Metal Métal > Ultra Vomit : Interview

La puissance du pouvoir des réponses d'Ultra Vomit (oct. 2024)

3 heures avant qu'ils ne montent sur scène pour la première date de la nouvelle tournée de présentation du nouvel album, je m'installe dans les loges du Centre culturel Gérard Philipe (avec un seul P) aux côté de Fétus et Mathieu pour évoquer plein de trucs avant qu'ils ne filent manger et se préparer.

Ultra Vomit Ultra Vomit
Je vais évacuer tout de suite la question qui fâche, celle qui va vous saouler... Est-ce que vous avez débattu du fait de faire l'Elysée ?
Mathieu : Non, on a accepté directement ! (rires)
Fetus : Est-ce qu'on a débattu de faire l'Elysée ? Oui. Par contre, c'est un débat qui a duré 48-72 heures.
M : On avait 3 jours pour se décider
F : C'était hyper court comme délai. Mais oui, on a débattu parce qu'on sentait bien qu'il y avait un contexte historique de détestation présidentielle... Nous, on s'est greffés dans quelque chose qui était déjà là, déjà préparé par McFly et Carlito. Souvent, quand je parle à des gens qui sont en mode "Pourquoi vous avez fait ça ?", nous, on est venus un peu comme un canular en fin de vidéo. Quelque chose qui, de toute façon, aurait eu lieu avec ou sans nous. Je n'avais pas la sensation d'organiser quelque chose, de collaborer... Même si ce n'est pas le bon terme.

