PVRS Let the silence begin Quand il n'est pas en train de tatouer ou de bosser avec Lethvm, Jean-Pierre Mottin s'ennuie, et dans ces cas-là, il compose et crée un nouveau groupe quand les nouveaux titres ne correspondent pas à l'esprit du groupe (bon, ok, c'est pas forcément l'histoire derrière les créations de Volver, El Comer Ocho ou Lamirāl, mais t'as compris l'idée). En 2023, des idées un peu plus claires l'amènent à travailler avec le batteur Twan Landrin sur un nouveau projet au nom évocateur : Pvrs. Le "v" remplace le "u" comme pour Lethvm (mais aussi Ovtrenoir ou Nvage), ça sonne plus "pur" et l'ambigramme (comme la plupart des très beaux artworks) joue sur la symétrie et donc la dualité. Faisons maintenant un peu de place au silence.

Let the silence begin, titre quelque peu irrévérencieux quand on entend les premiers riffs, particulièrement lourds, de "Fraktal", le chant lumineux vient apporter une sorte d'équilibre et donner une tonalité évidement post-metal / post-hardcore à l'ensemble. S'ils ne sont que deux, des nappes et des éléments samplés sont programmées pour appuyer ou soutenir la guitare, donner un peu plus de corps aux compositions, notamment quand la six cordes préfère jouer en note à note et sans trop de distorsion, l'ambiance change, devient plus chaleureuse, la voix nous touche davantage et le nom Pvrs prend tout son sens ("Sommeil refuge", "Defame"). Forcément métallique, le duo sait aussi faire de la place à de jolies harmonies (la superbe intro de "Lonely nights", le piano émouvant de "Dead with you" ...), qu'il se fait un vilain plaisir de projeter sur un mur plus rugueux. Pas question de verser dans le post-rock ou un mood plus lounge, il faut garder de la tension, pour cela rien de tel que d'alourdir les intonations et d'augmenter le niveau de saturation (la fin au scalpel de "Skin & chain", le pont tranchant entre les deux moments calmes de "Tktx"...). Quand JP et Twan combinent tout leur savoir-faire, on obtient "Silence" (qui commence tardivement puisque c'est le huitième titre...), morceau aussi déchirant que déchiré entre ces différentes tentations, aller vers plus de noirceur ou laisser de la liberté à l'air pour pouvoir s'élever.

Dès ses débuts, on se doutait que Pvrs ne serait pas qu'une incartade, avec Let the silence begin, les choses très sérieuses continuent et pourraient bien emmener le duo encore plus haut, et peu importe où, moi je vais les suivre.