Slipknot : All hope is gone Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir, Slipknot semble définitivement devenu un groupe lambda. Eux qui avaient su partager les foules entre "fans" et "rebelles" en explosant certaines frontières du métal, n'hésitant pas à mélanger une prod nu métal aux codes death et en se ciblant clairement un public jeune avec une musique plus adulte, eux qui semaient le trouble dans les rédactions (vendre ou ne pas vendre ?) et qui foutaient le bordel dans les forums de discussion, ceux-là se sont enterrés il y a 4 ans (déjà) avec Vol. 3 : (the subliminal verses) et mauvaise nouvelle pour les fans de la première heure (enfin de la deuxième, celle sonnée par RoadRunner), All hope is gone n'est qu'un cadavre remuant et ne fait que gratter un peu la terre sans jamais revenir à l'air libre. L'éternel retour aux sources promis est bien triste, Slipknot ne dérange plus, n'agresse plus personne, le son est tellement propre (c'est le producteur d'Evanescence aux commandes !) qu'on n'y accroche pas une seconde et certaines compos ("Psychosocial" !) sont dramatiquement... "radiophoniquement correctes". Des 3 "singles" choisis, seul "Sulfur" sort la tête du sac avec une rythmique bien cadencée, des riffs bien envoyés et un chant venimeux. Mais enlevez Joey Jordison, Jim Root et Corey Taylor et il ne reste rien. Ce qui est d'autant plus dommage c'est que même moi j'y croyais presque en découvrant l'opus, une intro classique mais efficace à laquelle s'enchaîne "Gematria (the killing name)" puis donc "Sulfur", c'est tendu, c'est direct, c'est oppressant, ça ressemble aux belles photos du livret (une seule de la série est immonde, c'est celle de la pochette, là-dessus le groupe déçoit aussi, les dernières étant plutôt réussies et ce n'est pas l'exercice de géométrie en surimpression qui va la sauver) et puis le drame, le reste de l'album. Des idées imbuvables (ces chants disparates de "Butcher's hook", le rampant "Gehenna" qui débouche sur une complainte hard FM alors que ça aurait pu ressembler à du "Iowa"), des enchainements brouillons ("All hope is gone"), un slow langoureux qu'on ne voudrait même pas sur une B-Side de Stone Sour ("Snuff"), après un départ canon, on a un ensemble de ratés qui ne font qu'amplifier la déception.
Si Slipknot peut espérer compter sur quelques "vieux" fans pour continuer à vivre, ce n'est pas avec leurs nouveaux masques et leurs nouvelles compos qu'ils vont attirer beaucoup de nouveaux amateurs... La prochaine étape discographique risque fort d'être un "best of" de mauvaise augure...