Sunstare - Ziusudra J'adore les groupes qui, au-delà de leur musique, apportent une ouverture sur d'autres cultures, et même si tu peux profiter de ce nouvel album de Sunstare uniquement pour ce qu'il est (une excellente suite d'Eroded), tu peux aussi ouvrir la porte "Ziusudra" et apprendre. Quelques petites recherches t'amèneront à découvrir des mythes et des histoires aussi passionnantes que mystérieuses car bien plus anciennes que l'Histoire. Ainsi Ziusudra serait le dernier roi de Sumer (un royaume du Croissant Fertile où se sont construites les premières civilisations sédentaires), le dernier avant le Déluge et celui qui aurait construit une arche pour sauver des animaux, une bonne action qui l'amène à l'immortalité, une belle histoire reprise par d'autres cultures qui ont donné un autre nom, bien plus connu, à ce personnage. Chacun des nouveaux morceaux porte un titre évocateur de cette époque de la protohistoire, les amateurs se plongeront dans ce monde avec ses divinités, ses croyances, ses différences sociales... Les autres resteront en surface pour se faire défoncer par des riffs bien lourds (raaaah cette intro de "Uru"), ressentir toute la pesanteur rythmique ("Abgal"), se faire autant caresser par la musicalité ("Ziusudra") que laminer par le chant (souvent rocailleux, parfois très -trop- growlé comme sur "Ganzer", l'Enfer pour les Sumériens).

Sunstare est aussi à l'aise pour nous foutre au fin fond d'une caverne qu'en pleine lumière et n'hésite pas à nous trinqueballer d'une ambiance à l'autre et mis à part les passages chantés les plus lourds (plus fréquents sur la fin de l'album), je me plais partout, la beauté des moments clairs étant exacerbée par l'agressivité qui les avoisine.