shreds of dignity D'entrée, la huitième production des hardcoreux new-yorkais n'a pas pu décevoir les habitués : plus d'un mois de retard dans les bacs sur la date annoncée, soit une sortie qui intervient après le passage de la tournée "promo" en France, puis une distribution sporadique et hétérogène... du Pro-Pain quoi ! Pour le reste aussi, l'habitué y retrouve son compte. Tout en gardant les bases rythmiques posées sur Act of god, Shreds of dignity allie rythmes ravageurs et mélodies à la griffe Meskil Inc : simples, percutantes, efficaces. D'ailleurs dès la première piste, le décor est planté : l'album s'ouvre sur un "The shapes of things to come" tout en speed avec une clôture de refrain où, à elles seules, la double et les cymbales ralentissent et plombent l'ambiance de manière monstrueuse, le tout ponctué au milieu d'un break genre stop and go, pas coutumier du quatuor, du vrai concentré d'énergie. A coté, on a aussi pour le titre éponyme de l'album, une expérience basée sur un refrain axé sur une wawa qui démontre par A+B comment puissance ne rime pas forcement avec vitesse. Bien évidemment, à la suite on trouve un "FOAD" tout à l'inverse, avec notamment une intro et une sortie où Eric Matthews donne à sa caisse claire des sonorités de mitraillette. Puis pour finir ce bref tour d'horizon, comment passer outre "Kill or be killed" qui boucle avec simplicité et puissance leur dernier opus. Enfin, pas tout à fait : les habitués de leurs concerts retrouveront avec délectation en ghost track leur morceau d'entrée sur scène, ce petit bout de country volontairement perrave qui, dans une salle de concert, annonce en général la fin du monde. Après avoir clairement marqué un virage dans son style musical en 99, Pro-Pain semble avoir trouvé avec Shreds of dignity un compromis entre cette rythmique rapide qu'a le groupe depuis l'intégration des ex-Spudmonters, et les mélodies géniales du père Meskil qui ont amené le groupe à sa place actuelle. Puis à coté de ces considérations musicales, cet album revêt aussi un coté symbolique puisqu'il ponctue une décennie de méfaits de Meskil et sa bande qui, de toute évidence, semblent immunisés contre la lassitude et le star system.
Fans de Pro-Pain, faîtes sonner les guitares, la dernière tuerie signée du double P est déjà là !