prong_cleansing.jpg S'il y a des groupes moins connus que les icônes KoRn / Deftones / Pantera / Ministry / NIN mais qui ont largement marqué de leur empreinte la scène "metal/indus/rock" des années 90, Prong en est un parfait exemple... Helmet, Down et autres Corrosion of Conformity font sans doute également partie de cette caste ô combien mésestimée mais pourtant foisonnante. Après des débuts underground (au milieu des années 80) portés par deux baffes trash-indus métallique aux relents punk et à l'agressivité chevillée au corps, Prong livre un très honnête Prove your wrong au début des années 90. Puis, passe un cran au dessus avec le clash Cleansing.
A l'occasion des treize titres de cet album, le groupe mené par un Tommy Victor qui finira quelques années plus tard par se facher avec la quasi totalité des bons musiciens que compte cette planète, balance ses titres avec une maîtrise de tous les instants et une griffe inimitable que le groupe aurait sans doute du breveter à l'époque, ils auraient au moins gagné un peu plus de thunes. Cleansing est l'album de la confirmation du talent entrevu sur Prove your wrong, de la plénitude de ce groupe qui nous a habitué (et continuera de le faire bien des années après) au pire comme au meilleur. Le pire, c'est une certaine propension à verser dans la facilité et l'ennui soporifique par des riffs répétitifs et des morceaux très quelconques noyés au milieu de très bons, ou peut-être est-ce l'inverse. Le meilleur... c'est tout le reste, c'est à dire un riffing grassouillet au niveau du son mais affiné avec classe au niveau de l'inventivité, des rythmiques mid-tempo éléctrisantes, des samples indus discrètement omniprésents même en restant parfois tapis dans l'ombre et une énergie héritée du post-punk mais passée à l'acide pour venir t'énucléer à coup de fourchette... Sans concession. A l'image de l'artwork aussi glauque que crasseux de Cleansing, Prong, on aime ou on n'aime pas, mais au moins on est rapidement fixés. Du coup, pas de mauvaise surprise Prong ne verse pas dans le mainstream putassier qui polluent les ondes radio des années 90 et encore plus maintenant. "Another wordly device", "Cut-rate", "No question" et la mandale ultime qu'est "Snap your fingers, snap your neck" viennent nous décrasser les enceintes de leurs riffs sulfuriques et de leur chant aussi rugueux qu'agressif façon "all black pas content de s'être pris un tampon".
Ceux qui aiment peuvent se masser dans le pit et se faire éclater rate, rotule et clavicule (au choix, le père Tommy fait un prix de gros pour la totale) et se lâcher avec un groupe qui leur jettera en patûre ce qu'ils sont venus chercher... du riff et encore du riff ; pour les autres : ce sera "fuck off et on remballe". Point barre. Au moins ça a le mérite d'être clair, net et précis.