Ce n'est pas une idée à vous.
F : Je pense qu'il n'y a aucun moment où l'Élysée nous a dit directement : « Venez faire quelque chose ».
M : C'était une invitation de McFly et Carlito.
F : C'est ça. Nous, on s'est greffés là-dessus pour faire une sorte de hoax, de canular présidentiel. Ce qui nous a fait emporter la décision, c'est de se dire qu'il n'y a aucun monde dans lequel un groupe... Alors oui, c'est du metal, ça reste quand même du metal. On n'est pas un groupe de musique classique. Il n'y a aucun monde dans lequel un groupe comme ça, qui va jouer du gros death metal, se retrouve devant trois petites chaises avec un président, peu importe qui c'est, dans les jardins de l'Élysée. Je te dirais que même dans le monde, ça n'existe pas, cette scène la. Je n'ai pas d'image de ça qui a déjà existé. Surtout aussi saugrenue que ça. Vraiment, trois petites chaises et un groupe de metal. C'est l'idée de ce truc-là qui nous a fait marrer. On s'est dit que c'était trop absurde pour ne pas le faire, plus dans ce sens-là.
M : En fait, si tu imagines ça dans un autre pays, un groupe de metal qui fait ça devant Angela Merkel, c'est hyper marrant. C'est ce qu'on s'est dit. Dans le contexte français, ça passe moins.
F : Ça passe moins. Nous-mêmes, on ne s'est pas tellement exprimé là-dessus. C'est toujours difficile parce que tu n'as pas envie de te justifier d'un truc. Nous, ça nous faisait marrer. Bon, si ça ne vous fait pas marrer, ça s'arrête là. Après, là où c'est chiant, c'est quand les mecs te disent : « Vous avez joué pour Macron ». En gros, il s'est payé. On était pendant le confinement. Aucun groupe ne jouait. Tous les intermittents étaient en galère... Et vous, vous avez accepté de venir amuser le roi. Vous êtes venus sur sa demande pour l'amuser, pour lui faire un concert. Et là, quand tu connais les coulisses, tu vois immédiatement que ce n'est pas ça. Déjà, ce n'est pas l'idée et ce n'est pas ça. Ce n'est pas ce qui s'est passé. Le mec lui-même, il ne savait pas du tout ce qui se passait. C'est resté comme un un canular, comme un truc un peu à la Michaël Youn ou je ne sais pas quoi. Un espèce de truc de... What the fuck ? C'était l'idée de McFly et Carlito pour cette émission-là, fatalement, par définition, ce n'est pas quelque chose qui est orchestré. Et de toute façon, nous, on n'a jamais été fliqués sur rien. Ils ne savaient pas ce qu'on allait jouer jusqu'au dernier moment. Et d'ailleurs, on a commencé par jouer "La Marseillaise" et ensuite, on la blaste au bout de deux mesures. Ce qui est quelque chose, honnêtement... C'est un truc que quand nous, on a prévu de le faire, on s'est dit que si ça se trouve, ça va être cut. Ils vont dire non, on n'accepte pas que dans le sanctuaire de la République, tu arrives et tu charcutes "La Marseillaise". Pendant un moment, on a même cru que ça allait pouvoir provoquer un shitstorm, mais dans l'autre sens. Plus des gens de droite qui gueulent et tout. Et ça nous aurait forcément moins atteint en termes d'images, parce qu'on aurait rigolé. Là, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. Ce truc-là, personne n'a remarqué, limite. Tu as l'impression que les gens n'ont même pas regardé la vidéo. Qu'ils n'ont même pas vu ce qu'on a fait !
M : De toute façon, dès qu'elle a été postée, au bout d'une minute, alors que la vidéo a fait plus d'une heure, il y a un mec qui écrivait "ah, les vendus !".
F : Rien que le fait de se greffer sur quelque chose qui était déjà critiqué ou critiquable, ça veut dire que forcément, tu as fait un pacte avec le diable. À la limite, juste dire à McFly et Carlito : « OK, on participe à votre émission », c'était déjà mort. Peu importe ce qu'on fait. Moi, forcément, je ne vais pas être d'accord avec ça, parce que pour moi, il y a des façons de faire les choses, ce n'est pas noir ou blanc. Tu peux très bien faire un truc. Moi, je n'ai pas l'impression d'avoir endossé la responsabilité d'avoir fait la promo d'un président. Ce n'est tellement pas le sujet que, du coup... On s'est heurté à ce truc-là. Et puis en même temps, il y avait un petit côté "fuck", vas-y, les réseaux sociaux, on fait ce qui nous fait marrer. Et puis si ça fait un shitstorm, ça fait un shitstorm. On était quand même préparés mentalement... Mais pas à ce point-là.
M : Ça reste beaucoup plus violent que ce qu'on imaginait.
F : On ne pensait pas que ça serait à ce point-là. Moi, ce qui a été le plus dur, c'est vraiment l'injustice. Je suis convaincu qu'il y a une mauvaise interprétation de ce qu'on a fait. Factuellement, ce n'est même pas l'intention. C'est juste, non, on n'a pas été invité par l'Élysée. Ça, c'est clair.
M : Non, on n'a pas été payé 14 000 balles aussi, parce qu'il y avait des rumeurs là-dessus.
F : Un tas de trucs ont circulé, alors que c'est très simple ce qu'on a fait.
M : On n'y est allé même pas pour la promo non plus.
F : On est arrivé, on a joué le morceau le plus bourrin qu'on avait de notre répertoire. On n'est pas allé en mode pour se faire connaître. D'ailleurs, je ne vois même pas dans quel monde on aurait voulu faire ça pour faire un coup de promo ou un coup de projecteur, sachant ce risque-là. Ça veut dire qu'il fallait vraiment qu'on se dise "Ok, la vanne vaut vraiment le coup". Moi, je pense qu'on a fait des trucs, comme par exemple quand on a joué à l'Olympia, quand on a inversé les lettres, des trucs comme ça. C'est une bonne vanne. Ça, pour moi, ça reste... Évidemment qu'après, tu prends un shitstorm dans la gueule. Ce n'est pas que tu regrettes, mais c'est que tu fais "la flemme", c'est cher payé. Je trouve ça très cher payé pour une vanne qui tourne mal. Mais ça reste pour moi une bonne vanne. Évidemment que ce n'a pas été tourné comme on aurait voulu. On aurait voulu que ça soit... Tu arrives, tu sais, du pur "Retour dans le futur", tu plaques un accord, le mec tombe en arrière décoiffé.
M : Un peu la mise en scène de Gojira, mais à l'Élysée !
F : Un truc qui fracasse. Ce n'est pas le cas. Il y a un côté un peu tranquille.
M : Là, c'est la fête de la musique, la petite scène.
F : Ça s'installe, il conclut l'émission. Bon, c'est à vous, messieurs...
M : Y'a pas de blast !
F : Tu ne maîtrises pas tout, de toute façon. C'est comme là, on sort un album. Nous, on trouve que ça défonce. Mais si les gens, après, te disent que c'est de la merde, c'est eux qui ont "raison".

D'ailleurs, c'est un truc un peu dingue de se dire qu'il y a autant de haters quand un groupe français fait un truc incroyable. On a vu Gojira cet été, où tout le monde était sur le cul. Il y avait quand même des mecs pour râler, pour critiquer, pour s'imaginer des trucs...
M : Les gens qui râlent, après, chacun son prisme. Je comprends qu'on puisse gueuler pour ce qu'on a fait. Après, c'est la violence, moi, qui m'énerve sur les réseaux sociaux. Cette surviolence-là. Mais après, qu'on ne soit pas d'accord ou quoi, oui, ça existe.

