Spineshank - Anger denial acceptance 13 titres et rien qui ne sorte vraiment du lot mais alors rien du tout. Ou si peu si on est gentils. Pas grand chose de réellement mauvais non plus, juste un encéphalogramme créatif quasi désespérément plat (pour ceux qui espéraient quelque chose de Spineshank en 2012 s'entend). Le retour discographique des américains quasi une décennie après Self-destructive pattern n'est pas le four interplanétaire redouté, mais ne casse pas non plus des briques (et n'annonce certainement pas plus un gros score dans les charts, même si on peut se tromper...). Alors bien sûr il y a "Nothing left for me" qui peut à la limite passer pour un single pas trop mal troussé, la virulence épisodique de "Murder suicide", la frénésie hardcore punk ponctuelle de "I am damage" ou la tentative de revival neo-metal sur "Everything everyone everywhere ends", mais au final, ça donne un résultat syndical tout juste convenable.
Pour un disque sans âme mais qui essaie parfois de laisser transpirer une envie d'en découdre, on se dit "pourquoi pas" dans l'absolu, mais quand on repense à ce dont le groupe était parfois capable par le passé, à l'époque de The height of callousness, on dégaine fatalement le laconique "c'était mieux avant". Parce que sur le reste, les "Anger denial acceptance" éponyme et/ou "I want you to know", "The endless disconnect" et autres "The reckoning" plus que poussifs, l'ensemble sonne redoutablement aseptisé. Pourtant, écoute après écoute (bon pas 36 non plus parce qu'il ne faut pas exagérer non plus), on se dit quand même que l'attaque de l'album, avec "After the end" n'était pas si mal, une bonne charge faute de mieux pour se mettre bien d'équerre, là encore, on peu prendre en étant indulgent. Ne serait-ce que pour le défouraillage métallique proposé par un groupe qui n'a de toutes les façons plus rien d'autre à dire depuis donc quasi dix ans. On appelle ça une reformation (et un album) opportunistes.