Textures live Textures live À peine arrivé sur site que la discussion s'engage avec Remko, nouveau bassiste de la formation depuis un peu plus d'un an, et Richard, qui prêche le dieu du métal technique derrière ses claviers. Et voilà que les deux musiciens se prêtent au jeu, abordant avec humour l'enregistrement de leur dernier album ou encore ce que Gojira réserve pour son nouvel album.
Quelques bribes de son de M.A.N parviennent jusqu'à l'extérieur, du metalcore suédois bien ficelé. La salle de concert du Garage prodigue un son de qualité au groupe, qui finit son show sur une reprise de Sepultura où le public, bien que peu nombreux, reprend en chœur "Roots bloody roots". L'endroit parle de lui-même, entre effluves de bière et bande son sacrément énervée. En l'occurrence le changement de plateau se fait au son du black métal local.
Textures arrive enfin sur scène, tout en simplicité, entamant les hostilités avec "One eye for a thousand". Le son est d'une surprenante qualité et le public a pris en volume, bien que ce soit la première du groupe en Norvège. Le quintet développe une énergie foudroyante, headbangant avec générosité. L'efficacité est totale, les riffs assassins du dernier album font leur office à merveille, à l'image d'un "Storm warming" qui annonce la tempête. Les individualités sont mises de côté et les néerlandais montrent une complicité à rude épreuve, échangeant des regards amusés. Le groupe est content d'être là et le fait savoir : Eric harangue le public en permanence, alors que les deux guitaristes ne lâchent leur sourire que pour bouger d'autant plus. D'une incroyable fraîcheur, le groupe se joue de la complexité de sa musique pour en donner une expression brute et directe, sans concession. "Transgression", "State of desobedience" ainsi que "The sun's architect" font la preuve en live que les 5 musiciens sont d'une précision et d'une technicité à toute épreuve. L'interprétation des titres est parfaite : pas de fausse note, un chant plus qu'à la hauteur et un claviériste clairement habité par le malin. Réactif comme jamais, le public en redemande mais doit se contenter d'un "Regenesis" surpuissant pour conclure une heure de show intense. D'une étonnante simplicité, le groupe quitte la scène conscient d'avoir marqué les esprits. En tout cas le groupe semble apprécier les petits club à l'image du Garage, et le public le lui a bien rendu.