Metal Métal > Tankrust : Chronique LP

Shrike

tankrust shrike Je me défends un peu en anglais, mais je n'arrivais pas à trouver de sens au mot "Shrike". Est-ce une invention, une sorte d'hybride entre "shrink" et "strike" ? Histoire d'en avoir le cœur net, je lance mon moteur de recherches qui me répond "Laniidae" et me renvoie sur une page sur cette famille d'oiseaux, WordReference me traduit le terme en "Pie-grièche" et me voilà à découvrir ce volatile passionnant (par contre rien sur "shreak", mot du texte de la compo éponyme). Désolé pour le passage ornithologique à venir, mais ça change de mes habituelles tirades sur la géo ou l'histoire (j'aurais pu évoquer ce masque certainement précolombien et te bassiner avec le sens de l'artwork, mais je laisse ça à ton temps libre !), si ça te saoule, passe direct au paragraphe suivant. Les pies-grièches (c'est une famille qui regroupe plusieurs types d'oiseaux) ressemblent à des moineaux qui auraient des longues queues et un plumage bien plus stylé, certains ont même une sorte de peinture de guerre autour des yeux, classe ! Faut dire que c'est pas un oiseau qui plaisante, il est capable de chasser des petits rongeurs et pour les déguster tranquillou un peu plus tard, il les empale ! Doué d'une patience de dingue, il est aussi fin stratège, réfléchit à ses attaques et particulièrement méthodique. Une véritable machine de guerre alors qu'il ne pèse que quelques grammes... Ultra stylé mais au mode de survie plutôt sauvage et démonstratif, on comprend que les "Shrike" soient associés à l'univers métallique de Tankrust que je remercie car je suis désormais un peu moins ignare question zoologie.

Bien évidemment, on peut coller au groupe bon nombre de qualificatifs utilisés pour le passereau : méthodique, brutal, précis, redoutable avec des atours aussi charmants que vindicatifs. Parce que si on continue de se prendre d'énormes passages black dans la tronche (rien que l'intro de "Brute force" en calmera plus d'un, au passage, le titre est un régal pour les gamers fans de FPS), le combo sait aussi jouer avec plus de mesure, ralentissant les rythmes et éclaircissant le chant pour côtoyer des univers plus thrash, core ou death (j'aime beaucoup "Don't be shy" et son passage avec la voix presque claire, mais aussi les breaks de "Father blood"). Quelque soit l'influence, c'est constamment un rouleau compresseur qui nous fonce dessus et ne lâchera rien... "Until the last one standing". Et si tu attends "ASMR" en espérant souffler et ne plus subir les incessantes attaques d'un chant souvent hurlé, c'est raté, leur ode au silence passe, encore, par des riffs incisifs, des vocaux screamo et une rythmique épidermique. Homogène et massif, l'opus n'est pas évident à digérer en une fois, mais c'est aussi ça qui est bon ! Drapeau rouge ! Pas de putain de prisonnier ! Et pas forcément beaucoup d'optimisme non plus...

Alors, vas-tu essayer d'observer des pies-grièches écorcheurs, l'espèce la plus répandue par chez nous ? Elle passera peut-être près de chez toi plus vite que Tankrust, mais ce serait dommage de rater un tel exemple de sauvagerie nécessaire...

Publié dans le Mag #71

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