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Review Concert : Pogo Car Crash Control, AqME en Père Noël (déc. 2017)

Interview : Pogo Car Crash Control, Pogo Car Crash Control en Intervi OU (déc. 2017)

Pogo Car Crash Control / Chronique LP > Déprime hostile

POGO CAR CRASH CONTROL - Déprime hostile Leur EP éponyme avait estomaqué bon nombre de suiveurs de la scène française, leurs concerts avaient confirmé le potentiel de destruction des tympans entrevu en studio et le chaos délirant présenté en vidéo, les Pogo Car Crash Control nous ont maintenu en haleine avec quelques morceaux lâchés sur le net avant ce premier album qui répond à toutes les attentes et comble nos espoirs. Direction Déprime hostile, opus inaugural qui n'effacera pas des mémoires l'EP fondateur (et ses titres devenus des tubes comme "Conseil", "Paroles / M'assomment" ou "Crève") mais s'affiche comme un premier gros pavé jeté dans un cocktail de cervelle.

Depuis fin 2017, on connaît déjà "Déprime hostile", le clip mixe images live et joie de vivre dans le métro parisien, la musique envoie des riffs plus rapidement qu'on ne peut les compter, on a le droit à une escalade de notes qui finissent par tout bastonner et un refrain simpliste facile à scander. Mention spéciale pour le pont/break option math-core qui déglingue sa maman. L'autre clip qui t'a donné un avant-goût du bordel ambiant, c'est l'excellentissime "Comment lui en vouloir" et sa mise en images de la thérapie par la destruction, aussi bien du matos de zik sur une aire d'autoroute qu'un kebab attaqué à dents nues pour finir par ... non, je ne spoile pas la fin, t'iras voir après ! Plus rock, ce morceau presque "à la cool" permet de vérifier si tes hanches ont besoin de prothèse et si tu chantes à peu près juste car tu fredonneras forcément la petite mélodie. Il ne sera pas évident pour le combo de tourner un clip pour chaque titre (ce qu'ils avaient fait pour l'EP) mais on sait que de ce côté-là, il y a déjà un gros niveau. Et un paquet d'autres titres méritent d'être un peu plus exposés, "Je suis un crétin" et son côté Didier Super pour l'écriture, "Hypothèse mort" pour la vélocité du riffing et son impressionnante nervosité qui se fracasse en cours de route avant de reprendre de plus belle, "En boucle" tout en puissance et hypnotique. Un de mes préférés est "Rancunier", tout à fait dans la veine P3C, il est brut, s'intéresse au quotidien et mixe influences math/grunge/métal tout autant que les rythmes et les tons, c'est un putain de bordel poétiquement incorrect mais qu'est-ce que c'est bon ! D'autres trouveront plus d'intérêt à la construction plus classique de "C'est pas les autres", à "Je perds mon temps" et ses facilités harmoniques, à "A quoi ça sert" et ses saturations, à "Insomnie" et sa mélancolie en sons clairs, Pogo Car Crash Control file à bouffer à tous ses fans et ouvre des possibilités, démontrant qu'il est même capable de lâcher le micro et de faire groover les instrus sur la dernière plage qu'est "Crash test".

On savait qu'ils en étaient capables, ils l'ont fait, les Pogo Car Crash Control écrivent leur légende avec ce Déprime hostile ébouriffant de maîtrise technique, surclassant pas mal de monde dans l'organisation du chaos et synthétisant à merveille des dizaines d'années d'influences énervées. Déjà un grand groupe.

Pogo Car Crash Control / Chronique EP > Pogo car crash control

Pogo Car Crash Control EP Originaires de Lesigny dans le 77, les Pogo Car Crash Control (ou P3C pour les intimes) perpétuent la tradition d'un punk-hardcore rageur, entêtant et entraînant. Leur éloquence est à l'image de la torpille sonique que représentent leurs six titres et de l'artwork qui conditionne ce premier EP. En effet, dans leur imagerie, il est beaucoup question de tranchage de membres (des doigts sur la pochette, une tête dans le clip de "Paroles/M'assomment") avec une spécialité pour le sectionnage de tympans. Leurs textes se parent d'une impertinence scandée et hurlée en français, qui d'ailleurs n'est pas toujours très audible, mais également d'un humour bien placé que l'on retrouve dans leur clip-vidéo fait maison. Ce jeune quatuor commence sérieusement à se faire un nom sur la scène française et européenne, en témoignent leurs pelletés de dates et participations à de grands festivals de renoms (Rock En Seine, Paleo Festival, Printemps de Bourges, Francofolies De La Rochelle.), et si tu souhaites découvrir les rejetons de Cobra (mais pas que !), fonce donc écouter cet EP éponyme qui devrait être suivi dans la logique des choses d'un LP prometteur.