Som

Som / Chronique LP > Let the light in

SOM Let the light in The shape of everything nous a révélé Som qui a capitalisé sur sa nouvelle exposition pour enchaîner les tournées en Amérique (avec Rosetta, Katatonia, Slow Crush, Holy Fawn...), mais aussi en Europe (avec Katatonia et Sólstafir). Le groupe s'est également fait plaisir en enregistrant un EP de covers de Depeche Mode (4 titres dont "Enjoy the silence" et "Personal Jesus"). Alors qu'ils étaient de nouveau au boulot pour composer la suite de leurs aventures shoegaze post-metal, leur batteur Duncan Rich a du quitter le navire. Plutôt que d'en trouver un nouveau, Justin Forrest (bassiste) est passé derrière les fûts et Will Benoit (chanteur et guitariste) a récupéré la basse, laissant Joel Reynolds et Mike Repasch se débrouiller avec les 6 cordes. C'est donc un combo remanié qui a enregistré cette suite qui garde la même teinte tant musicalement que pour la colorimétrie de leur artwork.

Let the light in soigne les détails et joue avec ce concept, proposant un cercle de plus en plus blanc et donc lumineux à chaque morceau jusque l'ultime "The light". Pour autant, le début de l'album n'est pas particulièrement sombre, certaines frappes et distorsions sont mêmes plus lourdes vers la fin de l'opus ("Give blood", "Nightmares") qu'en son début plutôt lancinant ("Dont' look back"). Très post-rock dans l'approche instrumentale, Som aligne les morceaux sans heurt. Les intentions ne changent pas vraiment et les variations ne se font qu'à la marge, cela permet de se plonger dans leur univers, de se laisser bercer par leurs idées et de parfois devoir se pincer pour être certain qu'on ne rêve pas (face à la beauté vénéneuse de "Chemicals" par exemple). Les esprits chagrins diront que c'est un peu toujours la même rengaine, et s'il faut bien avouer que Will conserve tout le temps la signature shoegaze dans son chant, c'est aussi ce qui fait le charme des Américains. On peut même penser qu'ils ne voient les lignes vocales que comme un instrument supplémentaire pour accentuer le côté "post" de l'ensemble. Alors laisse la lumière entrer et laisse-toi porter par elle...

Publié dans le Mag #65

Som / Chronique LP > The shape of everything

Som - The shape of everything Si tu es nostalgique du Deftones époque White pony (qui ne l'est pas ?) ou du Cave In du début des années 2000, tu peux remercier Pelagic Records d'offrir à Som une plus grande exposition que pour son premier opus édité via Radar Studio, un micro-label qui porte surtout le nom d'un studio, celui de Will Benoit. Ce dernier étant le fondateur, le guitariste et chanteur de ce Som, il a donc bien connu ses amis musiciens qu'il a débauché chez quelques groupes qui ont enregistré chez lui (Junius et Caspian).

Le tempo est donc plutôt lent, assez rock, et si la saturation est très soignée, l'ensemble sonne métal malgré donc un rythme assez posé et de nombreuses parties très claires, un métal d'ambiance, un truc lourd mais aérien, une musique d'écorchés vifs qui se sont posés pour la partager. Le ton, le timbre et les effets sur le chant évoquent donc Chino Moreno (c'est plus qu'évident qu'ils l'adorent) mais aussi pourquoi pas Stephen Brodsky dans la façon d'attaquer les mélodies, de mettre de l'énergie dans un ensemble qui peut paraître assez plat par moment. Et si la dynamique ne vient pas du chant, elle vient de la basse, d'une guitare qui change de son, d'un gimmick qui sort de nulle part, bref, Som trouve toujours un petit quelque chose pour faire vivre ses compositions qui forment tout de même un bloc assez compact. Parmi celles qui ressortent, on peut noter "Shape" aux relents néo un peu prononcés et simplistes, tout l'inverse de "Moment" qui superpose les couches de chant et de guitare de manière assez progressive (et qui bénéficie d'un joli clip). Personnellement j'aime beaucoup les variations proposées par "Heart attack", l'intro de "Wrong" et la luminosité agressive de "Clocks".

Alors, oui, ça sonne très Deftones et ça manque peut-être un peu de relief mais il est quand même très agréable cet opus. Et comme le digipak et l'artwork sont sympas aussi, on aurait tort de s'en priver.

Publié dans le Mag #51