Ultra Vomit Ultra Vomit C'est quand même complet, ce soir, en 15 minutes. Les gens continuent de venir.
F : C'est plus un truc pour me rassurer qu'autre chose, parce que je ne pourrais jamais te donner les chiffres de ça. Maintenant, quand je vois un commentaire vraiment ultra-violent, je me dis, en fait, derrière ce commentaire-là, il y a peut-être, je ne le sais pas parce que c'est invisible, il y a peut-être trois petits mecs qui vont acheter l'album en silence, qui achètent leur place en silence, et à la fin, c'est ce qui fait que tout se passe bien pour nous. Le truc visible, ok, il ne fait pas plaisir, ça fait chier, mais à la fin, j'ai l'impression que ça va. Et puis, de toute façon, ça fait partie du truc. Là, par exemple, j'ai vu un post où ils montraient qu'on était dans le top de vente album tous styles confondus, et j'ai cliqué sur les commentaires et, tu vois, la plupart des commentaires, c'était "ouais, bah non, moi, je trouve que c'est surcoté". Malheureusement, nous, on voudrait que ce soit "bravo, c'est incroyable qu'il y ait du metal dans le top", mais voilà, comme tu disais, même Gojira... Si Gojira se fait allumer, pour moi, je ne réponds plus de rien, parce que Gojira, c'est quasiment pas critiquable dans le sens où c'est du metal, en plus, c'est du metal extrême. Tu ne pourrais même pas leur dire, c'est du rock, y'a des refrains chantés. Non, enfin, oui il y a des refrains chantés, mais je veux dire, ça reste du death metal. Pour moi, on est plus proche de Morbid Angel que de Linkin Park, c'est un groupe qui est hyper légitime à tous les niveaux, c'est des purs mecs, ils jouent hyper bien, enfin, c'est incroyable. Donc, si eux se font chier dessus, là, ça veut dire que tout le monde va se faire chier dessus. Le truc de Macron, c'était une exposition, forcément, parce que tu sors du cadre metal, c'est genre, quoi, c'est quoi ce délire ? Parce que moi, c'est une vidéo, j'aurais regardé quoi qu'il arrive. Donc là, tu te retrouves hyper exposé, donc tu te fais chier dessus.
M : Ce que je trouve aussi, depuis ce shitstorm, c'est qu'il y a peut-être plus de gens qui viennent nous défendre sur les réseaux. J'ai cette impression.
F : C'est les deux, ouais. Les réseaux sociaux, c'est toujours délicat. On en voit des gros se faire défoncer... Enfin, c'est même pas que dans la musique, c'est même pas que dans le metal. Tu regardes un truc sur MBappé ou sur n'importe qui, et t'auras des trucs bourrins. Ça peut être violent, les réseaux, quand même. Enfin, c'est violent, de toute façon, par essence. C'est un truc que j'ai du mal à capter, je ne sais pas d'où ça vient, le fait de mettre un commentaire comme ça pour dire que c'est de la merde.
M : Quelle perte de temps pour balancer de la haine.
F : En tout cas, j'en suis à peu près convaincu, mais je pense que les gens qui nous chient dessus, à mon avis, ils ne s'arrêtent pas spécialement à nous. Tu vois ce que je veux dire ? Dans leur journée, peut-être, ils vont switcher sur un autre sujet et ils vont dire "Ah ! N'importe quoi...". Ça m'étonnerait qu'ils mettent juste un truc genre "bande de vendus de macronistes" et qu'ils s'arrêtent là. Je pense qu'ils doivent être sur d'autres forums, sur d'autres trucs, sur d'autres thèmes...
M : Ça me fait penser à South Park, le père de Kyle qui boit son verre de vin tous les soirs et qui fait le troll sur Internet, sur tous les sujets.
F : Mais bon, après, c'est une belle expérience. Je vais quand même voir des commentaires, mais ça me fait beaucoup moins quelque chose. Genre, je ne sais pas, je les prends avec beaucoup plus de distance.

Tu disais que vous aviez peu communiqué là-dessus depuis... Ça fait trois ans maintenant. Vous n'avez pas eu envie d'écrire un titre ?
F : Un livre, un roman ! (rires) En fait, on a hésité. D'ailleurs, un des titres potentiels de l'album, c'était "Panique à l'Élysée" (rires).
M : C'était remettre une pièce dans la machine. On n'en avait pas spécialement envie...
F : En fait, on cherchait le titre de l'album et avec la pochette catastrophe et tout, franchement, ça marchait tellement bien. "Panique à l'Élysée..."
M : Je suis blasté par le titre de Manard aussi : "Ce serait ti pas l'Apocalypse ?"
F : "Ce serait ti pas l'Apocalypse ?" était bien aussi ! Mais tu vois, le "Panique à l'Élysée", il y a un moment où je me suis dit que c'est le meilleur titre en termes de tout. Mais on ne l'a pas considéré très longtemps.
M : Moi, j'avais un veto là-dessus.
F : On ne va pas résumer tout ce qu'on a fait depuis 20 ans à ça. C'était juste une vanne, on passe à autre chose. On a fait des bonnes vannes. Le "The renouvellement of intermittence", on était en Star Wars, on assumait qu'on venait là juste pour toucher l'intermittence. On a fait des bonnes vannes dans notre histoire. C'est bon, ce truc-là, on ne va pas s'arrêter dessus. Même là, on en parle à fond. Je me dis, vas-y, ce n'est pas le sujet.

C'est vous qui faites des réponses longues !
F : C'est peut-être le fait qu'on n'en a pas parlé depuis longtemps.

