceaux étaient déjà enregistrés. Comme on ne tient pas les timings et qu'on ne tient pas parole, autant que ce soit béton quand ça sort. Donc on a passé plus de temps.
A : On a plus de maturité aussi.
B : Et le fait d'avoir réécrit en anglais a permis de mieux travailler le placement des mots, la façon dont les phrases s'articulent, comment ça sonne, ça a servi le truc. Quand Séb a fait les premières prises de chant, c'est ce qui m'a le plus frappé, les sonorités, la façon dont les mots s'imbriquent, c'est très anglo-saxon.
S : On s'est amusé avec quelques jeux de mots et il y a un certain vocabulaire qu'on utilisait souvent qu'on a mis de côté. Les puristes pourront étudier la question... (NDO : la discussion se poursuit mais je ne la relate pas ici pour ne pas dévoiler quelques subtilités).

L'album est prêt depuis quelques mois, il a été décalé à janvier pour "mieux" le sortir avec une distrib' Season Of Mist ?
S : Ça s'est fait ultra rapidement, notre manager, Elo, les connaît un peu, elle a envoyé le disque, ça les branchait et c'était fait. Il fallait juste un délai de deux mois pour les précommandes.
B : Faut avouer un truc, c'est qu'il nous faut aussi du temps pour défendre l'album. La première date envisagée pour la sortie, c'était avant l'été, avec la concurrence et tous les festivals, on s'est dit que l'album ne passerait pas l'été. Ensuite on a envisagé octobre mais on n'avait pas assez de dates de concerts calées pour le défendre juste derrière donc on s'est dit que c'était mieux de le décaler à janvier et faire des concerts pour le défendre et faire de la promo.
S : Il y a toujours une bonne raison de décaler une sortie, là, idéalement, il aurait fallu le sortir encore plus tard pour avoir le temps de faire une résidence avant les premières dates...

Enfin pour l'instant, il n'y a que deux dates !
B : Non ! (rires) Il y en a d'autres qui arrivent, ceux qui cherchent bien sur Internet peuvent en trouver deux autres que nous n'avons pas annoncées, y'en a une troisième qui sera bientôt annoncée...
C : Tu me le diras quand même, je veux bien être tenu au courant (rires).
B : On fait le Rock Or Ride à Quiévrain le 17 février, la veille de la date à Paris, et on fera le Warm Up du HellFest le 30 avril à Nantes au Ferrailleur avec Ultra Vomit et c'est déjà complet... On va encore en annoncer d'autres dans les prochains jours.

La date de Paris au Klub le 18 février, c'est une date pour assurer de la promo dans la presse parisienne ?
B : Pour le coup, pas du tout ! Acces Live qui est une boîte de prod' de spectacles nous a proposé de co-produire la date, ils veulent faire un truc en escalier, dès que celle-là affiche complet, ils veulent programmer une autre date, probablement au printemps dans un lieu un peu plus gros...

La release party à St-So sera l'occasion de revoir Out, vous n'avez pas peur qu'ils vous piquent la vedette ?
S : Non (rires).
Tof : On connaît bien le bassiste. A partir de là, ils sont mal barrés.
S : Tof fait partie de Out, c'est plus Tristram, il y a eu un petit changement de line-up
T : En fait, il n'y a plus personne de Out, on a juste repris le nom du groupe !
S : C'est une franchise... Ils ne font plus de zik, ils vendent des burgers (rires), ils ont un food truck qui est garé devant St-So, à la sortie du bâtiment.
C : Ils vont pas nous voler la vedette, ils ont quand même 60 ans de moyenne d'âge ! Donc bon courage ! (rires)
T : Et heureusement que je suis arrivé, sinon, c'était 75 ! (rires)
C : Et avec tout le crack qu'Alex a acheté avec le KissKissBankBank, j'aime autant te dire que nous, on a la pêche ! (rires)
B : Pour nous, c'est normal, c'est des potes de longue date.
S : On a quand même enregistré notre premier album avec X-Tof et Jean-Loup.
C : J'avais le stress que Tof ne puisse pas assurer deux concerts d'affilée mais il paraît qu'il fait un max de sport et qu'il aura une pêche d'enfer même en jouant avant. Par contre s'il a une baisse de régime pendant le set d'Unswabbed, je lui mets un coup de batte !
B : L'idée c'est d'avoir des potes autour de nous, les Full Throttle Baby, c'est le même délire.
C : Stengah, on ne les connaît pas pour être honnête mais j'ai écouté et franchement, je trouve que ça défouraille, je crois qu'ils ont des guitares avec plein de cordes ! (rires)

Tous les titres "sonnent", certains ne seront-ils pas joués en live ?
C : On ne sait pas, on va voir après !
S : C'est notre première répét' depuis un petit moment, il n'y a pas de titre écarté d'office, c'était le sujet d'un échange de mails interminable.
C : On a beaucoup de morceaux, c'est pas facile de faire une set list
S : Je pense que les gens qui connaissent le groupe vont être surpris, on va ressortir des morceaux qu'on n'a pas joué depuis très très longtemps et certains titres qu'on jouait sur toutes les dates ne seront pas présents.

Unswabbed en répèt (2017) Unswabbed en répèt (2017) Le W-Fenec fête ses 20 ans le 18 janvier, la veille de la sortie de l'album...
Sans que je puisse poser ma question Charles balance un "Félicitations" et entame "Joyeux anniversaire" repris par tout le groupe dans un grand moment d'émotion, Philou, leur ancien guitariste, débarquant déguisé en Père Noël pour offrir au W-Fenec un cadeau... Bon, ok, ça s'est pas passé exactement comme ça, mais presque.

