Tides from Nebula - Eternal movement Petit règlement de compte entre gens de bonne compagnie : si les chargés de promo francophones faisaient correctement leur boulot, on n'aurait pas attendu quatre ans et demi avant de reparler de Tides from Nebula après que les Polonais aient sorti le très recommandable Aura en 2009. Et pour cause, ils ont également livré un certain Earthshine deux ans plus tard sauf qu'un génie de la comm° a du penser qu'un groupe de post-metal d'Europe de l'Est n'avait pas besoin de visibilité. En même temps, si ces gens-là savaient faire leur boulot, le marché irait aussi un petit peu moins mal. Voilà c'est dit : on passe à la suite.

Eternal movement, troisième album long-format de Tides from Nebula, démarre sur les chapeaux de roue avec un "Laughter of Gods" tout feu tout flamme qui met quelques minutes avant de rentrer "dans le rang", pour sillonner des territoires post-rock instrumentaux avec une élégance mélodique joliment stylisée. Ce, même si certaines ficelles sont dès le départ un peu grosses avec un résultat parfois un tantinet pompeux dès lors que le groupe s'engage dans des crescendo escarpés. Cela étant, TFN parvient toutefois à imposer sa griffe sur un "Only with presence" lumineux en délivrant un cocktail (super)sonique à la dynamique enfiévrée. Une rythmique toujours soutenue, qui caractérise en partie l'album et lui donne aussi toute sa saveur. Mais pas uniquement car même si on pourra reprocher aux Polonais de célébrer la mélodie sucrée jusqu'à l'extrême avec ce nouvel opus (en témoigne notamment "Satori"), force est de reconnaître que le résultat est d'une jolie habileté.

Que ce soit sur "Emptiness of yours and mine" ou "Hollow lights", les Tides from Nebula oublient volontairement de déroger aux codes d'un post-rock empreint de classicisme extrême, à tel point qu'il en dilue quelque peu la personnalité du groupe. Même si encore une fois, la forme est toujours aussi ravissante et les quelques climax mélodiques qui parsèment l'album, d'une belle intensité. Mais dans ce registre-là, il y a actuellement beaucoup trop de talent de part et d'autre de l'Atlantique pour que les Européens marquent durablement les esprits avec Eternal movement ("Now run", "Let it out, let it flow, let it fly"). Quand bien même le "Up from Eden" refermant cet Eternal movement se révèle être une bien jolie conclusion empreinte de poésie atmosphérique furtivement psychée.