Octavia sperati : Bass Player Octavia sperati : Bass Player Soirée à caractère hautement spécifique ce soir à l'Underworld (Londres), trois groupes de métal, trois groupes avec une chanteuse... Bref, une bonne soirée en perspective pour les afficionados du style "métal-avec-chanteuse". Reste à savoir pourquoi la catégorie "métal-avec-chanteur" n'existe pas, un avant-goût de la normalité ? La parité dans le rock et le métal serait-elle à revoir ?
Adastreia essaye de commencer son set, mais se heurte à des problèmes de guitares dès le début, le groupe va donc passer quinze minutes à tenter de réparer une guitare, pour finalement emprunter une guitare au guitariste de To-Mera. C'est jouer de malchance devant un public qui lui était déjà acquis. Adastreia joue sans doute une dernière fois à l'Underworld avant de se séparer de son clavier repartant pour l'Australie au mois de décembre. Des bons titres, une solide rythmique, un clavier qui ajoute à l'atmosphère de façon légère et réfléchie, Adastreia reste cependant dans son segment assez étroit avec une chanteuse qui ne fait que du chant lyrique, c'est sympa pendant deux chansons mais manque un peu de renouvellement...
Octavia Sperati change de cap et apporte une bonne dose de rock'n'roll dans ce capharnaüm à tendance gothique, leur nouvel album Grace submerged se trouve bien acceuilli, leur set-list alternant les titres des deux albums : "Going north", "Icebound", "Moonlit", "Hunting eye", "Guilty am I", "Soundless", "...And then the world froze", "Winter enclosure", "Lifeline of depths". To-Mera : Underworld 2007 To-Mera : Underworld 2007 Silje n'enflamme pas pour autant les foules et éprouve même du mal à placer sa voix sur le début de "Moonlit", mais le reste du groupe s'implique à fond dans des titres à tendance magmatique, une clavieriste cachée derrière le pillier (qui reste la place privilégiée des claviers pour une inexplicable raison...), pourtant supportant le chant de Silje avec harmonie, une bassiste qui fait corps avec sa basse, -Hello Camden-, le groupe aura un peu de mal à bouger les snobs londoniens, mais donne sa ration d'énergie aux fans venus pour leur show dans la capitale. Le batteur, seul membre du sexe opposé dans Octavia Sperati, s'il n'a pas forcément une position dominante dans le tour-bus, se comporte en maître sur son trône, assis derrière toms et fûts qu'il matraque avec joie et efficacité, la solide assise rythmique qu'il donne au groupe s'en ressent sur les compos.
Dernier coup de barre pour la soirée, To-Mera devrait donner deux trois leçons de son jazz-métal pour les petits émos kids qui se propagent comme du chien-dent en ce moment. Enregistrer Transcendental en studio c'est plutôt facile, en restituer la substance en live, c'est une tout autre histoire, To-Mera se livre efffectivement tout en live, métal technique, sans pour autant aligner des lignes insipides de shredder, le groupe est mené de front par sa charismatique chanteuse, et soutenu par un guitariste et un clavier qui se tirent la bourre et se baladent à l'aise sur leurs partitions chargées. Un guitariste plutôt enjoué, une grimace par riff, un bassiste solide, un peu submergé par le reste du groupe, mais qui arrive quand même à sortir des riffs excellents de manière discrète, une chanteuse calme même quand elle chante, un clavier qui joue des parties aux antipodes de son image, To-Mera donne une impression assez disparate, mais le résultat sonore produit est sans conteste excellent. Profusions d'idées, le tout un peu difficile à digérer par moment, le résultat live est un maëlström sonique sans répit, qui laisse difficilement indifférent. To-Mera fait trembler les murs de l'Underworld, execute non pas à la perfection mais avec énergie une bonne partie des titres de Transcendental, se livre à une improvisation jazz effrénée accompagnée d'un saxophone, et se paye même le luxe de jouer un titre de son prochain album qui s'annonce d'une bonne cuvée.