Princesses Leya - L'histoire sans fond Quand deux humoristes amateurs de métal se rencontrent et décident de monter un projet ensemble, ça part dans tous les sens et ça peut donner Princesses Leya. Oui, il va y avoir de la pop culture en référence et des jeux de mots pourris à foison. Les auteurs principaux, tu les as certainement déjà vus et entendus car c'est Dedo (métalleux de service au Jamel Comedy Club, acteur dans des clips de Rufus Bellefleur ou Psykup...) et Antoine Schoumsky (qui en plus de chanter joue de la guitare et avant ça, il est aussi acteur, humouriste, doubleur, scénariste...). Concrétisant leurs idées les plus sauvages en 2018, leur comédie métal musicale se monte comme une tente igloo où pour assurer le chauffage la bassiste poétesse Cléo (Cléo Marie) et le moissonneur batteur Xavier viennent assurer les fondations rythmiques. Leur premier album ose sortir sous le nom de L'histoire sans fond parce que Atreyu était déjà pris et qu'au fond ils ne sont pas si bêtes, c'est à la fois des chansons qui se chantent comme des blagues où la parodie n'est jamais très loin (en effet, difficile de ne pas citer Ultra Vomit) et des sketchs avec un petit fond musical où le sérieux est parfois inexistant (difficile du coup de ne pas citer Ultra Vomit en concert).

Comment faire une chronique de ce joyeux bordel ? C'est une vraie question parce que ça risque de spoiler et une blague divulgachée, c'est beaucoup moins marrant, du coup, je peux éviter de disserter sur les sketchs mais ça mettrait de côté la moitié de l'opus et ce serait dommage car c'est carrément bien intégré au tout et quand on ferme les yeux, on voit le spectacle comme si on était dans une vraie salle de ... spectacle. Alors, pour les plus jeunes, une "salle de spectacle", c'est un endroit où des gens qui ne se connaissent pas forcément venaient (souvent en payant leur place) pour voir et écouter une représentation organisée par un petit (ou des fois grand) groupe de personnes (qui souvent étaient payé pour ça), il y avait une scène surélevée, des lumières, des baffles, c'était un peu comme un film mais en vrai, une expérience de fou. Comme les Princesses Leya ont commencé leurs aventures avec un show, ils ont pris l'habitude de narrer des histoires, ils nous emmènent dans la leur qui a plus de queue que de tête (oui, ça sent un peu la poussée d'hormone adolescente juste sous la ceinture que la réflexion nietzschéenne sur le naturalisme) et où l'on croise une belle brochette de personnages et de lieux tout aussi improbables que sujets à déconnade (une bibliothèque des chansons du rock, un utérus, un bar à coktail, le temple d'un Eric Cartman poète...). Et avec tout ça, on a des vrais morceaux de musique. Enfin presque, car c'est souvent fortement inspirés de trucs existants voire même carrément des reprises version métal de quelques hits de l'été (le fantastique "Makeba" de Jain, un exceptionnel "Balls balls balls" sauce Rammstein qui fait écho au "Boys boys boys" de Sabrina, le touchant "Single lady killer" qui doit plus à Machine Head et Meshuggah qu'à Beyoncé...), ce sont ces plages garnies de références qui font la différence, les autres étant "bien mais pas top" (pour citer le culte reportage biographique du commissaire Bialès).

Histoire d'en finir (quand même), si tu aimes le culte, Star Wars, Ultra Vomit, les calembours, la reine, les poils, Brassens, la polka, la vodka, le papier peint intissé, le gel hydroalcoolique anonyme, Jimi Hendrix, les moustaches, l'ébénisterie, les chattes angora, le chanvre et le Kamoulox, tu risques d'apprécier cet album.