Porcupine Tree - Olympia 2009 Porcupine Tree - Olympia 2009 Porcupine Tree à l'Olympia, disons le clairement : c'est la cerise sur le gâteau. Je connais bien cette salle, jolie et bien agencée, pour y avoir été présent une paire de fois. Par contre, c'est la première fois que je vois les Anglais. Et pour une première, on peut dire que la chance me sourit. Cela aurait pu être encore mieux si mon acolyte du W-Fenec, Pierre, avait pu venir. Mais ne nous plaignons pas, d'autant plus que cela s'est joué à un jour près pour obtenir le fameux sésame, j'ai nommé le pass-photo.

La salle se remplit petit à petit. Ce soir, la première partie est assurée par Robert Fripp, membre du légendaire groupe de rock progressif King Crimson. D'un âge avancé maintenant, le bonhomme arrive sereinement sur scène en solo avec sa guitare et ses racks d'effets juste à côté. Assis, il plonge le public en séance de relaxation musicale. La méditation est de mise dans cette ambiance de vagues sonores accompagnées de notes et de phrasés de guitare. Nous passons par une phase de démonstration du matériel de Robert Fripp qui arrive à sortir des choses incroyables avec son instrument. L'audience semble y prêter à moitié attention, d'autant plus que le monsieur ne manifeste aucun entrain car trop plongé dans son trip. Des applaudissements se font tout de même entendre entre les discussions de chacun, le volume n'étant pas très fort. Une demi-heure après être arrivé, il quitte la scène. Le public s'impatiente et semble regretter la non présence d'un groupe rock en première partie.

20h30, Porcupine Tree lance les hostilités avec "Occam's razor", l'introduction fracassante et inquiétante de The incident. Le son est lourd, la basse puissante résonne dans tout le corps. Impressionnant. Les titres passent et l'on se profile vers une première partie entièrement consacrée au dernier album. A vrai dire, il fallait s'y attendre car les consignes données aux photographes étaient de quitter le devant de la scène au bout de...treize minutes ! Steven Wilson est détendu. Arrivé pieds nus, il salue la foule dès le premier titre. The incident étant sorti très récemment, l'audience semble concentrée et découvre donc ces nouveaux titres, ce qui explique leur légère timidité durant la première moitié du set des anglais. Porcupine Tree 2 - Olympia 2009 Porcupine Tree 2 - Olympia 2009 Porcupine Tree fait preuve d'un véritable professionnalisme, tout est calculé, propre et sans fausses notes. Un écran, levé et situé derrière les musiciens, projette des images animées souvent saisissantes. En relation avec les titres joués, les vidéos donnent une ambiance supplémentaire avec les lumières rendant le spectacle encore plus magique, même si elles est ne sont pas forcément synonymes de béatitude (vu le titre du dernier album, le contraire aurait été étonnant). Steven Wilson passe d'instrument en instrument (guitare acoustique, électrique et clavier), ne prend pas le temps de souffler comme si il était investi d'une mission, même si le guitariste John Wesley (musicien additionnel live présent depuis 2002) lui facilite la tâche. Heureusement, quelques titres permettent de faire rebaisser la tension jusqu'à la fin de "I drive the hearse" où le groupe quitte la scène et qu'un compte à rebours de dix minutes se met en place.

La deuxième partie de ce live à l'Olympia est réservée au déterrage de plus ou moins vieux titres pour le plus grand bonheur des fans de la première heure ou du moins depuis la période Lighbulb sun. C'est "The start of something beautiful", au penchant Toolien, qui fait son apparition. Le public est en total fusion avec le groupe qui nous délivre une bonne surprise avec "Russian on ice", un titre qui a bientôt dix ans maintenant. La très suave "Lazarus", dont j'attendais l'arrivée, m'a donné des frissons à en revendre. Après un petit break de quelques instants, In Absentia cloue en beauté la soirée avec la présence de "The sound of muzak" et "Trains".

Il est difficile de décrire un concert de Porcupine Tree. Il serait tellement plus facile de vous laisser imaginer les morceaux des albums joués en live tellement leurs reproductions en sont fidèles. Mais on ne peut deviner tout ce qu'il a autour : l'environnement, la chaleur du public, le jeu de scène et le son. Ce soir, tout était réuni à Paris. Le manque de prises de risques ou de réorchestrations des morceaux des anglais m'a à peine effleuré l'esprit. Trop immergé dans ce voyage, sans doute. Je ne m'étais pas trompé et n'en attendais pas moins de ce groupe désormais à la pointe de ce qui ce fait de mieux en rock progressif de nos jours.