L'assaut Coriace 2006, c'est Tripod, Fis(ch)er, Eths, Babylon Pression, ça va envoyer du grain, vous le sentez comment ? Pas trop d'appréhension avant les hostilités ?
Non, pas d'appréhension, on va s'éclater et en profiter un maximum pour ça il faut bien se préparer. Explication de la préparation : bien préparer son foie préalablement au bar, ses poumons (tu m'as compris), sa nuque pour le headbanging et le reste on verra sur place.

Il y a eu des changements de line-up au sein de Tripod, comment s'est fait le changement et qui sont ce nouveau guitariste et ce nouveau batteur ?
A la batterie nous avons David âgé de 23 ans il est aussi DJ dans un bar à ses heures perdues, et puis à la guitare il y a Neze un ami de longue date que je n'avais pas vu depuis longtemps et à ma grande surprise, il a accepté notre proposition en tant que guitariste. Ils se sont adaptés à notre musique et ont su relever le challenge assez rapidement aussi bien que dans la composition, que sur scène, c'est vraiment un bonheur de faire de la musique avec ces gars là.

Tripod : Déviances Comment s'est passé l'enregistrement de Déviances ?
Eh bien, nous sommes arrivés au studio Praxis chez Monsieur Shain Raffati (Lofofora, Eths, Babylon Pression) dans la chaleur de l'été. Puis, on s'est installé en condition répèt', tous dans la même pièce, le temps de régler le son, positionner les micros et tout le tralala afin d'enregistrer en live : c'est-à-dire tout le monde en même temps sauf le chant bien sûr. On voulait procéder comme ça afin de garder l'énergie que l'on avait sur scène et de mettre un maximum de ressenti dans notre musique.

Il y a un gros changement entre Data error et Déviances, au niveau du son, des compos et du groove. A quoi attribuer ce nouveau dynamisme ?
Nouveau guitariste, nouveau batteur, producteur différent, plus de maturité ou juste une évolution naturelle ?

Je pense qu'il y a un peu de tout ce que tu dis : forcément, ce ne sont pas les mêmes personnes, donc des influences différentes, des personnalités différentes, une autre vision, mais Olivier et David ont su garder l'esprit tordu du groupe. Ils ont créé une nouvelle dynamique sur laquelle on a pu glisser et prendre au passage ce qui nous intéressait, comme une autre appréhension du son de guitare en travaillant avec des luthiers expérimentés (lkv). On a essayé de garder le même esprit tout au long de l'album, d'avoir la même énergie à chaque prise. C'est sur que Data error n'a pas du tout le même délire que Déviances mais c'est comme ça, on avait peut être pas la même chose en tête à ce moment-là. Et puis je pense que c'est important d'évoluer à chaque album, la volonté aussi de ne pas présenter la même chose à chaque fois.

Déviances est plus noir, plus brutal, plus compact, le tout avec un son plus brut, comment s'est passé l'enregistrement ? Et comment avez-vous composé les titres ?
En fait, on ne s'est pas mis de barrière, on a composé naturellement comme ça venait. Tout ça apporte de la spontanéité et si cet album est plus noir, c'est que l'on était aussi dans cet état d'esprit. Une volonté de cracher sur la société bien pensante que l'on nous propose de bouffer, de regarder ou d'entendre.

Tripod à Oullins (Dèc 2005) Tripod à Oullins (Dèc 2005) Les opinions s'accordent pour dire que c'est le retour de Tripod, après un Data error qui a eu un accueil un peu mitigé, vous en pensez quoi de tout ça ?
Je vous rassure on n'était pas parti. Je sais qu'avec Data error, on n'est jamais passé en boucle sur une radio connue pour être commerciale et quelque part, tant mieux. Je ne dis pas que Data error est commercial, mais il est différent de Lèche, ce dernier est différent de Déviances. Mais on retrouve quand même des similitudes quant aux façons de faire qui nous sont propres. Data error est plus facile d'accès, mais pas assez pour des radios qui se disent rock. Pour finir, on veut dire quoi ? Soit tu prends notre musique comme elle est, soit tu la laisses, je ne t'en voudrais pas. Pour moi une critique de disque reflète l'avis d'une seule personne et pas la majorité du publique. Ah !!! Les goûts et les couleurs.

Avec le recul, que représente Data error pour vous ?
C'était une expérience qui nous a beaucoup appris sur ce qu'on voulait et ce qu'on ne voulait pas. Cet album fait partie intégrante de l'histoire du groupe et pas mal de gens nous attendaient au tournant, certains nous ont craché dessus, d'autres non au contraire, on était surpris.

Déviances est un album un peu plus sombre, d'ou vous vient l'inspiration pour les textes ?
La religion, le mépris de l'autre, le choix, le sexe, le vice, la connerie humaine. Voilà à peu près les grandes lignes de l'album. C'est vrai que l'on a poussé un peu plus le bouchon dans le cynisme, mais ça nous plaît, on se sent bien dans des sujets comme ça et surtout c'est une source d'inspiration inépuisable.

Le projet de loi récent sur les droits d'auteurs dans la société de l'information a fait grand bruit à travers les médias, parfois à tort et à raison... Alors, doit-on empêcher un auditeur de lire un titre dans sa voiture ou de le copier sur ces compilations ? Ne pensez-vous pas qu'un monopole d'une société comme Virgin ou Microsoft sur les mécanismes de protections puisse être dommageable à tout le monde, artistes et auditeurs ?
Je pense que rien ne change c'est le même discours qu'il y a eu pour la cassette puis pour le CD audio. Tout ça m'a permis de construire ma culture musicale et continue à le faire. Le problème qu'il y a, c'est que les grosses majors veulent continuer à se gaver ainsi que les gros actionnaires de la SACEM. Des solutions, il y en a plein. Notamment sur le prix d'un disque, il faut savoir que la TVA pour la culture est à 5,5 à part pour les disques (où elle est à 19,6) ; en baissant la TVA, on pourrait réinstaurer une mentalité auprès du consommateur et l'artiste pourrait faire beaucoup plus de chose. Pour notre part nous sommes tous inscrits à la SACEM et ce n'est pas ça qui nous fait vivre mais plutôt les concerts. Alors venez nombreux, c'est vous qui nous faites vivre, c'est vous qui parlez de nous, c'est vous qui fouillez sur le net pour en savoir plus sur nous. Tout ça peut faire connaître un groupe à l'autre bout de la Terre sans que celui-ci fasse un concert et ça c'est cool !!!

Finalement, Marseille c'est une terre de rock'n'roll ou pas ?
Oui, de part déjà la mentalité très festive et dure à la fois. Pour la plupart des groupes, Marseille est une date "test" pour eux, soit le publique t'adore et te porte au dessus de tout, soit il t'ignore et te rejette complètement. Au niveau scène musicale : le hardcore, l'émocore et le métal domine avec des labels comme CustomCore Records, d'ailleurs je les salue et longue vie à eux ainsi qu'à la scène marseillaise et ses activistes.