Retox - YPLL Décharge de haine, grosse branlée sonore expédiée en pleine face par un groupe qui attaque la platine l'écume aux lèvres, YPLL, le nouvel album de Retox met d'entrée les choses au clair. Pas là pour rigoler, le groupe de Justin Pearson y va... et y va gaiement. Le changement de crèmerie (d'Ipecac à Epitaph) n'aura pas changé grand chose sur le principe, ça joue vite, ça tape dur et sec, à mains nues, façon hardcore rock emporté dans une frénésie punk inarrêtable ("Modern balls", "Mature science"). Et si on est dans des courants moins extrêmes qu'à l'époque pas si lointaine de Ugly animals, le résultat envoie sec.

Une musique d'écorché vif qui prône la violence comme exutoire, l'expectoration de rage comme traitement de choc. Retox ne retient pas ses coups ("Don't fall in love with yourself", "Congratulations you are good enough") et joue sur le format ultra compact de ses morceaux (entre 1' et 3'30 à tout casser) pour proposer une séance de dégustation de verre pilé dont les quelques morceaux ayant échappés au broyage restent en travers de la gorge. Pour le plus grand plaisir masochiste des inconditionnels du genre qui se délecteront de ce cocktail rock/hardcore/punk acide et gentiment nihiliste servi façon Fight Club ("Soviet reunion").

Les mélodies satinées et la douceur voluptueuse, ici on oublie : Retox a envie d'en découvre et passe en mode guérilla urbaine avec un hymne hardcore en forme de harangue révolutionnaire ("Greasy psalms") avant de hausser encore le temps, de passer la surmultipliée et de lâcher les parpaings ("The art of really really sucking", "Biological process of politics") en mettant tout ce qu'il a dans les tripes. Corrosif et sans concession ("Nose to nail"), YPLL tourne à l'expédition punitive avant un final ébouriffant à souhait qui montre que tout au long de cet album, le groupe n'a fait que monter en puissance pour faire étalage de toute sa maestria vénéneuse ("Consider the scab already picked"). HARD et aussi salvateur que violemment jouissif.