Je pense que ça va revenir avec les interviews qui vont s'enchaîner... Alors passons au sujet suivant ! L'album est comme d'habitude blindé de références. J'ai l'impression qu'elles sont destinées à des gens de notre âge, au moins de mon âge. Des gens qui ont à peu près 40 ans. Est-ce que ça ne vous coupe pas une partie du public ?
M : J'aurais dit que c'était dans la même veine que l'album d'avant.
Oui, mais c'est parce qu'on a grandi dans les années 90 qu'on a ces références.
M : Orelsan, c'est quand même un peu plus récent.

Oui, mais il y a énormément de références sur le cinéma, sur les dessins animés...
M : Possible, moi, par exemple, Cat's Eyes, je ne connais pas.
F : Cat's Eyes... Moi, j'ai halluciné que le clin d'œil soit à ce point-là repéré, tu ne sais pas à quel point un truc comme ça a pu marquer les gens. Moi aussi, ça m'a marqué tous les dessins animés du Club Dorothée. Ceux qui ont la réf', ils l'ont. Pour moi, ceux qui ne l'ont pas, je ne trouve pas que ça coupe. Quand tu ne l'as pas, tu te dis juste que c'est stylé. Au pire, tu vas dire que ça ressemblait à ce truc-là et tu vas l'écouter.
M : C'est exactement mon cas, alors que je suis dans le groupe ! Quand j'ai entendu la démo de "Dead robot zombie cop", j'ai dit "c'est excellent, ce pré-refrain. ça fait générique de dessins animés". F : Tu as peut-être des exemples plus précis où tu pourrais dire que si on n'a pas la réf, c'est chaud d'apprécier. Pour moi, dans le cadre de ça, ça passe. Le côté "Dead robot zombie cop", vieux nanars, films d'horreur... on le savait en le faisant. On se dit que c'est du pur Manard, c'est nos vieux délires. Franchement, on ne peut pas trop s'en empêcher.
M : Même si tu ne connais pas ce genre de réf, tu peux apprécier... Moi ça me fait penser à Jésus 2, le sketch des Inconnus.

C'est pareil. C'est une réf des années 90' !
F : J'ai tendance à penser que ces trucs-là, ça a traversé un minimum le temps suffisamment pour que ce ne soit pas hermétique. Genre, c'est quoi votre délire, mais je ne serais pas choqué qu'on me dise "j'ai rien compris"... Si vraiment on faisait un truc qui était vraiment trop daté... Genre, par exemple, sur "I like to Vomit", sur Monsieur Patate, je fais une imitation de Michel Rocard... Michel Rocard, je ne le fais pas aujourd'hui, parce qu'il y a un moment où tu t'adaptes aussi un minimum à ton époque.
M : Je ne sais même pas qui c'est !
Un ancien Premier Ministre
F : C'était sous Mitterrand... Mais on essaie de prendre des trucs qui traversent un minimum les générations quand même pour... Ça, je pense qu'on fait assez gaffe à ce que ça ne soit pas trop hermétique, genre "De quoi il parle ? C'est quoi ce délire ? C'est des vieux gars". Mais on ne va pas non plus aller à l'inverse, on ne va pas aller dans quelque chose qui est à la mode ou quelque chose qui existe depuis 5 ans, qui va disparaître...
M : C'est ce qu'on pourrait se dire par exemple pour Orelsan... Mais c'est aussi parce qu'on est fan en fait...
F : Moi, j'ai vu des commentaires qui disaient, "enfin bon là, vous avez je sais pas combien d'années de retard parce que là, votre Orelsan, c'est un flow de... il y a 10 ans... de Perdu d'avance". Je sais, mais en fait pour moi, on fait une espèce de mash-up. J'imagine un morceau idéal que j'aimerais entendre d'un Orelsan métallisé et du coup, ça va être un mélange. Et forcément, je vais prendre en compte les premiers albums parce que pour moi, ce sont des boucheries, les deux premiers, ça reste les meilleurs. Il y aura un côté un peu "La Terre est ronde" et dans certaines parties, ça va être plus un truc un peu à la Perdu d'avance. Parce que pour moi, ça traverse. Dire "vous n'êtes pas à la page" est une erreur, justement, j'ai pas envie d'être à la page parce qu'être à la page, t'es déjà niqué, parce que dans cinq ans, t'es plus là. Orelsan a suffisamment marqué sa génération, son époque, pour qu'on puisse le faire en se disant "c'est pas juste un effet de mode". Dans le rap, t'as des façons de chanter, t'as des flows qui sont "très 2010" et en 2011, c'est fini. Je considère que ce qu'il a fait, ça reste quand même dans le temps.

Il y a aussi beaucoup de références sur la pochette. Elle a été extrêmement scriptée ou l'artiste a eu le champ libre pour mettre des vannes ? Je pense aux soucoupes de Tikawa...
M : Tous les morceaux sont plus ou moins représentés sur la jaquette...

