Porcupine Tree - The incident Après un remarquable Fear of a blank planet, Porcupine Tree revient avec un album conceptuel traitant de The incident ou comment une vie peut basculer à partir d'un petit évènement... Les 14 titres sont autant de pièces d'un même puzzle et suivent une même ligne directrice musicale, plutôt pop et dans l'esprit plus proche de Deadwing et In absentia que de l'oeuvre précédente où parties indus et métal pointaient leur nez.
L'inquiétante mise en bouche passée, "Occam's razor", un premier déluge de riffs nous assome et Steven Wilson s'emploie à calmer la tension avec toute la douceur de sa voix. Chant mélodieux, échos, petits sons, tranquillité d'un côté, ciel obscurci par les guitares et les rythmes de l'autre, Porcupine Tree joue sur la promiscuité d'ambiances différentes pour nous séduire et sait étendre les moments pour casser nos défenses ("The blind house"). "Great expectations" et "Kneel and disconnect" sont ensuite coupés en deux courtes pistes même si l'une est le prolongement naturel (au piano) de l'autre et se propage aux premiers instants d'un autre temps fort ("Drawing the line"), l'air s'électrifie et prépare nos oreilles à des sons sourds, ceux de l'éponyme "The incident" dont la première partie, très sombre (When a car crash gets you..., c'est d'ailleurs cet incident vécu par qui a donné l'idée de l'album), s'oppose à la fin du titre, toute en luminosité (I want to be loved). On vit ensuite une sorte d'intermède (davantage "The yellow windows of the evening train" que "Your unpleasant family" qui peut être entendu comme un mini titre d'une centaine de secondes) et on peut gravir le sommet de The incident : "Time flies", le temps passe pour Steven Wilson qui, après quelques minutes, honore ici musicalement deux monstres des années 70 : King Crimson et Pink Floyd (comment ne pas y penser quand on entend les déchirements de la guitare ?). Après ce délicieux moment, le jeu s'accélère et s'alourdit ("Octane twisted", "Circle of manias") avant que "I drive the hearse" ne close l'incident en le déliant lentement...
The incident n'en est pas pour autant terminé, infatigable compositeur, l'auteur en solo de Insurgentes en début d'année, ajoute 4 morceaux qui ne trouvaient pas leur place dans le concept, sur un deuxième CD, on découvre donc des pistes plus anecdotiques où Porcupine Tree s'essaye à des choses un peu différentes sans que cela soit forcément concluant (le hâché "Bonnie the cat", le lancinant "Black dahlia"), seul "Remember me lover" nous fera revenir sur ce disque "bonus" quand on sera lassé de The incident, pas tout de suite donc.