Metal Métal > Primal Age

Biographie > Primal fear

L'histoire de Primal Age remonte à... 1997 ! Autant dire que de l'eau a coulé sous les ponts avant que A hell romance ne voit le jour. Tout d'abord des concerts à gogo, une participation à une compilation (In this other land) et un premier album, The light to purify, sorti en 1999 et remarqué à l'époque. Une galette qui amène le groupe à côtoyer sur scène les cadors du milieu : Napalm Death, Converge, 25 Ta Life, Nostromo, ...
Puis le groupe est mis entre parenthèses avant qu'il ne renaisse fin 2005 par la scène. Le quintet reprend le chemin des studios, et plus précisément du Loko Studio (MyPollux, Kobayes, Sequoia, ...) pour mettre en boîte un nouvel album en compagnie de Guillaume André. A hell romance, c'est son nom, sera masterisé par Alan Douches (faut-il encore le présenter ?) et verra le jour en septembre 2007 via les services adjoints de Customcore Records et Free Edge Conspiracy.

Primal Age / Chronique LP > Masked enemy

Primal Age - Masked enemy Si Greta Thunberg a réveillé quelques consciences, ce n'est pas la première à rappeler que notre maison brûle et avec l'anaphore "I'm here to speak" Severn Cullis-Suzuki, gamine de 12 ans, mettait déjà pas mal de monde à l'amende en 1992 avec un discours marquant mais qui, semble-t-il n'a pas servi à grand-chose vu combien l'état de la planète s'est empiré ces dernières années. Après Way For Nothing (et son Make your actions reflect your words), c'est Primal Age qui nous injecte la deuxième dose et rappelle que bon nombre de musiciens ne sont pas là que pour envoyer du gros riff et créer les conditions idéales pour se réchauffer dans un circle pit, l'écologie est une des causes défendues par le combo depuis plus de 20 ans, ça risque d'être encore une source d'inspiration pour les années à venir... Le sample de la Canadienne est très bien intégré à leur introduction liée à "Wise old man" (et pourquoi pas wise young woman ?), le morceau lourd et pesant qui ouvre Masked enemy. Une fois l'atmosphère bien plombée, les gaillards passent quelques vitesses et enchaînent baffe sur baffe. Leur recette personnelle basée sur un hardcore viscéral (et parfois terriblement efficace comme ce "Who dares wins") fait toujours son petit effet, les variations des rythmiques, du chant, les breaks... apportent énormément de dynamisme aux titres qui semblent un peu trop court car quand on a pris le pli, on passe à un autre, pour se remettre dans le tempo, faudra réécouter l'album, et à chaque nouvelle écoute profiter un peu plus de tel ou tel petit truc qu'on n'avait pas forcément calculé la première fois. Avec pas mal de métal (du death comme du core), la production est forcément ultra soignée, Guillaume Doussaud (Headcharger, Amanda Woodward, Aussitot Mort, Explicit Silence...) a fait un gros boulot et le tout a été sublimé par le mastering d'Alan Douches (encore lui...), pas étonnant qu'avec un tel niveau de qualité, le label WTF Records (Rise Above, Spider Crew, Probation...) ait signé nos frenchies.

Les dernières études montrent que l'Arctique se réchauffe trois plus vite que le reste de la planète, un iceberg long de 170 bornes vient de se détacher de l'Antarctique, il n'y a jamais eu autant de gens forcés à l'exil dans le monde... Ce printemps 2021 amène son lot de nouvelles peu rassurantes pour l'avenir de l'humanité, si le "réveil de la conscience" ne se fait pas en douceur (superbe outro), s'il ne se fait pas non plus avec de beaux discours, il va peut-être falloir penser à sérieusement botter quelques culs. Primal Age a déjà commencé.

Primal Age / Chronique LP > A silent wound

Primal Age - A silent wound J'ai toujours aimé l'exercice des EPs ! Pour un groupe ça peut s'avérer difficile : dans un nombre restreint de pistes et de minutes ils doivent convaincre l'auditeur. C'est concis, puissant et les groupes donnent tout. Les Primal Age ne nous font pas défaut ici avec leur A silent wound (sorti chez Deadlight Etertainment) et dans un style hardcore très cru, avec un chant sauvage et tiraillé, ils nous défouraillent les conduits auditifs sans même s'inquiéter de notre santé mentale et physique. Pas de blèmes les gars, on aime ça.

L'expéditive « Whistblowers vs world health organization » est bien là pour nous sucrer l'envie de partir écouter autre chose. On est bien installé ? Ils envoient direct la suite avec le titre « Silent wound ». Je ne cache pas que c'est mon favori : plus mélodique (dans la mesure où ça peut l'être), ils prennent leur temps et calent des plans grattes et breakdowns de manière ultra efficace. Déjà la troisième piste et c'est la confirmation : pas de place au hasard, les gars savent ce qu'ils font pour notre plus grand plaisir. Petite mention spéciale pour le chant sur ce "Counterfeiters of the science" que je trouve au summum de son potentiel. J'adhère toujours à ce genre de chant puisant dans le black. Tiraillé et guttural pour une alliance d'émotion et de rage parfaite. Mais comment peut-on finir un EP de cette trempe au mieux ? Rien de plus simple, un hommage « To Jeff » des Slayer avec un medley de leurs plus gros hits. Finir avec classe, amour et de manière presque touchante (bah ouais les gars on est des hommes bien couillus quand même, on va pas verser de larmes).