Oui, donc il avait beaucoup d'infos...
M : Ouais, à la base, c'est parti d'un dessin. On avait d'autres idées et celle de Manard était pas mal avec E.T.. Au bout d'un moment, on est parti sur ce délire vieux film catastrophe avec une rue au fond nous criant. Ces vieux films où tu vois les gens se barrer face à la menace qui est derrière eux.
F : L'idée était vraiment de faire une vieille affiche de film SF des années 50, donc ça c'est sûr que c'est pas moi qui allait le faire parce que mon talent de dessin est tout à fait limité (Fetus me montre son premier croquis).
Ok, la soucoupe est déjà là comme tous les petits détails en rapport avec l'album...
F : Les limites qu'on a posées sont conservées, le mec avait les éléments.
M : Il fait des affiches de film de genre à peu près dans le style qu'on voulait, en mode peinture / vieilles affiches.
F : Quand il nous a envoyé le premier jet, on a dit "c'est bon" ! On a détaillé sur quelques trucs, mais en fait il avait déjà tout fait et, franchement, c'était vraiment du gros patron ! Bravo à Greg Lé / Gengis Kahn.

Ultra Vomit Ultra Vomit J'ai la version digipak, il y a aussi un embossage du nom, vous avez sorti aussi une box avec des goodies. C'est important de vendre du physique ?
M : En tout cas, nous on aime bien avoir l'objet !
F : J'ai l'impression qu'on en vend pas mal, que les gens aiment bien avoir l'objet. Nous, on y est toujours attaché en tant que vieux mec ...
C'est plus perso que de dire "il faut quand même qu'on vende des disques parce que ça rapporte plus que le streaming...."
F : Franchement, je ne sais pas. Ce genre de considération... Ce qu'il faut faire pour vendre plus... Je ne sais pas, on n'est pas trop calé là-dessus, on laisse faire les pros. Fabien a vachement travaillé, il a fait énormément de visuels en partant des dessins qui étaient déjà faits, mais il a vachement bossé la-dessus aussi, ça rend bien !

On a pas mal de cinéma dans cette pochette et dans l'album, vous avez tous les mêmes goûts ou c'est Manar qui force des visionnages de rattrapage pour savoir de quoi ça parle ? Genre Plan 9 from outer space qui est un très vieux film de SF, ou Peut-être où vous piquez la réplique de Bacri. Tout le monde n'a pas forcément vu ces films-là...
F : Le premier que t'as dit, "Plan 9 from outer space", j'ai pas vu...
M : Je ne sais même pas si Manar connait ! C'est parti de "Maniac Cop", le "from outer space", il a été ajouté par l'un d'entre nous !
F : Je pense qu'il venait plus de "Killer klowns from outer space"...

L'origine, ça date des années 50 (vérification faite, c'est 1957), un des premiers films où il y a des soucoupes volantes, et ça s'appelle Plan 9 from outer space.
F : Tous ces films là, j'en ai vu très peu. Par contre, je serais chaud un jour de me faire un rattrapage.
M : Là il a ramené Tarantula ! dont on s'est vachement inspiré pour la pochette de l'album.
F : J'aimerais bien le voir. On a énormément de lacunes, par contre Manar il est spécialisé dans les vieux films d'horreur italien ...
M : Des fois très mauvais avec un rythme étonnant... très étonnant !

Il y a aussi références cinématographiques sur le clip de "Doigts de Metal" où il y a des Nazgûl ou Sauron, donc là c'est plus inspiration Peter Jackson ou Tolkien ?
M : Ah ! Moi, j'ai pas lu les bouquins. Je crois que toi non plus ? Par contre Manard et Flockos les ont lu, ils sont très très fans de l'univers. J'adore les films, c'est dans mes films préférés et on est tous là-dedans. C'est plus Peter Jackson de toute façon vu que c'est un clip vidéo et puis forcément on s'est inspirés de l'univers vidéo.
F : Moi, j'avais essayé de lire "La Communauté de l'Anneau" un jour.
M : J'ai essayé aussi.
F : Pendant les vacances, j'étais en fac de langue et je voulais me le fader en anglais. T'inquiète, j'ai lu 7 pages de la Comté, je l'ai reposé.
M : J'ai lu la moitié, c'est dur à lire. Heureusement, Peter Jackson a quand même fait une bonne adaptation qui est très accessible.

Est-ce que vous suivez les groupes français auxquels vous êtes parfois comparés ? Je pense à Princesses Leya ou Soviet Suprem qui vient de sortir un album.
F : Soviet Suprem, c'est un truc de fou. Je ne connais pas. C'est un peu un bug parce que je suis sûr que c'est un groupe qu'on trouverait intéressant. Je crois que les autres ne connaissent pas non plus, on ne s'est jamais croisé en concert, des fois ça aide aussi pour découvrir des groupes. J'en entends vachement parler, je vois des affiches, mais finalement je ne connais pas... même si c'est possible qu'on se soit croisés sur un festoche...
M : Princesses Leya, on a déjà tourné avec et on va refaire des dates avec eux et elle.
F : Honnêtement, quand tu m'as dit des groupes dans notre genre, je me suis dit qu'il n'y en a pas beaucoup. Princesses Leya, clairement tu peux les mettre parce que quand tu les vois sur scène, tu as des petites scénettes de théâtre, ça enchaîne avec des reprises en metal.
M : C'est plus théâtral que nous.
F : C'est des mecs, des purs comédiens. Il y a plus d'acting et de sketch. Je ne sais pas comment ça a évolué récemment, mais c'est aussi plus des reprises même si, nous aussi, on a un côté reprise. Il y a des moments où quand on fait un "Keken", c'est une reprise.
M : Ou même un "Calogira".
F : Quand on fait un "Calogira", c'est un autre délire car on mixe deux trucs. C'est un peu ce qu'ils font finalement.
M : Ça reste une reprise parce que les notes c'est du pur Calogero.
F : Par contre, quand on fait un "Kammthaar" ou un "Evier métal", on est plus dans un morceau à nous. Avec les codes d'un groupe ou de plusieurs...

