Uneven Structure @ Underworld, 2017 Uneven Structure @ Underworld, 2017
Vous pouvez vous présenter ?
Igor : On est Uneven Structure, un groupe de métal progressif basé un peu partout en France, je suis guitariste avec Steeves et Jérome, il y a aussi Ben à la basse, Arnaud à la batterie et Matthieu est chanteur.

Il y a quelques mois vous avez supporté Twelve Foot Ninja, comment s'est passée cette tournée ?
Igor : Carrément bien, niveau ambiance, ça a très vite matché avec eux. C'était super pro, super carré, ça nous a permis de bien progresser.
Matthieu : C'est la meilleure tournée qu'on ait faite jusque-là.

Je vous avais vus juste avant la sortie de l'album, comment s'est déroulée cette sortie ?
Igor : L'accueil a été plus mitigé que sur l'album précédent mais vu les choix qu'on a fait, c'est normal. On a eu aussi de bons retours et c'est surtout sur scène qu'on voit la différence, il y a un public qui ne nous connaît pas et qui rentre dans la musique beaucoup plus directement.


Uneven Structure @ Underworld, 2017 Uneven Structure @ Underworld, 2017
Il y a une évolution entre vos trois sorties, comment vous la voyez ?
Matthieu : Plutôt naturelle. C'est pas calculé, ça vient tout seul par rapport au moment, à l'envie.
Ben : Ça tient aussi à l'évolution qu'on a eu sur scène par rapport à ce qu'on jouait et ce qu'on veut apporter en plus.

Et dans cinq ans, vous la voyez comment ?
Matthieu : On ne se projette pas, on verra bien ce qui va venir. A priori, La partition est un tournant, on sera plus dans cette veine mais ça ne devrait pas être pareil.
Igor : On aime bien tester des nouveaux trucs sur chaque album. Dès qu'on peut expérimenter, sortir de notre zone de confort, on y va, on s'amuse.

Il vous a fallu 4 ans pour sortir La partition, qu'est-ce qu'on ressent quand on met 4 ans d'investissements dans une heure de musique ?
Matthieu : Un tas de trucs. Déjà, il y a un gros soulagement parce que ça a été long.
Steeves : Il y a de la crainte aussi parce qu'on a fait un gros virage artistique, le public qui nous suivait avec Februus n'est pas forcément celui de La partition, ça fait un peu flipper. Mais au final, on est plutôt content.

Vous avez presque tout fait sur l'album, vous êtes perfectionnistes ou vous ne voulez pas perdre le contrôle ?
Matthieu : Perfectionnistes, ouais. On a une idée assez précise de ce qu'on veut et on aime faire les choses nous-mêmes. C'est vrai qu'on a envie d'avoir le contrôle sur tout et on aime faire ça, on aime la prod.

Uneven Structure @ Underworld, 2017 Uneven Structure @ Underworld, 2017
Vous êtes très actifs sur les réseaux sociaux, c'est nécessaire pour la réussite d'un groupe ?
Matthieu : C'est une bonne question parce qu'on en parle pas mal en ce moment... Ça marchait plutôt bien et depuis quelques temps, on a l'impression qu'on arrive mieux à défendre le groupe "à l'ancienne", avec des contacts directs lors des tournées et du live. C'est peut-être plus sain de défendre le groupe sur scène, physiquement que sur Internet.
Igor : Le reach a tellement baissé sur Facebook ou Instragram que ça ne sert presque plus à rien de poster sur Facebook ou alors du gros contenu ou alors en payant. Et ça pique un peu de mettre de l'argent sur un truc aussi éphémère. On se rend compte qu'on a plus de retours sur une tournée que sur les réseaux sociaux.

Votre dernière découverte musicale ?
Matthieu : J'ai un gros coup de cœur sur une des dernières signatures Basick Supplies, c'est Sleep Token, c'est barré, c'est bien foutu, c'est vachement intrigant. Y'a Franc-Tireurs aussi qu'on aime bien.

J'ai l'impression que Uneven Structure marche mieux en Angleterre et en Allemagne qu'en France, le public français n'est pas réceptif ?
Steeves : Ça commence à venir. Le métal en France, c'est difficile, c'est pas évident de se faire sa place, d'avoir une exposition, c'est plus dur qu'en Angleterre ou en Allemagne où la scène métal est établie. En France, tant qu'il y aura Jul à la radio, ce sera compliqué.

Vous bougez beaucoup en Europe, vous avez un label allemand, vous profitez de l'Union Européenne...
Ben : Clairement ! Pour la vente du merch, pour les déplacements, c'est beaucoup plus facile, l'ouverture des frontières nous aide.
Uneven Structure @ Underworld, 2017 Uneven Structure @ Underworld, 2017
Igor : Si tu prends l'exemple inverse avec les Etats-Unis, les groupes préparent une tournée, claquent des milliers d'euros et se retrouvent avec leur visa refusé à la dernière minute... C'est le genre de trucs qui arriveraient dans une Europe où les frontières seraient fermées. C'est déjà compliqué de faire des tournées avec un espace de libre-échange comme le nôtre, imagine les problèmes administratifs et financiers dès que tu veux passer une frontière, ce serait épuisant.


La question à propos de La partition que vous aimeriez qu'on vous pose ?
Ben : Combien de litres de pastis ?
Steeves : On a beaucoup de questions qui reviennent et qui sont pas évidentes genre "de quoi ça parle"... Là, c'est compliqué.
Ben : Qu'est-ce que vous regrettez dessus ?

Alors, qu'est-ce que vous regrettez sur cet album ?
Matthieu : Ça dépend des personnalités, moi je ne regrette rien en général, même s'il n'est pas parfait je ne regrette rien. Peut-être qu'on le referait différemment mais il est là et c'est sur scène qu'on l'apprécie le plus.
Ben : Il a été fait pour ça.
Matthieu : C'est une différence par rapport aux autres, il a été pensé pour le live. On a beaucoup de plaisir à le jouer, il y a un lâcher prise.
Steeves : Tu verras ce soir, il n'y a plus de retenue sur scène, on peut tout lâcher... Peut-être trop même.

Un mot de la fin ?
Steeves : Pastis !