Stuntman | Chère Catastrophe [Split] Stuntman vs Chère Catastrophe, un split vinyl 10', qui sent le souffre et les riffs joyeusement concassés dans les amplis entre deux groupes qui pratiquent l'équarrissage de tympans comme on en trouve rarement dans l'hexagone. Les sudistes de Stuntman enclenchent les hostilités et même pas le temps de prendre son souffle que c'est déjà la guerre dans les enceintes ("Versatile"). Une recette simple : ça gueule, ça braille, ça met les riffs d'abord et ça pose les questions après. Les guitares s'étripent devant nos yeux, le groupe mord dans ses compos comme un affamé et le résultat est aussi incendiaire que sulfurique ("Silk road seizure"). Pour faire court, on en prend plein les esgourdes. Troisième et dernier titre pour les Stuntman que l'on connaissaient bruyants (cf : l'album Signed in blood), et qui démontrent qu'ils n'ont absolument rien perdu de leur verve hardcore corrosive. "Draw the portrait" vient achever les derniers survivants... au rouleau-compresseur. Les zikos envoient la tripaille pendant que l'aboyeur placé au micro vocifère à pleins poumons et que l'auditeur, de son côté, fait ce qu'il peut pour encaisser tant bien que mal les décharges de haines bien cinglantes balancées par le groupe. Que cela soit dit : Stuntman, ça rend sourd.
Place à Chère Catastrophe et à six titres (contre trois) ramassés en une petite dizaine de minutes. Autant dire que les Normands ne sont pas vraiment là pour lambiner en chemin. Leur rayon, c'est le post-HxC/thrash'n'roll super-noïsique (comment ça, ça veut rien dire ?) avec double pédale intégrée et groove à tendance "stoner des familles" qui déchire tout. Et là c'est assez simple, il suffit d'un titre et d'un seul pour mettre tout le monde d'accord. "Light the hit" fait en effet de sacrés dégâts dans la tuyauterie et déballe le matos sans prévenir avant d'enfoncer ses riffs dans la tête de l'auditeur à coup de six-cordes abrasives et de batterie kalachnikov. Mais histoire d'être vraiment sûr, les Chère Catastrophe vont quand même en balancer quelques-uns de plus dans les conduits. Guitares volubiles, section rythmique qui emballe le tout d'une main de fer ("Short rock", "Mustang deluxe"), gros son, grosse caisse et puissance de feu à la Keelhaul, pas de doute, ça ne rigole pas, les Normands ne font pas semblant et rentrent à chaque fois dans le lard. Deux derniers titres voraces et hi-energy pour conclure "#1" puis "Drakkar", et voici que le groupe fait une entrée forcément remarquée dans la catégorie des groupes à suivre de près par le renard des sables.