To Kill - Antarctica To Kill n'est plus. La formule est lapidaire, concise mais d'actualité, le groupe s'étant sabordé il y a peu, non sans avoir auparavant laissé en guise d'épitaphe un ultime témoignage discographique : Antarctica, faisant suite au chirurgical et implacable When blood turns into stone.

Un artwork en phase avec le titre de l'album, un "I" inaugural tout en atmosphères ambient rock pour intro, puis le début de l'épreuve de force avec un iceberg punk hardcore metal qui nous arrive en pleine tronche sans prévenir. Une véritable tornade HxC, des riffs balancés à la volée, des breaks de fous furieux et des variations de rythmes, soutenues et démentes, "The flight of the locust" envoie le gros son tartiner les enceintes et nos tympans avec. Ceux-ci une fois bien amochés vont alors subir un traitement de choc administré avec un soin tout particulier par un groupe qui n'a plus grand chose à prouver. Et qui peut donc se lâcher sur "Clouds" puis "Paralysis". Verdict : ça gueule, ça démembre à tout va et ça joue de la double pédale jusqu'à plus soif quand ça ne martèle pas du riff qui tronçonne ("Legacy"). Conclusion : To Kill, on va la faire histoire d'être débarrassé, dans le genre grosse tuerie, ça se pose là.

"Witness" s'avance puis "Timeless", les Italiens enchaînent parfaitement, encastrant des plans bien techniques dans un mur de décibels concassant tympans, neurones et cordes de gratte dans un même élan de fureur. Un petit "II" pour respirer avant de repartir à l'abordage et voici que s'annoncent l'éponyme "Antarctica" et ses mélodies en chant éclairci (une réussite), "Sundown" avec une terrible envie d'en découdre et "Sparks" saisissant de férocité punk hardcore. Viril et surpuissant, le groupe s'est mis en quatre pour proposer ce qu'il savait faire de mieux, la rage au "core" et une sacrée efficacité au rayon castagne auditive à faire valoir. 30 minutes et quelques d'une grosse session de matraquage des cervicales plus tard puis un "III" en guisant d'outro ambiancée et To Kill peut refermer l'ultime chapitre de son oeuvre en ayant l'assurance du devoir accompli... Dévastateur.