Metal Métal > Sinsaenum : Chronique EP

In devastation

Sinsaenum
LP : In devastation
Label : earMusic
Date de sortie : 08/08/2025
In devastation
Cede to thunder
Shades of black
Obsolete and broken
Last goodbye
Spiritual lies
Destroyer
Buried alive
This wretched world
Over the red wall

Sinsaenum-In devastation Après une cadence infernale à ses débuts, Sinsaenum avait pris un léger break après Repulsion for humanity. Le groupe remet donc ici le couvert avec In devastation, dont l'écriture a commencé aux environs du décès de Joey Jordison (Slipknot). Avec André Joyzi (ex-Breed 77) en remplacement derrière les fûts, ce sont dix titres de bonne facture, compacts et denses qui déferlent ici.

Titre éponyme, "In devastation", commence doucement avec un sample gentil mais inquiétant, l'accalmie n'est que de très courte durée, ça attaque sec et embraye très rapidement sur un blast beat dévastateur après l'apparition de la batterie en moins de 30 secondes, ça vrombit dans les haut-parleurs avec une délicieuse mélodie pour couronner le tout. Suivant de très près, "Cede to thunder" poursuit dans la même veine, une inspiration un peu black metal, avec cet empressement fluide qui se transforme et se morphe en une entité ectoplasmique sonore qui finit en déluge sonore aux attaques et aux saillies irrésistibles. Après cette entrée en matière plus qu'énergique, "Shades of black" assure un contraste et commence plus doucement avec une intro acoustique et un titre au tempo plus lent et aux guitares plus amples. Sinsaenum respire en milieu d'album, avec ce corrosif "Last goodbye", aux paroles inspirées - The litany of lies we tell, The world to stay away -, avec un violoncelle obligatoire en arrière plan, un chouilla cliché. Trêve de plaisanterie, "Spiritual lies" repart très vite sur cette autoroute shootée à l'adrénaline, avec cette hargne insatiable, avec ces petites variations qui évitent de tourner en rond. "Buried alive" remet le couvert et accélère encore plus, c'est une avalanche incessante de trépidations sonores qui achèvent son but à chaque coup de boutoir.

"This wretched world", sans doute le même que celui de Converge, mais avec des envolées lyriques un peu plus évidentes et moins brut de décoffrage, sème le doute et bute en touche avant le conclusif "Over the red wall" au lyrisme plus typique du death metal. Les travaillistes anglais en seront entièrement rassurés soit dit au passage, les guitares suintent, la batterie enfourne à tour de bras, rien n'est laissé au hasard et tout se conclut par un ad-lib légèrement inquiétant. Ce In devastation tient la route et garde le rythme tout au long de ces 45 minutes compactes, 10 titres rondement menés, par forcément les plus originaux, mais de très bonne facture.

Publié dans le Mag #70

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