apc thirteenth step On a eu beau s'y préparer, ce nouvel album d'A Perfect Circle est un nouveau choc. Impossible de trouver la moindre chose à redire à ces 12 titres, tous en adéquation avec le cercle : parfaits. Si sur Mer de noms, Billy avait écrit les chansons sans arrière pensée, il semble évident que pour celui-ci, il n'a pu s'oter de la tête que c'est Maynard qui les chanterait, jouant avec la douceur de la voix de MJK, il a durci certains titres telle cette montée dévastatrice dés le premier titre "The package" (Give this to me / mine, mine, mine / Take what's mine...) , les riffs tortueux font alors dans la torture, tant physique que mentale. Sans nous laisser respirer, APC enchaîne sur le titre incontournable, le single idéal, le titre contre lequel on ne peut rien faire, "Weak and powerless" nous laisse faible, sans défense, sans moyen de contre-attaquer, desperate, ravenous... Et puis alors que j'aurais aimé sortir d'une chronique linéaire de cet album sans faille, me voilà en train de gravir l'Everest "The noose", pierre angulaire de l'opus, morceau qui montre à lui tout seul le rapprochement vers l'univers de Tool, l'ambiance, la construction rappelle le groupe de Maynard qui hâche ses phrases comme sur Lateralus mais les sonorités sont bien celles d'A Perfect Circle, tout comme le rythme typique de Josh qui débute après la déchirante répétition to the dead, d'une balade poignante, le titre devient un monstre avec With your halo slipping down et une orchestration monumentale renforcée par les échos du chant. On en est à peine au quart de l'album... et j'y suis scotché, impossible de s'en détacher, d'essayer de s'élever au-dessus de lui pour le comprendre dans son ensemble. Mais peut-être que I don't want to know ("Blue"), pourquoi essayer de savoir, autant se laisser porter par le courant. Un quartet vient modifier les données sur "A stranger" et "The nurse who loved me", donnant une certaine pesanteur religieuse au premier et une légèreté onirique au deuxième. La dynamique de "The outsider", l'étrangeté de "Crimes", la violence sussurée de "Pet", l'hallucination "Lullaby", la basse ensorcelante de "Gravity", on pourrait parler de chaque morceau dans le détail sans pour autant expliquer pourquoi The thirteenth step procure autant de sensations, cet album est magique. Alors que Mer de noms était un excellent album de rock, The thirteenth step a une dimension Toolienne, il ne s'agit plus seulement de rock, il agit bien plus sur nous-mêmes. I choose to live...