Rival Schools - Pedals Presque une décennie à patienter avant ce deuxième album des new-yorkais, une trop longue attente après un magistral United by fate et l'arlésienne Unreleased, qui continue de hanter la toile et l'esprit des plus fans d'entre nous. Walter Schreifels ne nous avait pas pour autant oublié, en témoigne les Walking Concert et leur excellent Run to be born ainsi que son récent album solo An open letter to the scene, c'est donc aussi excité et impatient qu'un gosse le soir de Noël que je me suis empressé de fourrer la galette dans mon lecteur.

C'est parti ! "Wring it out" ouvre le bal et d'emblée on retrouve tout ce que l'on aime : riffs tranchants et addictifs, mélodie accrocheuse, voix sur le fil qui touche immédiatement l'auditeur, ça y est, ils sont vraiment de retour... Et ban ! "69 guns" nous prend un peu à contre-pied, on pensait que ça allait dérouler comme la première fois et bien non, c'est plus rock, la disto est mise de côté, on pense au dernier Sparta voire à Interpol en moins dépressif ! le morceau monte crescendo mais le combo maîtrise la bride et Schreifels, l'air de rien, nous cueille tranquille. "Eyes wide open" revient davantage au son auquel nous nous étions habitués enfin auquel nous nous attendions plutôt... soit du pur Rival Schools : rien à redire c'est parfait ! C'était plutôt discret depuis le début mais sur "Choose your adventure", les arrangements prennent vraiment le pas sur le côté incisif et noisy que l'on connaissait du groupe : la basse groove comme un titre des Girls Against Boys, le keyboard prend ses quartiers : c'est surprenant, entrainant et réussi. De son côté "Racing to red lights" est un peu l'"Undercovers on" de l'album, on l'attendait: ça c'est fait!

A peine le temps de nous remettre de nos émotions que "Shot after hot" déboule avec ses grattes shoegazes façon My Bloody Valentine : verdict c'est ultra efficace et bien que le titre soit sorti des sessions post-United by fate (sous le nom de "Sophia Loren"), il a été réarrangé pour s'intégrer, parfaitement, aux compositions plus récentes. "A parts for B actors et "Small doses" sont les deux titres les plus pop de la liste, là plus de doute le groupe a fait le choix de privilégier les mélodies et bien que l'on soit en manque à ce stade de brûlots plus power rock, on tombe quand même sous le charme de ces morceaux avec une préférence toutefois pour le dernier nommé qui reste un bout de temps dans notre crâne. Quant à "Big Waves", il est comme "Shot after shot" un rescapé du fameuxalbum fantôme ("I don't know"). Plus édulcoré que l'original, on sent bien ici que le groupe retient volontairement ses coups pour davantage de cohérence. Dernier titre pour Pedals et l'on retrouve (enfin...) quelque chose de plus appuyé et rythmé : "The Ghost is out there" n'est cependant pas l'ultime tuerie que l'on pensait mais la voix de l'ex-Quicksand se laisse aller à quelques fantaisies, ça change et ça donne une certaine originalité au morceau !

35 petites minute (seulement) : les retrouvailles ont été rapides, trop en fait : un sentiment de frustration et une légère déception se frayent sournoisement un chemin dans notre esprit, l'attente fut longue et l'on reste sur sa faim. Et ce n'est pas l'édition Deluxe (disponible uniquement en téléchargement qui fera passer la pilule ! Dommage, d'autant que les 3 titres supplémentaires sont bons ( avec là encore un "Arranged marriage" repêché et mis au goût du jour), on se dit que le disque aurait gagné à sortir tel quel. Cela dit Pedals s'apprécie au fil des écoutes car même s'il est moins tranchant et percutant que son prédécesseur on y retrouve tout le cœur et l'âme des Rival Schools, le plaisir est là et c'est le principal, espérons qu'ils ne s'arrêtent pas là et qu'ils tromperont le monde la prochaine fois !