Unswabbed aura 22 ans, vous êtes nostalgique de vos débuts ?
C : Moi personnellement, pas du tout.
S : Euh.... non. C'est intéressant parce que le fait de repartir en français, ça a un peu un côté nostalgique.

Qu'est-ce qui vous manque le plus ?
S : En 2000, on pouvait faire trois concerts par semaine parce qu'on jouait dans des bistrots, là, il n'y en a plus. Il y avait des radios qui passaient de la musique qu'on écoutait.
C : C'est vrai qu'on oublie le contexte de l'époque, jusque 2005-2006, c'était beaucoup plus facile.
S : En 4-5 ans, on a fait 7 ou 8 Splendid, maintenant, quand t'arrives à faire un support comme on l'a fait avec Hellyeah, on est super content mais il y en a d'autres qui ne jouent pas parce que tu joues. A l'époque on faisait des grosses scènes sans avoir sorti d'album. Il y a aujourd'hui beaucoup de festivals et peu de lieux de découvertes, les clubs ont du mal à survivre. Il y a moins de labels indépendants, moins de tourneurs, moins de radios indés, il n'y a plus de fanzines... Cette nostalgie-là, oui. C'est pas juste une histoire de mode si le métal est moins populaire que dans les années 90, c'est aussi parce qu'il y a moins de gens qui ont les couilles de le foutre à une heure de grande écoute comme le faisait Canal+, ils programmaient Sepultura, Deftones, Soulfly à 20h, t'avais de la pub à la télé pour Far beyond driven de Pantera, t'avais le clip de "Freedom" sur une grande chaîne... Certains n'ont plus ce courage là... Peut-être que ça reviendra...

Quelle était votre situation vis-à vis d'internet en 1998 ?
S : 98 ? J'avais pas internet chez moi.
B : Moi non plus...
A : Moi j'étais pas né ! (rires)
C : 98, j'avais 20 piges, j'avais pas internet.
B : Moi je l'avais au bureau...
C : Tu confonds pas avec le Minitel ? (rires)
B : Je bossais à l'ARA à Roubaix, c'était surtout pour du mail.
C : Je me rappelle de cette grande période où tout le monde était fâché à cause du téléchargement de la musique...
A : Quand j'ai eu internet, je me souviens que si je voulais télécharger un clip, je le lançais avant d'aller me coucher et je l'avais le lendemain en rentrant des cours...
S : A cette époque-là, t'empruntais le CD à la médiathèque et tu le copiais sur une K7 ! Le téléchargement illégal, ça a toujours existé... Peut-être pas à la même échelle... D'ailleurs on a sorti notre première démo sur une K7, on les copiait sur la chaîne hifi... Vis-à-vis d'internet, on est toujours en retard, on s'est mis sur Myspace en retard, sur Facebook en retard... On a toujours un wagon de retard !

Vous vous souvenez de la première fois que vous avez croisé le W-Fenec ?
S : C'était pas au Grand Mix ?
C : C'était pas aux 4 Écluses à Dunkerque ?
Si, c'est ça, en 2004
S : Bien joué Charles ! C'était avec Clearcut ? Avec Mass Hysteria ? (NDO : En fait, c'était avec Division Alpha). Je me souviens d'une grosse bringue au Grand Mix avec Biocide et Enhancer, c'est une des plus grosses bringues qu'on ait faite. C'était avant le premier album..
C'était en 2001 je crois, le lendemain matin, je passais un CAPES blanc, j'ai du partir vers 4h pour dormir 2-3 h dans la bagnole sur le parking de Lille III avant l'exam... (NDO, c'était en novembre 2000)

Le net n'est pas vraiment devenu une drogue ?
S : Non, c'est aussi pour ça qu'on est à la ramasse sur certains trucs. On ne s'accroche pas au nombre de vues à ces trucs-là. C'est devenu un juge de paix, à l'époque les programmateurs allaient voir en magasin si ton disque se vendait, je me souviens, on avait joué à Marseille, le gars nous avait dit "je suis allé voir à la FNAC, c'est un groupe qui vend, je vais les prendre". Aujourd'hui, c'est combien t'as de clicks mais ça veut rien dire, t'as des gens qui les regardent 5 secondes...
C : Et t'as des gens qui achètent les clicks, il y a eu un scandale, Beyoncé est passé genre de 80 à 20 millions de vues, sa maison de disques s'est fait gauler à acheter de clicks comme des malades
A : On peut pas les récupérer les clicks ? (rires)
(NDO : renseignements pris, Universal et Sony se sont bien fait "corriger" par Youtube, Beyoncé est ainsi passée de 457 à 305 millions de vues)
C : Nous, on est loin de tout ça...
B : On n'est pas des drogués d'internet mais on l'utilise quotidiennement. On est bien fan de Facebook live.
S : Ça c'est rigolo, il y a des questions en live, ça désacralise le groupe, on fait ça dans mon salon ou ici à l'arrache, on en fera peut-être un lors du barbecue pour faire coucou. Dans les années 2000, tout était mis en scène, tout était calibré. Là, comme pour l'album où on fait tout nous-mêmes, on n'a plus personne qui décide de ce qu'on doit faire et comment. Avec Facebook live, on fait comme on veut, on a de la spontanéité. C'est tellement spontané que quand on décide d'en faire un, on est obligé de se faire un petit papier qu'on pose pour savoir de quoi parler, y'a deux ou trois infos à glisser et on a déjà fait un facebook live où à la fin on dit "salut, on coupe" et on avait oublié de filer les infos !