protest_the_hero_kezia.jpg Véritable déferlante punk'n roll aux velléités métalliques, le premier album de Protest the Hero apporte la preuve éclatante que le groupe a bossé ses classiques avant de pondre les quelques dix titres que compte Kezia. Une vitesse d'exécution proche du thrash metal, une énergie nu-metal punkisante héritée des Rage Against The Machine et / ou System of a Down et quelques solo de grattes bien sentis, le combo canadien ne cherche pas à défricher des contrées musicales encore inexplorées mais plutôt à jouer sur un terrain pourtant déjà bien balisé. Forcément, à ce petit jeu là, on risque rapidement de tomber dans la comparaison à tout va, généralement au bout du troisième titre.
Et là surprise, Protest the Hero a parfaitement conscience de la chose et l'assume sans ciller. Sur de son fait, le groupe déballe le matos et impose son style à la force du poignet. Des compos qui vont à une vitesse hallucinante ("No stars over Bethlehem"), une double pédale matraquée comme des forcenés, un chant hurlé toujours à la limite de la rupture et un sens du riff qui fait mal plutôt développé ("Bury the hatchet"), Protest the Hero démarre fort, très fort et ne laissera que des miettes aux retardataires. Ajouté à cela, le soupçon de death et de prog métal, une puissance métallique qui fait des ravages et au final, la force de frappe du combo a largement de quoi en impressionner plus d'un.
N'étant réduit qu'à cela, Kezia ne serait qu'un énième album de metalcore punk farouchement indépendant, mais cet album recèle également quelques hit absolus. "Divinity within", par exemple, et ses mélodies, aussi imparables ses guitares sont heavy, est une vraie bombe dans le genre hard metal speedé et racé. Et même si le côté un peu foutraque, limite apocalyptique de sa musique peut heurter et parfois laisser sceptique, d'autant que Protest the Hero s'amuse à jouer avec les clichés en parsemant ses compos de refrains easy-listening pour le moins incongrus ("Turn soonest to the sea", "The divine suicide of K"). Entre accès de violence brute et mélodies radiophoniques, les canadiens tentent, sur leur premier album, un grand écart facial et musical particulièrement osé. Et par là même occasion, complètement à l'encontre de ce que l'on a l'habitude d'écouter. rien que ça, mérite largement le coup d'oeil.