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Sunstare / Chronique LP > Eroded

Sunstare - Eroded Entre pesanteur et saturation, le doom/sludge à voix growlée/éraillée de Sunstare se pare de quelques luminosités étincelantes qui donnent du relief et un côté post HxC à certaines compositions, ce qui n'est pas pour me déplaire... Avec la première partie de "Monolith", on entre doucement mais sûrement dans le sujet, cette introduction pose des fondations en béton à une heure de musique souvent lancinante, parfois tranchante, toujours excellente car les Lillois ont beau jouer sur un registre bien particulier, ils savent se mettre en évidence et évitent les comparaisons évidentes avec des comparses plus renommés, de toute façon, quel intérêt pour un fan de faire un Neurosis bis ? Les accalmies apportent un contre-poids qui donne toute sa saveur à l'ensemble même si sur quelques-unes de ces parties, le chant (qui pourrait être plus souvent clair comme ces petites phrases à la fin de la deuxième partie de "Monolith" ou le spoken word de "For we are all alone on a mass grave") est peut-être de trop. Si le choc entre les deux aspects de leur musique, les breaks et les enchaînements offrent de bons moments d'excitations, les longueurs peuvent aussi se savourer, les riffs qui recouvrent méthodiquement et progressivement les rythmiques permettent de fermer les yeux et de se laisser emporter dans les tréfonds en toute confiance. Tant pis pour nous si une fois arrivés dans les limbes, on se fait déchiqueter la tronche. Ajoute au tableau quelques morceaux de bravoure faits d'attaques au marteau pilon (comment je kiffe "Requiem for the sky" !) et tu n'auras qu'une petite idée de l'étendue des talents de Sunstare...

Sunstare / Chronique LP > Sun stare

"Their voices are free, free from the sun stare, free from the noise of lost souls...", ce sont ces lignes de Neurosis ("The tide") qui ont donné à un combo lillois l'idée de s'appeler Sunstare, difficilement transférable en français car le soleil n'a pas l'habitude de nous fixer, le mot sonne, le mot est quelque peu mystérieux et convient bien à ces êtres qui préfèrent échapper à notre étoile pour se tapir dans l'ombre. Réunis dans ce projet commun en 2013, Peb (chanteur), Tom (bassiste), Antoine (batteur) et Vince (guitariste) appuient là où ça fait mal mais le font lentement histoire de profiter davantage des sensations... Après un premier opus, Under the eye of Utu (2015), les gars enregistrent au Lockgroove Studio (où sont passés Bison Bisou ou Ed Wood Jr) et font confiance à Magnus Lindberg (Cult of Luna) pour le mastering et nous délivrent Eroded, un album aux titres aussi longs qu'évocateurs ("For we are all alone on a mass grave", "10 000 days of night"...) et au digipak remarquable.