Même question mais avec des groupes étrangers. Je ne sais pas si vous connaissez Mac Sabbath, des Américains, le clown de McDo sur du Black Sabbath...
M : On nous compare pas mal avec Nanowar Of Steel, les Italiens.
F : On a été pas mal rapprochés à Tenacious D.
M : Je trouve que ça ressemble pas trop. C'est pas tant parodique que ça. C'est humoristique.
F : Comédie musicale aussi. Princesses Leya doivent bien kiffer Tenacious D., ça raconte une histoire tout le long du truc. C'est un peu différent. Mais on nous compare dès qu'il y a un peu d'humour... Des fois on nous disait Steel Panther, mais pas trop.
Ils sont presque sérieux.
M : C'est ça, c'est premier degré !
F : Pareil pour Manowar, ils sont sérieux ou pas ? Il y a des moments où je me pose la question. C'est tellement kitsch que je ne sais plus si c'est sérieux ou pas. Il y a des groupes qu'on aime bien comme Crisix qui joue avec nous ce soir, au niveau de l'esprit, même si musicalement ça ne ressemble pas trop. Il y a un esprit assez coolos qui fait qu'on se rapproche. Il y a Mononc' Serge et Anonymus au Québec. Il y a vraiment des grosses similitudes. Quand tu écoutes "L'âge de bière", ça joue vraiment gros metal derrière. Mais le mec qui chante, il a un côté fun.

Renaud, Orelsan, Johnny, Bacri... On n'avait pas dit mollo sur les imitations ?
F : Mollo ! Je ne sais pas si on avait dit "Mollo sur les imitations".
M : Au contraire !
Est-ce qu'il y en a qui sont ratées et qui ne passent pas le cut ?
F : Non, il y a une fois je me suis autocensuré, c'est "Mouss de mass". C'est vrai que le moment où j'ai réalisé que...
M : Il est inimitable !
F : Je dis tout le temps que je suis "Mouss de mass". Je n'arrive pas à faire sa voix. Même si j'y arrivais, ça me fait un peu chier de dire ça en boucle. J'avais des doutes sur ce morceau jusqu'au bout. Le fait de le faire chanter, c'est l'inverse. C'est limite moi qui fait un feat. C'est lui qui chante. C'est un mindfuck, il a pris possession du truc !
M : Cette session avec Mouss en studio, c'était trop bien !
F : C'est un exemple. Si je l'imitais hyper bien, on me dirait de le faire. Il y a des trucs que je ne trouve pas super bien ou réussi sur l'album. Mais on s'en fout.

Vous avez 17 titres en 4 mois de studio. Il y a des chutes. Peut-être qu'elles sont drôles !
F : Il y a un morceau qu'on a censuré.
M : En effet, il y a eu 18 titres enregistrés en studio. En plus, il y en a eu d'autres avant. Des mini-ébauches qu'on a dû censurer car soit la vanne était trop beauf, soit on n'arrivait pas à trouver la bonne punchline ou de bons riffs. On en a eu une de censurée.
F : Pas vraiment censurée car c'est pas le bon mot. C'est une question d'équilibre. C'est un morceau qui se barrait légèrement en dessous de la ceinture. Sans évoquer le caca néanmoins ! Il y avait des histoires de parties génitales. Tu te dis "vas-y c'est bon, il y a ce qu'il faut"... Musicalement, c'était pas un morceau très metal. On s'est dit qu'on avait ce qu'il fallait.
M : Et aussi, on nous a dit "ça m'a même pas fait marrer". On a fait des écoutes avec des potes. Celle-là a passé un peu moins le test.
F : On l'adorait, c'était une des premières compos et on s'est résolu. C'était un peu un chouchou. On était un peu deg', mais c'était trop private joke donc pas de regrets, même si je l'adore quand même.

