Soulfly Bataclan Fev-2009 Soulfly Bataclan Fev-2009 Aux premiers abords, toutes les générations de fans des groupes dans lesquels Max a joué sont présents. On y aperçoit du quadragénaire, du bambin en passant par la tranche intermédiaire, avec des t-shirts des formations concernées. Aucun doute ne me traverse l'esprit : ce soir, c'est bien le "militaire dreadlocké" qui jouera le rôle principal. En attendant, c'est Incite, un groupe de l'Arizona (dont le chanteur est Ritchie Cavalera, beau-fils de Max) qui débarque sur scène avec une certaine motivation. Ça donne dans du gros métal qui arrache une boule. Le chanteur déverse sa rage au micro sur des gros riffs incisifs, une basse qui se pose sur les kicks de la batterie comme il se doit. Une recette qui fonctionne pour chauffer le public, mais qui s'essouffle très vite tellement les gars de Phoenix manquent d'originalité. Bref, c'est bien fait mais c'est pas top. Et puis, comme il est dit plus haut, le public attend impatiemment la Tribe, preuve en est lorsque le blondinet d'Incite remercie Soulfly de les avoir invité à jouer sur leur tournée.

Les lumières tombent et l'intro de "Blood fire war hate", la première chanson de Conquer, se met en place. Max arrive sur scène, cagoule sur la tête et habillé, comme à l'accoutumée, d'un treillis de l'US Army. Le brésilien est fougueux, a de l'entrain et cela fait plaisir au public, qui reçoit régulièrement des jets d'eau et des bouteilles de la part du frontman. D'ailleurs, c'est cette même eau que je reçois sur et à l'intérieur de mon objectif. Plus de peur que de mal (pauvre petit que je suis) ! Ce soir, on a droit à une set-list plutôt homogène en terme de choix des albums et des "reprises". Oui, j'utilise des guillemets car ces dernières sont quasiment l'œuvre de Max et de ses anciens collaborateurs. Personne n'a échappé à du Sepultura avec la doublette "Troops of doom / Policia" et la légendaire "Refuse / resist", du Probot avec "Red war" et la chanson "Sanctuary" de Cavalera Conspiracy. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Le groupe est visiblement heureux de jouer en France avec un "fucking french" amical lancé au milieu des interjections et discours de Max entre les chansons. La Tribe peut parfois compter des petits chanceux comme ce fan monté sur scène pour battre le rythme sur des toms avec le groupe. J'avoue que j'avais un doute au départ sur les capacités de Soulfly en live. Les ayant vu en 2002 avec un show plutôt brouillon mais néanmoins intense, il semble que tout se soit remis d'aplomb... ou presque. Est-ce dû à la présence des "nouveaux" membres ? Alors, évidemment, on est pas à deux-trois pains près de calage rythmique. Quant à ce cher Marc Rizzo, guitariste de talent, il n'en a guère montré à ce show. Ou plutôt son talent n'a pas été mis en évidence. Il faut signaler que ses soli ne sont généralement pas accompagnés de la rythmique de Max. Dommage, car cela devient insupportable à la longue. Non pas que je n'aime pas la branlette de manche, mais simplement parce que c'est limite surjoué, non pertinent, bref, la caricature de la caricature. Le pire arrive lorsqu'il joue un ersatz de flamenco sur une ambiance posée. C'est approximatif, je pense qu'il devrait prendre des cours auprès de Paco de Lucia. Marc, reprends ta guitare électrique et fait nous des riffs qui tuent, bordel ! Joe Nunez, quant à lui, s'offre un moment avec le public, je n'ai pas compris où il voulait en venir mais la foule était comme folle de joie, et c'est bien là le principal. Cela est sûrement dû à son lancer de pied de cymbale.

Pour terminer le spectacle, Soulfly nous crédite d'un "Eye for an eye" pour nous rappeler qu'on rajeunit pas et que ce premier album était vraiment une tuerie. S'en suit le début de "Creeping death" de Metallica. Oui, juste le début, cela aurait trop beau ! Peu importe, Soulfly nous a régalé ce soir. On va vite oublier les petits détails qui irritent et se rappeler que Max a toujours la patate et a un certain don pour transmettre son énergie à l'audience.