Ding Dong ! Qui c'est ? Est-ce Michel Jax ? Non, c'est une bande de quatre fuyards terrorisés dans le vent (*) qui après s'être échappé du ventre d'un chient géant sont aux prises avec de multiples antagonistes aux noms à rallonge qui voudraient s'emparer du pouvoir. Le premier à débouler, c'est un être issu du ciné, mais ce n'est pas Rocco même si comme lui, la nuit, sa matraque il brandit, il vient plus de l'univers sale de RomeRobocop. Superbe refrain signé Léa, fille d'aujourd'hui, belle mais pas incognito puisque son nom est au générique. Réveillez-vous, le soleil brille, il ne risque pas de pleuvoir, encore moins du sang (namesake !), on prend un peu de speed et ça tue ! En disque comme en concert, c'est méga classe, surtout quand Mathieu, à la basse, court avec son instrument. La hauteur de l'aisance avec laquelle le groupe enquille les bonnes idées et les parodies est hallucinante. Comme si c'était aussi simple que le basic que Manard maîtrise, même si on n'y comprend rien. Là, même avec l'oreille sale, tu reconnaîtras un hymne infernal et découvriras la belle palette (de porc) de Fetus qui ne fait rien de travers (de porc), tu veux que je m'échine (de porc) à poursuivre ou jarret (de porc) ? Belle transition en hommage à nos amis de la SPA avec un mal dont je suis atteint, la "Toxoplasma gondii (felinus sanctus)". Big up à ma Siam Mady, mon bel Aaron et mon attachiante Zola. Même si mes maîtres ne dormiraient pas dans ce berceau de crasse que semblent apprécier les chats nantais qui, comme chacun sait à Haïti, sont cuits la nuit. Porc, Nantes, épave ? Tout tout est logique même si Renaud n'a pas de chien et qu'il est l'heure du "Ricard peinard", c'est bien écrit, c'est bien dessiné, c'est subtil, c'est du vécu. Pareil pour les bastons avec Mortal Kombat ou Street Fighter. Le metal moderne gesticule, son flux jaillit des bornes, une belle paire de riffs et on le remet en place. Comme ses élèves tentés par la triche et louchent sous leurs cheveux alors que je rêvais d'un clin d'œil à Tool.
Fin de contrôle. Récréation. Petite pause. Un petit café ? On a un très bon maragogype du Brésil, ça te tente ? Chocalho, agogo ! Non, pas de chocolat chaud per tutti pour cet autre morceau sans pain mais avec du sucre. De l'accent portugais à l'accent espagnol, il n'y a qu'une piste sur la fine frontière, mais ici ça chante en anglais en mode vieille école. Hystérie collective avec ces crèmes catalanes solaires qui rayonnent en temps qu'invités de choix. Contrairement aux pierres qui roulent, UV amasse un Mouss et font mousser les Mass pour qu'on se trémousse en masse pour un moment de bien-être et de paix depuis Metz jusque Mars. Le basique feat est ici sublimé tant le chanteur habitué de L'Orange Bleue (ils sont passés plusieurs fois à Vitry-Le-Francois) muscle son jeu (sous les conseils avisés de Yann) pour paraître plus vrai que nature. Objectif : thunes pour Ultra Vomit ? Non, ils dénoncent l'usage abusif de la recette miracle pour se bâtir un Empyr (coucou Fred) et acheter un hyper car ou un super bus à Georges si ça marchait vraiment bien. La suite est soit stupéfiante, soit flippante, j'hésite entre les deux, il faudrait néologismer, allez, je me lance avec ce mot-valise : "Ültrüs crew" est stupéflipant ! Autobiographique comme de nombreuses autres plages, celle-ci est assez entêtante voire oppressante. On a bien besoin d'un peu d'air pour s'en remettre. Non, pas cet air-là (**) même si je l'adore. La descente de tomes et de sa voie est savoureuse ! Tout comme la réplique du magistral Jean-Pierre pourtant dans un de ses, peut-être, moins bon films. Motoscatologique comme de nombreuses autres plages, celle-ci est assez marrante voire prémonitoire. Quand tu n'as vu que la pochette de l'opus, tu connais déjà tout ça et encore plus "La puissance du pouvoir" car c'est presque écrit dessus, presque car c'est dans l'autre sens et que la couleur a un peu jauni. Tous les détails étaient là, comme à la fin de Suspects de convenance (merci le Québec !) quand on se rend compte que Verbal Kint est peut-être un agresseur sexuel au-dessus des lois. Tous, non, il y en a un qui résiste et que tu trouves au dos du boulot d'art, la lune ! Faut-il demander à cette lune quel est ce trou qu'elle porte ? Bon sang mais c'est bien sûr, c'est son anus, son "trou du cul" comme ils le chantent sans transformer le mot en "trou du cusse" pour faire une rime un peu moins pauvre et honneur à la riche Rome. Non, pas de salade à la romaine, ça, ils le laissent à César car on n'est pas dans Astérix comme Crisix. C'est encore un hommage au cinéma et à leur amour pour le chef d'œuvre de Régis Wargnier multi césarisé et même oscarisé.
(*) Cette chronique est remplie de calembours, de contrepèteries, de jeux de mots et de termes évocateurs aux sens multiples. Par exemple, ici, "vent" peut faire référence aux quatre garçons dans le vent qu'étaient les Beatles et ça dénote chez toi autant de curiosité que d'acuité culturelle (et je pense que comme moi, tu apprécies les homéotéleutes), mais aussi au "vent", non pas celui que je prends avec mes vannes, mais le synonyme du pet, si tu l'avais compris, c'est que tu es fan d'Ultra Vomit.
(**) Voir (*) et pareil pour les différents sens de "Air" parce que oui, ça peut faire référence à la musique ou juste un bruit doux avec ceux qui représentent la french touch, ça évoque aussi une mélodie, mais ici, c'était bien entendu dans le sens de ce déplacement de molécules peu visibles mais odorantes (***).
(***) Je ne voulais pas finir sur une flatulence, du coup, j'ai remis des astérisques dans les notes et j'en rajoute une : 19/20.
Publié dans le Mag #62

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