Quand on lui a pas demandé son avis sur Ultra Vomit, Guy Bedos a dit que "la vulgarité est une infirmité de l'âme". C'est pas un peu un connard ?
M : Une infirmité de l'âme ? Est-ce que c'est vulgaire ? Je suis pas sûr. Je dirais pas que c'est vulgaire.
C'est grossier ?
M : Ouais, c'est puéril. "J'ai pété", c'est pas vulgaire. "Anus" est un mot qui existe dans le dictionnaire.
F : Je ne connais pas trop la définition.
M : Il y a des "putain" sur l'album.
F : Guy Bedos, il peut pas me dire qu'il a pas fait de sketch sans dire "putain" ou "salope". Il a une définition bien précise en tête, il faut se mettre d'accord sur ce que c'est.
C'était juste pour avoir une citation de Guy Bedos pour remonter le niveau (rires). Pour le caca, on avait dit mollo, mais finalement il reste des traces. (rires)
F : C'est vrai, le morceau "Mollo sur le caca" est énorme. Ça part d'une démo qu'a fait Fabien Lefloch alias Flockos qui disait basiquement... "j'ai envie de chier", je ne vais m'étendre là-dessus, c'était vraiment très frontal. On a tout de suite trouvé ça très très nul. Sauf que la musique était incroyable, et elle l'est puisqu'elle est sur l'album. Bref, on a trouvé le morceau incroyable musicalement. On lui a dit d'envoyer l'instru, on s'est pris une gifle par la musique. Par contre, on trouvait les paroles très nulles, même si ça nous faisait marrer... forcément.
M : Mais en interne, on se dit que sur un album... C'était comme instantané : "Non, ça ne sera pas sur l'album".
F : Mais après, on s'est dit que c'était cool. Et là, on se retrouve dans une situation difficile, c'est "comment on sauve un bon truc ?". En général l'instru vient avec la phrase, avec un truc, quasiment tous les morceaux c'est ça. Et là, comment on fait ? Il y avait une punchline de Manard qui a dit en répétition "Mollo sur le caca".
M : C'était avant même, c'était bien avant. On s'était même dit que l'album aurait pu s'appeler "Mollo sur le caca".
F : Carrément, c'est un pur titre. À ce moment-là, on avait le titre du morceau et son instru... Quand il me l'a ramené, j'ai tout de suite entendu du Justine, son groupe de punk rock...
Surtout qu'il a fait "Mollo sur le rock'n'roll".
F : Lui disait qu'il voulait faire un truc à la Andrew WK et je lui disais que c'était du Justine. Pour moi, c'était du Justine. Mais du très bon. Mais lui n'avait pas du tout pensé à ça. J'imaginais Alex qui chante là-dessus et on a développé ce truc de "Mollo sur le caca". Ça donne ce morceau que j'aime bien parce qu'il a une histoire hyper spéciale par rapport aux autres.
M : Parce que ça parle de nous.
F : La plupart des gens vont écouter le truc et se dire que c'est un accident. C'est Accident n°7.

Ultra Vomit Ultra Vomit
Dans les parodies, il y a parfois des morceaux qui sont très proches des groupes parodiés. Je pense à "Tikawahukwa" qui fait très Sepultura. Vous n'avez pas peur qu'un avocat de Sepultura vienne porter plainte sans comprendre qu'il n'y a pas du plagiat mais une parodie ?
F : Je ne pense pas que ça puisse être un problème à ce niveau-là.
M : Je pense que ça a été vu avec le label.
F : J'avais plus peur sur le café, avec les marques...
M : Vu que t'en cites plusieurs, je crois que ça passe.
F : Pour Sepultura, même si c'est hyper proche, je pense que tu puisses gagner à un procès pour plagiat... D'autant plus quand la parodie, c'est un cas particulier. C'est pas comme si... Il y a un truc flou. La parodie, je pense que c'est méga flou. On a toujours été borderline, avec Ultra Vomit ou Andréas et Nicolas. On a quand même fait un album où c'est Mario, c'est Nintendo, on reprend tous les codes ! Quand on le fait, on croise les doigts pour pas qu'on vienne nous faire chier. Nintendo pourrait très bien dire "c'est quoi ça ?" et on n'a aucune excuse. Oui, c'est une parodie. Mais non, vous n'avez pas le droit. Pour l'instant, on n'a jamais eu de problème. C'est cool. À chaque fois, on se pose des questions. Sur cet album, il y a eu moins de sujets.
M : Sur l'album d'avant, il y avait "Calogira". Pour "Calogira", on ne touche pas de droits d'auteur. Le texte n'est pas de nous. Même la mélodie, c'est du note pour note, c'est une reprise.

