Tronckh - Freak and hell Depuis 2002 et L'empire contre un packh, Tronckh a gardé la même ligne de conduite : foutre le bordel, transformer les salles de concerts en déglingue-land et tout faire soi-même puisque de toute façon, y'a personne qu'à les couilles de le faire à leur place. Mais si le premier opus sonnait un peu pauvre en terme de son et d'image, à la limite du plan photocopie pour la pochette, avec Freak and hell, les Boulonnais ont mis les petits plats dans les grands, sont passés du hot-dog à l'américain fricandelle (ou fricadelle selon les dialectes) avec au choix pour les sauces : mayo (classique), piccalilli (so british), ketchup (pas mal pour la "speciale" avec oignons) ou poivre (pour pimenter le tout) mais sans l'option samouraï (ma préférée). Les non habitués des baraques à frites ch'tis sont un peu perdus mais il faut bien comprendre que les Tronckh n'en ont pas grand chose à foutre d'un monstre et de l'enfer.
Rassurez-vous, le déglingo-core n'est pas en langue locale (encore que, quelques termes et un peu de patois se glissent deci delà) et peut convenir à tout le monde, même les nons francophones qui se feront bousculer par les riffs et les rythmes qui sont plus proches de Psykup que de Dany Boon, une fusion métallique délirante mais sacrément bien charpentée même si on ne sait pas forcément comment ils arrivent à faire et de toute façon, la Freak and hell, y'a personne qui dira comment c'est fait, c'est un secret. Je vais trahir un peu de ce secret en disant tout de même quelques mots sur quelques titres de la rondelle, mes préférés sont les chansons à textes (plus que les parodies de chant corse ou les ambiances de rade) qui jouent sur les mots ("La débrandade", "Casus belli (Country from hell)"), dénoncent dans la bonne humeur ("Evangelista", "JT2J2P") voire font les deux en même temps (quasi tous mais surtout "Homo speculos (Ze monchaux song)"). Une des réussites les plus sympathiques, c'est "TRoNcKHy", essaye donc de retrouver les noms de groupes cités dans les paroles (et à l'écrit c'est pas forcément plus facile qu'à l'oreille) : T'as pas mis tes habits au hasard, t'as sorti ta panoplie, tu donnes cette image de mec qui s'sappe en Gucci (...) Fiche bonne impression ici, même ce pull tuera ta chance de t'faire des amis... (et ce n'est qu'un extrait, le titre en entier est sur Myspace/Tronckh). Y'a de la déconne mais y'a aussi du boulot et le tout passe aussi facilement dans les oreilles qu'une Goudale dans le gosier !
Digipak, concept, qualité de son et d'écriture, les Tronckh peuvent être fiers de leur Freak and hell, avec un album pareil, ils jouent enfin en Ligue 1, il ne tient qu'à toi de les laisser à ce niveau en te bougeant pour aller les voir et leur passer une commande ! Bon appétit.