Death I hear You calling but I can't come home Rite now Rite is back et a les crocs... Bienvenue en enfer semblent nous susurrer brutalement les bûcherons scandinaves, ça va tronçonner sec. Pas le temps de se poser que déjà "Crack of doom" prend d'assaut la platine ; et les finnois de mettre tout ce qu'ils ont dans les entrailles sur cet album brûlant comme le royaume d'Hadès. Les Hellboys ont faim et leurs riffs de sauvage dévorent tout sur leur passage. Harangue guerrière, section rythmique qui concasse les tympans et des lignes de grattes héroïques, "Man or maggot" emballe les mélodies, envoie les décibels et balance ce qu'il reste aux quatre coins du studio. Plus punk dans l'esprit, "Going, going, gone" accélère le mouvement et c'est un véritable rouleau compresseur qui se met alors en branle. Effet garanti. En a peine dix minutes et trois petits morceaux, Rite a mis le monde à ses pieds (ou presque). Et op, ça c'est fait, voilà pour l'amuse-gueule.
Ah bon, parce qu'il y en a encore beaucoup des comme ça ? Pour faire court, on va dire que les trois premiers titres de ce Death I hear you calling but I can't come home Rite now étaient là pour se dégourdir les muscles, faire craquer les articulations, histoire de parer à tout risque de claquage avant de passer aux choses sérieuses. Et là finit de rigoler, "Meanwhile in Hell" annonce la couleur. Lent, lourd, gueulard, le groupe se retrousse les manches et met les mains dans le moteur. Groove démentiel, un son énormissime et une arrogance de moyens à faire pâlir une division de blindés, Rite livre, six minutes quarante quatre secondes durant, un véritable manifeste stoner metal et même plus, une déclaration de guerre en bonne et due forme... On exagère ? A peine... "If I hard a heart" le dit haut et fort, les finlandais ne sont pas là pour faire du sentiment. Grosses guitares foudroyantes, un cocktail détonnant, un comme si les Queens of the Stone Age avait bu de la nitroglycérine au lieu du Nesquik du matin, les gaziers font parler la poudre et cramer les amplis. Enorme.
Décidés à enterrer la concurrence, les Rite ne s'arrêtent plus. On retrouve ici ce qui nous fait balancer la tête comme un demeuré chez 7 Weeks, mais le temps d'un album complet. Sauvagement burné, électrique à souhait, "I rest your case" nous visse les tympans aux enceintes. Impossible de lâcher l'écoute en route, le groupe est encore plus addictif que Jack Bauer disposant de 8 minutes et 34 secondes pour traverser Los Angeles aux heures de pointe afin de désamorcer une ogive nucléaire placée sous ses WC. Fossoyeur d'adversaire, le gang sort l'artillerie lourde. Après avoir malmené nos membranes auditives, le groupe s'apprête à nous donner le coup de grâce avec "Death after life" et son final rockin' hardcore, avant que "Rival damnation" puis "Blood turning back" ne vient définitivement nous achever. Du stoner brut, aux fulgurances metal hardcore, riffs corrosifs qui tournent en boucle, petit solo de tueur, break sulfureux, basse volubile qui serpente le long de la colonne vertébrale, mélodies abrasives, tout y est, Rite livre un album quasi parfait où chacun des pistes audio se révèle absolument indispensable. Ne cherchez plus le plus foudroyants des brulots stoner de l'année, il vous a déjà trouvé... Au W-Fenec, on appelle ça une tuerie.