Psychonaut - Unfold the god man Confiné depuis un mois, j'ai écouté beaucoup plus de musique qu'en temps normal et le disque qui est le plus passé entre mes oreilles est celui de Psychonaut. C'est aussi le dernier de ce mag à être chroniqué parce que quand j'ai écrit un article, j'ai tendance à virer le skeud de ma pile "à faire" et donc de l'oublier pendant un temps pour "bosser" sur le reste. Ce Unfold the god man, j'ai renoncé plusieurs fois à écrire dessus juste pour avoir le plaisir de le réécouter le lendemain, mais là, il faut y aller.

Ce trio m'était complètement inconnu alors qu'il est basé à une centaine de kilomètres de chez moi (à Malines entre Bruxelles et Anvers) et qu'il a déjà sorti deux EPs (XXIV trips around the sun en 2014 puis Ferocious fellowman en 2016), mieux, son album date de 2018, autoproduit, il reste confiné dans la sphère des concerts du groupe mais arrive tout de même aux oreilles de Pelagic Records qui signe le groupe et propose donc une réédition de leur album. Cette signature n'est pas un aboutissement mais la fin d'une première période pour Psychonaut, Stefan de Graef (guitare), Peter le Page (batterie) et Thomas Michiels (basse) jouent ensemble depuis une dizaine d'années (d'abord au sein de Generation!), vu la qualité de leurs compositions, une nouvelle ère s'ouvre, l'Europe les attend désormais de pied ferme.

Ou au moins ceux qui ont goûté à leur rock/métal pétri de nobles influences parmi lesquelles certaines sont des étalons chez moi (Pink Floyd, Tool, Cult of Luna). Bien plus portés sur le transport instrumental que sur le chant, c'est avant tout la technique et la qualité d'écriture des mesures qui sont mises en avant. Ainsi, pour débuter, le choix de distorsion, un peu pointu sur "All I saw as a huge monkey", amène à quelques côtés "math" une touche "prog", ensuite "The story of your enslavement" est marqué par l'arrivée d'un chant qui prend plusieurs formes, parfois lourd, parfois plus léger et aérien, il prend une place importante et semble mener les débats jusqu'à transformer Psychonaut en combo de post-hardcore sur "Kabuddah" et brouiller les pistes sur "The fall of consciousness". Le groupe a pris ses marques, ose davantage et sur les quasi 10 minutes de "Sananda" fait montre d'une maîtrise impressionnante de son art en amalgamant tout un tas de trucs (riffs de matheux, ambiance zen, petites notes floydiennes...), le chant reste clair, sa noirceur ne revient que sur "Celestial dictator" histoire d'ouvrir le déluge de feu final. On a déjà presque fait le tour de l'horloge quand "Nexus" résonne comme une dernière bouffée d'air avant "Nothing is consciousless", un dernier titre qui dépasse le quart d'heure et fait la démonstration de tout ce que sait faire le groupe, alternant les ambiances et réussissant à passer de l'une à l'autre avec une facilité déconcertante. S'il y avait encore des sceptiques arrivés jusque-là, ils en sont pour leurs frais et peuvent plier le genou.