Vous avez des retours sur des groupes non francophones ? Crisix, qui vous parle de vos morceaux sans forcément comprendre les paroles ?
F : Quand j'étais à Barcelone en vacances, j'ai parlé avec B.B., le guitariste de Crisix. C'est même lui qui a été un déclencheur pour qu'on choisisse "Doigts de metal" en clip. Il y avait plusieurs morceaux éligibles. Je lui ai fait écouter l'album. Dans la caisse, il a dit que c'était fou. Sans comprendre les paroles. Je lui ai expliqué le concept et il m'a dit c'est juste le morceau. Il m'a envoyé un vocal une semaine après en disant : « J'ai encore des souvenirs de l'album, c'est ce morceau qui me reste en tête ». Je me suis dit que c'était intéressant. Des fois, on est tellement plongé dedans qu'on ne sait plus ce qui marque les gens. Il y avait quelques indices qui montraient qu'il fallait faire ce morceau-là.
M : Le réalisateur aussi. Il nous a vraiment poussé à faire celui-là.
F : On a toujours des commentaires sur Youtube, des mecs qui disent "j'ai rien compris, mais je trouve ça trop cool" ou des trucs comme ça. Des fois, on voit des vidéos "Reacts" aussi.
M : Oui, j'en ai vu une en allemand justement pour "Doigts de metal" et j'ai rien compris à ce qu'il racontait, mais il avait l'air de se marrer pendant le clip. C'est ça qui est bien en fait, c'est aussi qu'on puisse capter l'état d'esprit du groupe, même sans comprendre les paroles. Quand on a des retours d'étrangers, enfin de non francophones en tout cas, souvent c'est positif.
F : Avec Mathieu, on aimerait faire des concerts à l'étranger, je ne sais pas où, au Brésil, n'importe où, t'auras quand même une communauté francophone qui vient te voir. C'est quelque chose que je voulais pas trop faire avant parce que je me disais "à quoi bon, ils comprendront pas les vannes..."
M : Tagada Jones, ils vont jouer au Japon ou en Russie, personne comprend. Les groupes anglais qui viennent en France, moi je capte rien et je kiffe quand même.
F : Je pense que jusqu'à l'époque Objectif : thunes, j'avais pas assez confiance dans le son, musicalement, je me disais que c'est solide, mais c'est surtout qu'il y a des vannes. C'est les deux en fait, c'est au même niveau. Alors qu'aujourd'hui, je pense que t'as des morceaux... genre "GPT (à l'instant)", si tu l'écoutes en chinois, c'est-à-dire que si tu comprends rien, tu vas juste te dire "ah putain ouais, c'est un gros morceau".

Vous avez un set très préparé, vous n'êtes pas un peu prisonnier du spectacle ? Vous ne changez pas la setlist d'un soir à l'autre ?
M : Non. Difficile. C'est pas comme les Red Hot Chili Peppers, là c'est figé.
F : Techniquement, avec la lumière et tout, ouais, difficile. Donc non, on ne change pas trop.
M : Après ça va forcément bouger, c'est la première date.
F : Ça va bouger mais "prisonnier", non. Franchement, je crois que je suis très rassuré aussi à l'idée qu'on ait un truc où tu sais où tu vas. Ouais, c'est ça.
M : C'est genre 90% écrit puis 10% d'impro.
F : Et cette impro-là qui arrive tous les soirs. La petite impro de la petite vanne de Manard machin, elle arrive aussi parce qu'on est suffisamment sur des rails. Moi, j'ai pas un bon souvenir des concerts où on y allait en mode "ah, on verra bien ce qu'on dit, on verra bien ce qu'on fait" et t'as pas de setlist. On a tout essayé mais franchement les concerts sans setlist, c'était une cata.
Vous serez en juin au Hellfest. Vous préparez déjà un truc particulier ?
M : Ah bon, on sera au Hellfest ?
F : Ça se pourrait. Ça se pourrait.
Si vous y êtes pas, il faut demander la démission de Ben Barbaud.
F : On y pense en tout cas. On y pense, ça reste en tête. Pour nous, le Hellfest 2019 était le plus gros concert qu'on ait jamais fait. Donc refaire la Mainstage... Je te dis ça, si ça se trouve, ça va être l'Altar.
M : L'Altar, ça m'étonnerait quand même. Warzone, pourquoi pas.
F : Ça va être un peu le highlight de la tournée, donc on y pense. On pense déjà à ce qu'on pourrait faire... Mais bon, c'est pas très précis encore. Là, il va y avoir tout le début de tournée, on va voir là où les gens sont les plus réceptifs sur les morceaux, des trucs comme ça.
La setlist va être plus courte...
F : Forcément. Mais ça va être bien.

Et ce sera aussi vos 25 ans.
F : Ça se pourrait, ouais.
Ah non, ça c'est sûr !
M : Ce sera mes 32 ans.
Donc, vous y pensez pas plus qu'aux 24 ou aux 23 ?
F : Moi, je suis pas trop un petit père anniversaire. Par exemple, déjà, c'est les 20 ans de Monsieur Patate. Ah ouais, cool cool... Enfin, c'est pas trop mon truc. Je suis plus saoulé par ça en général. Si tout le monde le fait, t'auras tous les mois un truc, les 10 ans de machin, l'album de machin, les 4 ans de machin... Tu peux célébrer tous les 5, tous les 10...
M : Et puis c'est un peu badant aussi, ça fait 20 ans que cet album est sorti.
F : C'est vrai que c'est dans ce sens-là, il y a un petit peu de ça aussi. Ceci dit, je ne suis pas contre faire des trucs comme ça, mais c'est pas mon délire. Même personnellement, fêter les anniversaires... Là, je te dis ça mais si ça se trouve, on fera quand même un truc !

Merci aux Ultra Vomit et à leur équipe, merci aussi au CCGP ainsi qu'à Hugo et Sabrina chez Verycords.
Photos : Oli

Publié dans le Mag #62

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