Ce que j'aime chez Primal Age c'est leur identité. Ils auraient pu se terrer dans la facilité et rentrer dans le moule ultra FM que les USA nous envoient par pelletée. Mais non, ils restent sur leur fondation solide, sombre et leur image raw ! À l'inverse des USA, ils appartiennent plus à l'école HardCore froid des pays de l'Est (que j'ai toujours trouvée plus ingénieuse, moins bouffonne et tellement plus classe), pas si loin des récents Riwen ou encore Refused. La France en a de belles aussi, et ils nous le prouvent.

Primal Age / Chronique LP > The gearwheels of time

Primal Age - The gearwheels of time Il y a des jours, certes forts rares, comme ceux où on sort de l'hopital et où on se dit qu'il serait (enfin) temps de s'attaquer à la mise en mots de la nouvelle sortie de Primal Age. D'autant plus que ma date de sortie définitive de la tannière la plus mélomane du web ne devrait plus tarder.
C'est ainsi qu'on se permet de se demander ce qu'ont réservé les auteurs de The gearweels of time à nos petites oreilles.
En fait, ce n'est pas compliqué : une fois la période de transit (intestinal) effectuée aux urgences lors des trois premiers titres, les Primal Age nous expédient en chirurgie alors que le passage par l'ascenceur en compagnie de "Symphony of dreams", histoire de dédramatiser le moment, ne manque pas de raffinement (à l'instar de "When man loses himself forever" et "Sermon through bright concerns" tirés du précédent opus). Par contre, une fois sur le billard, c'est un autre type de symphonie qui retentit. Ca joue de tous les scalpels possibles et imaginables ; crochets, pinces, écarteurs et ciseaux sont aussi de la partie ; les spécialistes cherchent d'où provient la panne et peinent à localiser la fuite. Autant dire que "découpe", "perforation", "clampage", "entailles" et autres "coutures" se suivent et se succèdent autour de ce qui ressemble plus à un champ de bataille qu'à un abdomen. Les amateurs de série Z apprécieront, les autres passeront leur chemin ou de vie à trépas, c'est selon.
Bref, c'est viscéral chez Primal Age, à chaque fois qu'ils font parler d'eux, c'est pour mettre au monde une oeuvre majeure. Joyeuses sutures à ceux qui auront le cran de s'enfermer en compagnie du métal-hardcore de The gearweels of time ! Mais ce ne sont que les premiers coups de bistouris qui font mal, après cela tourne très vite à une partie de plaisir, parole de rescapé.

P.S. : Que nos lecteurs se rassurent, les faits relatés ici ne sont que très partiellement autobiographiques.

Primal Age / Chronique LP > A hell romance

Primal Age - A hell romance Instrumental et ténébreux, "When man loses himself forever" installe une ambiance et jusqu'alors, on ignore à peut près tout ce qui s'apprête à nous tomber sur le coin de la figure. Mais Primal Age ne tarde par à faire parler la poudre. Et la dizaine de titres lui emboîtant le pas ne baisse que rarement la garde. Fidèle au hardcore depuis ses débuts, le quintet nous en donne une petite leçon tout en s'acoquinant de riffs métallisés, pour la route.
Pas de fioriture pour Primal Age, qui évolue quelque part dans les parages de None Shall Be Saved, The Arrs, Kickback, Right 4 Life et autres Arkangel. Direct et massif, le combo vient au contact pour asséner de saignantes instrus et un chant plutôt bien dosé à mon goût, pas trop aigu ni trop brutal. Tous les classiques propres au style y passent mais Primal Age semble les sublimer, aidé par une production puissante, racée, à couper le souffle. Difficile de suivre la batterie sans esquiver une crise d'épilepsie, on est pris à la gorge par ce psychopathe de bassiste et les guitares foudroient, tout simplement. Et lorsque l'une d'elles lancine au début de "Suicide intervention to cherish the grace", qu'on se rassure : pas de mièvre ballade à l'horizon, c'est juste pour rire ! La rage du combo reprenant très vite le dessus. Bien que les titres prennent le temps d'être développés (et de t'étendre au passage), pas le temps de souffler, la machine Primal Age est bien huilée et vient se volatiliser dans le (magnifique) titre fermant la marche, "Sermon through bright concerns", une réponse à celui d'ouverture.
Remontés à bloc, les Primal Age démontrent que, même bien des années après leurs premiers faits d'armes, ils sont toujours prêts à en découdre. Et dire que des dates sont programmées pour 2009 et que l'on parle aussi d'un nouvel album de leur part...