pleymo : episode 2 Pleymo is back back back et je vais en parler ! Et pas qu'un peu...
Ouais, cet album "déchire". Que ça ne plaise pas aux fans de hard core pur et dur et à l'undergroundisme ambiant, on s'en tape, Pleymo avec cette galette frappe un grand coup dans la fourmilière métal française, va amplifier les clivages entre anti et pro, entre admirateurs cachés etjaloux complexés mais ne se posera pas en arbitre, pas plus que nous d'ailleurs...
Alors quid de ce Episode 2 : medecine cake ? Il faut qu'il ait plus de qualités que de défauts pour qu'on en parle et donc oui, il a beaucoup de qualités et quelques défauts...
Côté qualités, c'est donc le "plus", celui qui suit le nom du groupe sur la pochette, un + qui peut être compris comme un "meilleur Pleymo" que celui qui nous avait livré un premier album jumpant et lassant, trop vite enregistré. Donc une version plus du Pleymo qu'on connaisait et c'est vraiment ça, tout ce qu'on pouvait reprocher à Keçkispasse a disparu, on a ici davantage de mélodies et de gros son, moins de lourdeurs dans les paroles et les enchaînements, et surtout une énergie maîtrisée. Pleymo est désormais la figure de proue de la Team Nowhere mais on peut aussi y voir une synthèse des qualités de chacun avec parfois le phrasé de Enhancer ("Tank club"), l'agressivité de Wunjo ("Kubrick"), les méchantes ritournelles de AqME ("New wave") ou l'efficacité mélodique des Noisy Fate ("Star Fm-r"), et les puristes iront jusquà parler de samples inspirés du projet solo de VOST...
Pleymo avec cette énorme prod bien ficelée et qui donne envie de sauter partout sans se prendre la tête devient un portail ouvert sur la scène française et laisse s'exprimer Bob de Watcha et Flav' de Wunjo qui prêtent leurs voix à "Compact", un titre qui en devient très "Watcha" pour le bonheur de tous. Sur l'album, on trouve aussi Martin, chantre des Stereotypical Working Class, jeune combo lyonnais qui devrait profiter de la beauté de "Star Fm-r" pour s'installer durablement dans les esprits. Ainsi Pleymo n'oublie pas les Watcha qui les ont aidé et poussé à leurs débuts, n'oublie pas sa famille (Wunjo) et passe le relais aux plus jeunes, Pleymo est devenu un maillon fort.
Entre défauts et qualités, il y a les éternelles comparaisons avec les maîtres américains du style déposé "néo-métal", références obligatoires du genre, KoRn, Deftones, Limp Bizkit devant, Factory 81, Coal Chamber, Slipknot derrière. Oui l'album sonne fort comme une prod' made in USA avec la puissance et la justesse d'un son de gratte proche de Follow the leader, avec au début ("Tank club") un surmix des tomes pour bien lancer l'auditeur dans le rythme, un tempo qui s'infernalise de temps en temps (au niveau basse/batterie, ça joue sévèrement burné !) pour le plaisir des jeunes coreux qui préfèrent le pogo aux séances de jump avec les mains en l'air ("hand up, put your hands up, hands up")...
Plus mélodique, plus entraînant, mieux arrangé, son énorme, packaging et webs de toute beauté, le Pleymo nouveau a des qualités mais aussi et toujours quelques défauts...
Le plus gros étant les répétitions de l'auto-promotion du groupe et de la Team Nowhere dont on entend parler un peu trop souvent ("New Wave", "Tout le monde se lève", "United Nowhere", "Ce soir c'est grand soir"). Cette pratique venue du hip hop témoigne de l'étroitesse des thèmes abordés par le groupe qui ne semble vivre dans son petit monde en compagnie de leur télé où défilent Batman, Spiderman, le Titanic, Dallas, Billy Cosby, Dave et Travolta... Que leur univers soit toujours aussi présent (bien qu'allégé en siliconeries), ce n'est pas en soi un défaut, ça en devient un quand le groupe propose Episode 2 : medecine cake comme étant un concept album et prépare minutieusement notre entrée dans le Tank Club. Le club du Docteur du même nom avec ses galeries souterraines qui ne sont pas très loin, graphiquement parlant, de celles du manga Jin Roh. L'histoire de Sacha et de nombreuses références au docteur Tank (ambiances sonores, packaging) devraient être le fil conducteur de l'opus mais on perd bien trop souvent le fil du récit, les aller-retours entre la Russie d'avant-guerre et la banlieue parisienne d'aujourd'hui étant un peu trop nombreux... Néanmoins on peut aussi voir le bon côté de la chose avec un Pleymo qui met de la bonne volonté à sortir de son quartier et s'attaque à l'anglais et à un univers différent que celui des taspé...
Entre les grosses productions ricaines et les petits groupes français/européens, il manquait quelque chose et Pleymo a pris l'espace. Ils avaient les moyens de faire leur truc et l'ont fait, dépassant les espérances, explosant nos craintes, depuis 3 ou 4 ans le néo-métal se cherchait un vrai leader en France, il l'a trouvé, voilà donc mes prévisions pour 2002 : les kids et l'effectif Nowhere vont mettre la guerre et Pleymo sera président.
Si tu n'es pas un kid (comme moi !) mais que tu veux oublier tes soucis (et tout bien que tu détiens et un souci qui te retiens...) juste en balançant un skeud dans le lecteur, y'a pas à hésiter, mais faudra pas t'étonner si tu te mets à chanter avec Keumar ! Entre nous, c'est tellement jouissif de gueuler "Alors ferme ta gueule, vas-y ferme ta gueule..." que je m'y remets...
Bref, si tu as raté les premiers épisodes et que tu veux prendre le train en marche, c'est le moment ou jamais...