The shape of everything nous a révélé Som qui a capitalisé sur sa nouvelle exposition pour enchaîner les tournées en Amérique (avec Rosetta, Katatonia, Slow Crush, Holy Fawn...), mais aussi en Europe (avec Katatonia et Sólstafir). Le groupe s'est également fait plaisir en enregistrant un EP de covers de Depeche Mode (4 titres dont "Enjoy the silence" et "Personal Jesus"). Alors qu'ils étaient de nouveau au boulot pour composer la suite de leurs aventures shoegaze post-metal, leur batteur Duncan Rich a du quitter le navire. Plutôt que d'en trouver un nouveau, Justin Forrest (bassiste) est passé derrière les fûts et Will Benoit (chanteur et guitariste) a récupéré la basse, laissant Joel Reynolds et Mike Repasch se débrouiller avec les 6 cordes. C'est donc un combo remanié qui a enregistré cette suite qui garde la même teinte tant musicalement que pour la colorimétrie de leur artwork.
Let the light in soigne les détails et joue avec ce concept, proposant un cercle de plus en plus blanc et donc lumineux à chaque morceau jusque l'ultime "The light". Pour autant, le début de l'album n'est pas particulièrement sombre, certaines frappes et distorsions sont mêmes plus lourdes vers la fin de l'opus ("Give blood", "Nightmares") qu'en son début plutôt lancinant ("Dont' look back"). Très post-rock dans l'approche instrumentale, Som aligne les morceaux sans heurt. Les intentions ne changent pas vraiment et les variations ne se font qu'à la marge, cela permet de se plonger dans leur univers, de se laisser bercer par leurs idées et de parfois devoir se pincer pour être certain qu'on ne rêve pas (face à la beauté vénéneuse de "Chemicals" par exemple). Les esprits chagrins diront que c'est un peu toujours la même rengaine, et s'il faut bien avouer que Will conserve tout le temps la signature shoegaze dans son chant, c'est aussi ce qui fait le charme des Américains. On peut même penser qu'ils ne voient les lignes vocales que comme un instrument supplémentaire pour accentuer le côté "post" de l'ensemble. Alors laisse la lumière entrer et laisse-toi porter par elle...
Publié dans le Mag #65



