Scarlean - Soulmates C'est avec Ghost que Scarlean s'était révélé, et c'est encore avec des histoires de fantômes qu'ils nous reviennent. Si Soulmates signifie "âmes soeurs", on imagine aisément avec l'artwork que la frontière entre la vie et la mort les sépare. Les planches de Oui-Ja font passer des messages (tout est en feu), une incantation latine de sorcier médiéval invite à la confrontation, les textes laissent entrevoir une phrase peu amène envers l'humanité et les mots des chansons traitent souvent de la mort sans la craindre. Cette infernale introduction à leur univers ne donne pour autant pas forcément le ton car le combo sait se montrer plus doux et lorgner de temps à autre vers un rock musclé alors que le style d'ensemble reste un métal alternatif porté par l'expression de sentiments assez puissants. Le tout premier riff fleure bon le nu métal (ça sonne comme du Eths jusqu'à l'ajout de quelques arrangements qui donne à la partie instrumentale une couleur qui pourrait plaire aux fans des derniers KoRn), c'est le chant clair qui vient donner toute sa singularité (et une grande partie de l'intérêt) au groupe qui sait délier autant que hacher ses accords pour varier les ambiances. Autant d'armes qui leur permettent de nous embarquer dans leur monde mais aussi de nous en faire sortir quand ils décident d'inviter Anneke Van Giersbergen à reprendre le mélancolique tube "Wonderful life" (écrit au départ par Black), la voix de l'ex-The Gathering transperce l'air, son écho grave et la tristesse des guitares font réfléchir au côté "merveilleux" de la vie et nous renvoient dans le tumulte des sensations façonnées par les Avignonnais. La beauté de cette reprise fait de l'album un must have, et même sans cette cover, l'opus mérite toute ton attention.