Uneven Structure - 8 Djent... Le terme est galvaudé, utilisé à toutes les sauces notamment chez certains labels pour écouler des brouettes de disques qui n'en valent pas vraiment la peine (on ne citera pas de noms ici pour cette fois). Et puis il y a les excellents représentants du genre, dont certains que l'on trouve du côté de l'écurie anglaise Basick Records, mais qui n'y étaient pas forcément à leurs débuts. Même des frenchies, puisque l'on parle ici d'Uneven Structure qui avait sorti en 2009 un premier EP intitulé 8 (que l'on avait loupé => parfois ça nous arrive oui...), avant de livrer un excellent double-album (Februus) dont nous avions plus abondamment parlé dans nos pages. Lorsque l'annonce d'une version retravaillée de 8 fut faite, fatalement, impossible de rater cela une deuxième fois (oui, une OK mais pas deux quand même).

Nouvel enregistrement, nouveau visuel, packaging et apparemment tracklisting (on n'est pas allé jouer au jeu des 7 différences entre la version originelle et celle-ci), on peut d'ores et déjà dire que dès le "Dianoia" inaugural, on cause Djent-metal/progressif qui assure. Techniquement comme artistiquement. L'écriture est déjà d'une finesse étonnante, le son, irréprochable (en même temps l'inverse eut été bien problématique) mais surtout la cohérence artistique de l'ensemble se révèle imparable ("Egocentric focus", "Higher quiddity"). Une puissance presque "aérienne", une force de frappe pourtant régulièrement déflagratrice et quelques poussées de fièvre ravageuse, Uneven Structure développe quelques épisodes Djentcore de premier choix avec un son d'une clarté absolue qui laisse autant la part belle à des arrangements plutôt inspirés et des moments de mélodies comme de rage brute parfaitement équilibrés. Ou comment éviter du même coup le clonage avec l'iconique référence qu'est Meshuggah.

On en parle une fois, puis après plus. Si la formation suédoise a évidemment "inspiré" toute une vague de groupes plus ou moins contemporains dont certainement les frenchies ci-présents (preuve de bon goût musical tout simplement), UN fait avec ce 8 2.0 quelque chose qui lui soit assez personnel tout en respectant certains codes inhérents au style pratiqué oui. Mais pas trop. De fait, le groupe s'offre un "Cardinal" aussi bref que languissant pour mieux rebondir et terminer son travail sur "The designer's lead" et surtout l'impérial "Delusions of grandeur". Les ruptures rythmiques sont cadencées à l'extrême, la précision technique toujours aussi chirurgicale et le metal quasi mathématique des auteurs de Februus se révèle pensé dans les moindres détails, au quart de soupir près ("Depression"). On n'a pas affaire à des gens qui improvisent (ou alors cela ne se voit pas) mais à des techniciens qui composent des morceaux évitant avec soin l'écueil du metal ultra-complexe mais simplement démonstratif. Parce que c'est toujours mieux d'avoir un savoir-faire tout en ayant des choses à dire ("Eight"). Par chance : Uneven Structure a les deux.